Escalade

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Un grimpeur dans la nature.

L’escalade, ou varappe (du nom d’un couloir rocheux près de Genève), est un sport consistant à monter sur des obstacles naturels ou artificiels. Lorsqu’il s’agit d’escalade de sommets montagneux, on parle d’alpinisme.

Pour des raisons de sécurité, l’escalade se pratique avec un équipement de sécurité, même lorsque la hauteur est faible (blocs) ; pour la falaise, cet équipement est composée schématiquement d’un baudrier, d’une corde et de mousquetons. La corde est attachée au baudrier du grimpeur classiquement par un noeud en huit, et est reliée par des mousquetons à des points d’ancrage sur la paroi. La corde est maintenue par une personne qui est chargée de bloquer la corde en cas de chute ; ce freinage se fait avec un dispositif mécanique relié au baudrier de l'assureur: un descendeur en huit (voir l’article Descente en rappel), un nœud de demi-cabestan effectué sur un mousqueton ou un dispositif spécial. L'assureur est lui-même au sol ou bien accroché en fixe à la paroi. La corde utilisée doit être impérativement une corde dynamique, c’est-à-dire pourvue d’une certaine élasticité (opp: corde statique). Pour les blocs, l’équipement de sécurité se resume à un ou plusieurs « crash-pad » sorte de matelas en plus dense qui permet d'amortir au mieux une chute.

Selon les conditions, le grimpeur peut avoir recours à des équipements spéciaux, par exemple piolets et crampons pour les cascades de glace.

Sommaire

Un peu d'histoire

Une trentaine d'année

L’escalade libre a une trentaine d’années d’existence en Belgique, soit un âge où l’on peut enfin juger raisonnablement de ses choix, du chemin parcouru et de faire la part de ses erreurs et de ses bonnes idées. Grimpeurs de blocs, de falaises ou de murs, les adeptes de l’escalade ne rêvent pas de conquérir les plus hauts sommets de la planète. Ils préfèrent leur grimper sur les pieds !

Au début, cette vision des choses a heurté le petit monde de l’alpinisme. Les anciens pratiquaient la « varappe » seulement dans un but d’entraînement. On n’imaginait pas que cette pratique puisse un jour s’affranchir des massifs montagneux. La scission se produisit pourtant au tournant des années septante avec l’avènement d’une génération de passionnées qui se piquèrent au jeu de l’ascension sans rêver forcément de premières éthérées. L’escalade est alors devenu un sport à part entière avec ses références, son équipement, son vocabulaire, sa culture et son charme. Partons ensemble à la découverte !

Entre ciel et terre

Plus que les autres disciplines sportives, la boxe, la corrida et la montagne ont en commun d’avoir inspiré les grands noms de la littérature. Dans les récits de voyage de ceux que l’on appelait les Romantiques comme Victor HUGO et Alexandre DUMAS, on trouve des descriptions magnifiques de ces paysages perdus entre ciel et terre. D’autres encore ont couché sur papier leurs sentiments au contact de ces géants de pierre : CHATEAUBRIAND, Georges SAND, Alphonse DAUDET, Henri TROYAT…

Au XXe siècle, le récit de montagne devient même un genre littéraire avec l’écrivain Roger FRISON-ROCHE en « Premier de cordée ». Même les alpinistes s’improvisent écrivains et rivalisent d’inspiration au moment de raconter leurs exploits. Certains font preuve d’un brio particulier comme René DESMAISONS, Walter BONATTI, Reinhold MESSNER, et, bien sûr, Maurice HERZOG dont le livre « Annapurna, premier 8.000 » se vendra à 15 millions d’exemplaires et sera traduit en 40 langues !

Le grand schisme

Le succès de l’escalade s’inscrit dans un phénomène beaucoup plus large qui voit, depuis une vingtaine d’années, l’émergence de nouvelles disciplines – parfois issues des sports traditionnels – comme le V.T.T., le surf des neiges ou encore le roller-skate. Mais au-delà de cette apparente jeunesse, l’escalade puise évidemment ses racines dans le passé.

