Euskadi ta askatazuna
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L'ETA (sigles de Euskadi 'ta Askatasuna, Pays basque et liberté en basque) est une organisation armée clandestine séparatiste basque d'orientation socialiste.
L'ETA veut obtenir par la lutte armée l'autodétermination du Peuple Basque o Euskal Herria qui comprend les provinces de Bizkaia, Araba, Gipuzkoa et Nafarroa actuellement incluses dans l'Etat espagnol, ainsi que Lapurdi, Zuberoa et Behe Naffaroa actuellement incluses dans l'Etat francais.
Sa création remonte au 31 juillet 1959. Elle jouit à ses débuts d'une grande popularité, non seulement au Pays basque, mais aussi dans le reste de l'Espagne. Les basques considéraient a les etarras vraiment gudaris, (Defenseurs de le gouverne et le peuple basque dans le guerre civile).
- "Eusko gudariak gara Euskadi askatzeko gerturik daukagu odola bere aldez emateko"
- "Nous sommes defenseurs basques pour liberer Euskadi genereaux c'est notre sang qui versons par elle"
Certains estiment que l'attentat qui tua en 1973 Luis Carrero Blanco, chef du gouvernement et successeur présumé du dictateur Franco, est une composante importante de la fin du régime franquiste.
À partir de 1974, l'accroissement des attentats de plus en plus indiscriminés aboutira à la scission de l'ETA en deux branches, l'une dite ETA militaire composée en grande partie d'exilés vivant au Pays basque français qui privilégient la voie militaire, l'autre ETA politico-militaire composée principalement de militants vivant au Pays basque espagnol et qui donnent de l'importance aux actions politiques.
En 1976 les poli-milis privilégient la voie politique, subordinant la voie militaire à celle-ci ; et participent à la création de la coalition nationaliste de gauche Euskadiko Ezkerra (gauche basque, en basque). En 1977 les commandos spéciaux (bereziak) de l'ETA politico-militaire s'en vont pour se joindre à l'ETA militaire.
En 1982 des pourparlers ont lieu entre le gouvernement central espagnol et la coalition Euskadiko Ezkerra pour mettre fin aux violences ; une amnistie pour les membres de l'ETA poursuivis ou incarcérés est conclue en contrepartie de l'arrêt des activités militaires. Et l'ETA politico-militaire s'auto-dissoudra cette même année, ses militants abandonnant l'usage de la violence pour la poursuite de leurs objectifs.
Cependant, l'ETA militaire (qui sera désormais désignée simplement par ETA, l'ETA politico-militaire s'étant dissout) considérera comme traîtres ceux qui acceptent de mettre fin à la lutte armée, et fait assassiner des membres de l'ETA en exil qui rentrent au pays sous couvert de l'amnistie.
Le support populaire à ETA était en diminution constante depuis lors, et l'espoir d'une fin définitive de la violence eut lieu vers la fin des années 1990 ; mais la trêve fut rompue et les attentats ont recommencé.
Depuis 2002 le gouvernement central espagnol poursuit une série d'action contre des organisations politiques ou culturelles basques (illégalisation de partis politiques, d'associations, fermeture de journaux, et de radios) qui ont insufflé une certaine vitalité à l'ETA qui peut désormais clamer que la voie politique est impossible, le gouvernement central espagnol ne la permettant pas…
Chronologie des actions militaires
- 7 juin 1968 : Premier attentat mortel d'ETA au Pays-Basques : le garde civil José Pardines est tué par balles.
- 20 décembre 1973 : Une bombe explose sur le passage de la voiture de l'amiral Luis Carrero Blanco qui est tué. Il présidait le gouvernement espagnol et était le dauphin du général Franco.
- 13 septembre 1974 : Attentat à la bombe dans la cafétéria Rolando à Madrid : 12 civils innocents sont tués.
- Septembre 1985 : Premier attentat à la voiture piégée à Madrid : 16 policiers sont blessés et un civil innocent.
- 14 juillet 1986 : Attentat à la voiture piégée à Madrid : 12 gardes civils sont tués.
- 19 juin 1987 : Attentat à la voiture piégée sur le parking du centre commercial Hipercor à Barcelone : 21 morts et 45 blessés.
- décembre 1987 : Attentat à la voiture piégée près d'une caserne de la garde civile à Saragosse : 11 civils innocents sont tués.
- Avril 1995 : Attentat manqué contre le futur premier ministre espagnol, José Maria Aznar.
- Août 1995 : La police déjoue un attentat en préparation contre le roi Juan Carlos d'Espagne
- 12 juillet 1997 : Assassinat de Miguel Angel Blanco, conseiller municipal de la ville d'Ermua au Pays-Basque. Des millions de personnes manifestent contre l'ETA.
- 28 novembre 1999 : Rupture de la trêve unilatérale observée par l'ETA depuis septembre 1998.
- 21 janvier 2000 : Attentat à la bombe contre l'officier de l'armée de terre Pedro Antonio Blanco Garcia tué dans sa voiture piégée.
- 12 juillet 2000 : Attentat à la voiture piégée à Madrid : 10 civils innocents blessés.
- 21 novembre 2000 : Assassinat de l'ancien ministre socialiste, Ernest Lluch, tué dans son appartement à Madrid.
- 6 mai 2001 : Assassinat du sénateur et président du Parti populaire d'Aragon, Manuel Jimenez Abad, tué à Saragosse.
- 6 novembre 2001 : Attentat à la voiture piégée à Madrid : 95 civils innocents blessés.
- 1er mai 2002 : Attentat à la voiture piégée à Madrid, devant le stade du Real quelques heures avant un match : 9 civils innocents blessés.
- août 2002 : Attentat à la voiture piégée devant une caserne de la Garde Civile, à Santa-Pola, station balnéaire au sud-ouest d'Alicante : 2 morts dont une fillette de 6 ans et 34 personnes blessées.
- décembre 2003 : Découverte dans un train, d'une valise bourrée de 20 kg d'explosifs. Attribuée à l'ETA
- 29 février 2004 : Interception d'une camionnette chargée de 500 kg d'explosifs. Le véhicule devait exploser dans Madrid.
Au total, les attentats attribués à l'ETA ont fait plus de 800 morts en 35 ans. L'attribution immédiate à l'ETA des attentats à Madrid du 11 mars 2004 dans les trains commis par des islamistes a entrainé la perte du pouvoir par la coalition de droite.
Une vaste opération policière autour de Salies-de-Béarn a permis l'arrestation, le 3 octobre 2004, du numéro un présumé de l'appareil politique de l'ETA, Mikel Albizu Iriarte, alias «Antza», et de sa compagne Soledad Iparragirre Genetxea, dite «Anboto» chargé de la gestion de l'«impôt révolutionnaire» sur les entreprises.