L’escalade telle qu’on la conçoit aujourd’hui était déjà pratiquée au début du siècle dernier par une série d’alpinistes qui, à la belle saison, prenaient d’assaut les falaises de calcaire en Grande-Bretagne, les blocs de granit dans la forêt de Fontainebleau près de Paris, ou les tours de grès près de Dresde en Allemagne.

En Belgique aussi, quelques sites s’étaient rendus célèbres comme Freyr sur les bords de la Meuse, et parfois tristement célèbres comme Marche-les-Dames, lieu de la chute mortelle du Roi Albert Ier, le 17 février 1934. Pour ces pionniers de la grimpe, il ne s’agissait souvent que d’une forme d’entraînement avant de partir pour de véritables expéditions dans les massifs alpins ou, plus tard, en Himalaya. On en profitait pour tester le matériel et les nouvelles techniques d’ascension.

Puis au début des années 1970, une nouvelle génération de grimpeur s’est mise en tête de privilégier le style par rapport au seul souci d’efficacité. Ils décidèrent, par exemple, de renoncer aux techniques artificielles. Dans l’escalade libre, les pitons et les cordes ne servent plus qu’à assurer. Pour progresser, on se trouve donc obligé de n’utiliser que les aspérités du rocher.

Partisans du « libre » et du « traditionnel » se sont alors opposés sur des questions fondamentales comme : « Qu’est-ce que l’on recherche dans l’alpinisme ? » ou « Qu’est-ce qu’un exploit ? » De temps en temps, cette polémique rejaillissait sur toutes sortes de problèmes pratiques posés par la préparation des voies. Pour le libre, il importait de retrouver une certaine virginité du rocher. Les grimpeurs s’efforçaient alors de nettoyer les falaises de toute leur habituelle quincaillerie, ce qui déplaisait souverainement aux grimpeurs « traditionalistes ».

Bref, l’incompréhension était totale. D’autant qu’on se mit très vite à confondre les expressions comme « escalade libre » qui suppose qu’on n’utilise que des prises naturelles, et « escalade en solo », c’est-à-dire une technique à haut risque où l’on progresse seul et sans assurance. Ce style, popularisé par des films à succès comme « La vie au bout des doigts » et « Opéra vertical », participa certainement à l’engouement pour l’escalade dans les années quatre-vingt. Certains grimpeurs, comme Patrick EDLINGER, connurent ainsi la gloire.

En même temps, il reflétait une idée assez fausse de la discipline avec une représentation des grimpeurs comme une bande de trompe-la-mort en mal de sensations fortes. Les anciens alpinistes ne comprenaient pas cette recherche gratuite du danger. Pour eux, qui avaient connu des époques tellement plus difficiles où l’on grimpait en knickers et avec des cordes en chanvre, cette obsession de dépouiller l’alpinisme d’une technologie enfin performante, sortait littéralement de l’entendement. Mais les nouveaux grimpeurs reprochaient à l’alpinisme classique de s’être laissé enfermer dans un carcan trop rigide avec l’organisation d’expéditions toujours plus chères, toujours plus lourdes, toujours plus ambitieuses. Ils voulaient explorer d’autres pistes et renouer avec une sorte de pureté originelle.

À cette époque-là, le Tyrolien Reinhold MESSNER était en train de révolutionner le sport en partant à la conquête des plus hauts sommets de l’Himalaya dans un style alpin, c’est-à-dire en équipe réduite – parfois même seul – et sans bouteilles d’oxygène pour compenser la raréfaction de l’air. Il faisait partie des meilleurs grimpeurs de sa génération, inaugurant même un septième degré sur une échelle qui n’en comptait précédemment que six. MESSNER fit lui aussi beaucoup pour populariser l’escalade, s’entraînant partout et par tous les temps. Chaque matin, par exemple, il parcourait une corniche de 60 mètres, suspendus par le bout des doigts, autour du foyer des étudiants de l’Université de Padoue. Bientôt, son style devait faire école et les monuments des grandes villes servirent de terrain à des hordes de jeunes grimpeurs en quête d’entraînement. Un petit groupe de grimpeurs dont notamment J. M. ARNOUD, P. MASSCHELIN, Y. BRAMS, M. DEBRUICKER, M. LEVEQUE, J. de MACAR et bien d’autres, recherchent à Bruxelles des lieux grimpables pour s’entraîner. Ainsi, ils se donnaient rendez-vous au pied de la tour de Woluwe, des murs du Cinquantenaire ou du pont du Diable. Ils étaient par ailleurs régulièrement chassés par la police qui n’apprécie pas ces drôles de cocos qui s’entraînaient sûrement à grimper les murs pour cambrioler ! À Liège, on escaladait la façade du centre sportif du « Blanc Gravier » dans le complexe universitaire du Sart-Tilman. Ce sera pour ce centre sportif que sera construit un mur de briques et de béton, de même principe que la tour de Woluwe, comprenant une partie extérieure et intérieure. L’intérieur d’une douzaine de mètres de long et de six mètres de haut est sans doute le premier mur « indoor » en Belgique ! Si les formes de ces murs sont séduisantes, et les prises fort proches de la falaise, rapidement, les prises fixes en pierre se patinent, le béton devient lisse et l’escalade devient rébarbative et rappellent la célèbre « savonnette » de Freyr.

Petit à petit, les premiers aménagements spécifiquement réservés à l’escalade ont vu le jour comme la Tour en bois de Mont sur Meuse érigée en 1969 par des passionnés de spéléologie. Il s’agit d’une tour d’écolage pour les techniques de spéléo, montée dans la prairie du trou « Bernard » pour un stage « aide moniteur ADEPS ». Construite par les guides du Centre Routier Spéléo en août 1969, l’ensemble comprend deux tours de onze mètres, distantes de cinq mètres et reliées par une passerelle supérieure. Une voie d’escalade avec prises rapportées en bois est équipée sur une des faces. Cette tour ne restera pas à Mont sur Meuse, elle sera entièrement démontée quelques mois plus tard, pour être remontée dans la prairie derrière le refuge « Norbert Casteret » à Mont-Godinne où elle est morte foudroyée au cours d’un orage dans les années 1980. Au milieu des années septante, les Anglais développèrent l’idée de sites artificiels d’escalade avec des constructions où l’on moulait carrément des blocs de pierre dans le béton.

Aux États-Unis aussi, des innovations voyaient le jour. L’Américain Tony YANIRO eut l’idée de construire des murs artificiels qui reproduisent les difficultés du rocher et permettent de ce fait de s’entraîner en faisant totalement abstraction du lieu, de l’heure, ou de la saison. Le succès est immédiat. Les nouveaux murs attirent de milliers de pratiquants qui sans cette trouvaille, n’auraient probablement jamais tâté du rocher.

Alors que les premières sociétés françaises développent principalement les panneaux en résine et béton « imitation rocher » pour les murs publics dans les municipalités, la société belge ALPI-IN, créée par P. DHAENEN, L. MARTIN et M. van SLIP, développe le concept du panneau multi perforé et sablé avec inserts en acier zingué tous les vingt centimètres, permettant le montage et le démontage rapide de prises en résine. Ce qui permet la création et le remplacement rapide et illimité des voies d’escalade. Ce principe est à la base des salles d’escalades privées.

La Belgique occupe une place importante dans cette petite révolution des pratiques. Dès les années quatre-vingt, elle propose le concept de salles d’escalade où les gens viennent grimper comme les autres jouent au squash ou vont à la piscine. Cette mode gagnera la France, l’Allemagne, l’Angleterre et finalement toute l’Europe dans la décennie suivante.

Le 6 septembre 1986, la société ALPI-IN expose à Freyr un mur composé de deux parties à inclinaison variable, actionné par des vis sans fins. Quand ce mur mobile n’est pas utilisé pour des démonstrations, il est stocké au rez-de-chaussée de l’atelier de fabrication. Le soir, quelques grimpeurs – entre autres ceux qui fréquentaient déjà le mur du Cinquantenaire et le pont du Diable – se retrouvent pour grimper sur le mobile et inventer de nouvelles voies.

Bien sûr, pour les puristes, la résine artificielle ne rivalise pas avec le toucher du calcaire du Sud ou le granit des Alpes. Mais ces murs ont joué un rôle certain dans le phénomène de popularité de l’escalade. Pour de nombreux grimpeurs qui n’ont ni blocs, ni falaise, ni a fortiori montagne à proximité de chez eux, l’escalade se réduit même à sa dimension « intra muros » et l’alpinisme s’apparente ainsi à une nouvelle forme de gymnastique.

Rapidement, on organisa des petits concours puis carrément des compétitions, en dépit de l’opposition d’un certain nombre de grimpeurs de la première heure qui craignaient que leur sport ne soit récupéré par l’establishment sportif. L’un des premiers chantiers fut précisément de codifier les pratiques pour permettre la confrontation sportive. Mais ces concours ne constituaient pas l’unique aspiration des adeptes de l’escalade. Loin de là !

Nous devons l’organisation de la première coupe de Belgique d’escalade en salle à la Fédération Belge d’Escalade en Salle (FBES). La FBES regroupe les salles Terre Neuve, New-Rock, City-Rock et Blueberry-Hill avec une tentative d’assurance et entrée commune pour les quatre salles. Durant les années nonante, la plupart des salles existantes se transforment pour se mettre au goût du jour, s’agrandissent, s’équipent de salles de bloc et de revêtement de sol de sécurité. De nouvelles salles se construisent un peu partout en Belgique. Toutes plus grandes, plus surplombantes, plus modernes que la précédente. Les grandes villes du pays possèdent maintenant une ou plusieurs grandes salles …

Chacun pourra se faire son idée en découvrant ce sport, sur les murs artificiels ou en falaise, selon les nombreuses opportunités qui existent dans notre pays. On compte en effet plus d’une centaine de salles spécialisées dans toutes les régions et près de deux cents sites naturels – dont une trentaine réellement aménagés – répartis sur les provinces de Liège, Hainaut, Namur et Luxembourg. Bref, il y a l’embarras du choix !

En marge des compétitions, l’escalade offre toutes sortes d’autres avantages, à commencer par sa convivialité. Dans les salles et au pied des parois, on se conseille beaucoup, on s’assure aussi mutuellement et finalement on lie plus facilement connaissance que dans les circonstances plus guindées qui sont habituellement le lot des autres disciplines sportives ! Certains grimpeurs recherchent cet esprit communautaire. D’autres prêtent à l’escalade le retour vers les sensations de l’enfance lorsqu’on s’efforçait de grimper jusqu’à la cime des arbres. D’autres encore apprécient le fait que l’on progresse relativement vite (du moins au début), ce qui est évidemment très encourageant pour persévérer dans n’importe quel sport ! Mais l’escalade possède d’autres charmes encore.

Pratique

Globalement, on distingue plusieurs types de pratique de l'escalade : le terrain d’aventure, la falaise, la S.A.E (Structure Artificielle d'Escalade), le bloc et l' urban.

Structure Artificielle d'Escalade (S.A.E)

Il s'agit de l'escalade « Indoor », c'est-à-dire en intérieur mais plus généralement il s'agit de la pratique de l'escalade sur une structure artificielle. Une S.A.E est constituée de plusieurs pans de mur soit en bois, soit en béton où sont inserés des tubes taraudés (voir taraudage) dans lesquels on vient visser des prises en résine qui serviront d'appui pour les pieds et de prise pour les mains.

Bloc

La pratique du bloc s’effectue avec un minimum de matériel :

Une corde est très rarement nécessaire du fait de la faible hauteur des blocs. En revanche, une parade est conseillée afin de stabiliser le grimpeur dans sa chute. Le site de bloc de Fontainebleau (France), de part la quantité et la qualité des blocs (grès) possède une renommée internationale.

L’urban climbing (ou grimpe urbaine)

Discipline récente, ressemblant fortement à la pratique en bloc, tant au niveau de l’esprit que de l’équipement (juste de la pof, un crash-pad, des chaussons) consistant à réapprivoiser l’espace urbain pour en faire un lieu d’escalade. De nombreux lieux (ou Spots) sont référencés sur les sites d’urban, notamment sur Toulouse et ses environs.

Falaise et terrain d’aventure

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Halfdome, un bloc granitique du parc Yosemite

En revanche, la pratique en falaise impose l’utilisation de cordes, baudriers, mousquetons, d'un casque, etc. Le terrain d’aventure, se déroulant sur falaise non-équipée, nécessite un équipement plus montagnard comme des coinceurs, des sangles... Celle-ci se fait de deux manières, suivant qu’on monte en premier (on dit monter en tête), ou derrière une autre personne (on dit monter en second). En général, les parois sont équipées, c’est-à-dire préparées : Les équipeurs ont brossé la roche, aménagé un accès et surtout fixé des points d’attache dans le rocher. Ces points, situés à intervalles réguliers (environ deux mètres) permettent au grimpeur de faire passer sa corde, assurant ainsi sa sécurité en cas de chute. En terrain d’aventure, le premier protège lui-même la cordée en installant des points d’assurage enlevables. Le Parc national de Yosemite, en Californie, est un des sites d’escalade les plus fréquentés du monde.

Aspects Techniques

Monter en tête

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Monter en tête

Le premier grimpeur escalade la paroi. À chaque point, il accroche une dégaine (deux mousquetons reliés par une sangle) et y fait passer sa corde. Le grimpeur procède ainsi jusqu’à arriver au relais.

Il faut bien remarquer que lorsque le premier de cordée se retrouve au-dessus du dernier point accroché, la chute éventuelle est plus importante que s’il se trouve en dessous. En effet il tombera d’environ 2 fois la distance baudrier-point, plus l’élasticité de la corde.

Arrivé au relais, le premier de cordée peut choisir de descendre immédiatement ou de faire monter le second grimpeur, obligatoire pour une voie de plusieurs longueurs. Dans le cas de la descente, la procédure est appelée « moulinette » : Le grimpeur doit faire passer la corde dans le relais pour pouvoir redescendre et récupérer ses dégaines. La personne se vache (s’assure au relais grâce à une corde et un mousqueton qu’il a déjà sur son baudrier), puis attache la corde à son baudrier (une deuxième fois pour assurer la corde), et détache le bout de la corde qui l’a assuré pendant l’ascension. La corde étant toujours attachée par le deuxième nœud, s’il la lâche, la corde ne tombera pas en bas de la paroi,elle sert également d’assurage, si le relais cede, et si le grimpeur a pris le soin de l' accrocher au pontet, et non pas au porte materiel, et que l' assureur reste vigilant. Il passe ensuite ce bout de corde dans le relais et refait le nœud à son baudrier pour s’assurer. Enfin, il détache le deuxième nœud et se dévache. Il peut maintenant redescendre la falaise pour permettre au(x) second(s) de monter. Au passage, il peut récuperer les dégaines.

Pendant cette phase, la corde doit toujours rester accrochée au baudrier au moins par un nœud. Il ne faut jamais enlever une vache ou une dégaine tendue car c’est peut-être celle qui vous assure réellement !

Monter en second

Dès que celui qui monte en tête atteint le relais, il s'y « vache ». Il assure d’en haut celui qui monte en second. La corde peut être plus ou moins tendue selon le souhait du second. Au fur et à mesure de sa progression, le second récupère les dégaines qu’a posées le premier pour assurer sa progression. Arrivé au relais, le second peut alors enchainer sur la longueur suivante, qu’il gravira alors en premier (progression en réversible). Il peut aussi rester au relais pour assurer son compagnon. Cette deuxième solution, qui s’impose quand le 2nd n’est pas assez expérimenté pour gérer une longueur en tête, présente l’inconvénient de nombreuses manœuvres au relais : ravaler la corde, rendre les dégaines au premier, gestion des 'vaches'. Tout cela prend du temps et peut être rhédibitoire pour les plus longues voies.

Monter en moulinette

Cette fois-ci la corde passe par le relais en haut de la voie. La personne est constamment assurée, la corde légèrement tendue. C’est une bonne façon de débuter l’escalade en limitant la crainte de la chute. L’assureur est au pied de la voie. On ne peut ainsi parcourir que des voies d’une longueur.

Mouvements

Préhension de main

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Voie notée 7a en forme de colonnette
tendu 
forme de préhension qui respecte le mieux l'architecture de la main, la moins traumatisante. S'utilise notamment sur les plats pour faire jouer l'adhérence de la peau.
arqué 
du bout des doigts, plus efficace sur les petites prises mais plus traumatisant car la dernière phalange se plie dans un sens contre nature. Main fermée, le pouce se verrouille sur l'index. S'utilise sur les réglettes, prises de moins d'une phalange d'épaisseur.
verrou 
la main fermée en poing se coince dans une fissure ou un trou; économe en énergie, cela s'avère douloureux.
la pince 
en jouant sur l’opposition entre le pouce et les autres doigts, il faut serrer comme une machoîre la prise, souvent en forme de colonnette.
l'inversée 
utilisation d'une prise basse pour forcer sur les pieds, en poussant au lieu de tirer.

Poses de pieds

Contrairement aux idées reçues, l'escalade se joue principalement au niveau des pieds, les muscles des membres inférieurs étant nettement plus puissants que ceux des bras. L'utilisation des pieds est donc essentielle, exploitant un énergie quasi illimitée comparée à celle des bras.

bossette 
valorise un plat ou un bossette en utilisant l'adhérence de la semelle, pied perpendiculaire à l'appui talon tiré vers le bas pour plus d'efficacité.
réglette 
pour « gratonner »(s'appuier sur des formes très petites) du bout des orteils, souvent du gros orteil seulement, généralement le talon monte légérement pour augmenter la pression sur l'appui.
carre 
même technique que la réglette mais en tourant le pied (et le bassin) pour que le bout des orteils soient parallèles à la paroi. Ainsi c'est le carre externe ou interne du pied (plus rigide) qui appuie.
drapeau 
consiste à s'équilibrer avec une jambe tendue lorsque les prises sont plus ou moins alignées horizontalement.

Attitudes

position idéale 
consiste à garder le centre de gravité au-dessus des appuis, le bassin le plus près possible de la paroi. Il vaut mieux garder le buste en retrait pour améliorer la vision des prises pour les mains et pour les pieds.
à éviter 
pointer les fesses vers l'arrière sinon les appuis glissent et il faut resserer la prise d'information (main la plus haute), essentielle.

Crochetages

talon 
utilisation de l'enrobage arrière du chausson en levant la jambe. Utile pour passer les dévers, ce crochetage permet de soulager les bras de l'appel de la pesanteur au prix d'une certaine souplesse.
pointe de pied 
en progression horizontale (toit), le pied s'accroche pour ne pas tomber et ainsi rester contre la paroi. L'idéal est de faire une opposition avec l'autre pied, à la façon d'une paire de ciseaux.
pied-main 

Jeté

Mouvement d'impulsion en vue d'aller atteindre une prise qui n'aurait pu être atteinte normalement. Le jeté est trés utilisé en escalade de bloc.

Oppositions

Dûlfer 
les mains étant légèrement plus hautes que les pieds, on tire avec les mains en poussant avec les pieds. Assez physique mais pratique pour passer de grandes fissures.
appui de paume 
opposition en dièdre 

Niveaux

Voir cotation pour plus de détails et pour les équivalences.

Le niveau en escalade dépend du type d’escalade. Généralement, en France, la difficulté des voies (la cotation) est signalée par un chiffre (1 - 9) et une lettre de a à c ou un + ou un - si on utilise les anciennes notations. Par exemple, ... < 3a < 3b < 3c < 4a < ... Certains topos et les montagnards utilisent des chiffres latins (IV, V+...). Parfois on ajoute un + pour signifier que la voie est un peu plus difficile sans pour autant être du niveau supérieur (6b < 6b+ < 6c) ; on peut aussi donner deux cotations (5c/6a), par exemple si les prises sont difficiles à atteindre pour les petits. Dans la pratique, les cotations démarrent généralement au 4 voire 3, le 1 correspondant historiquement à la station horizontale dans l’esprit de l’inventeur de cette échelle, Welzenbach. Il existe d’autres échelles de cotation, notamment aux États-Unis, en Angleterre et en Australie. Le système de notation anglais propose deux cotations par voie, permettant de noter la difficulté et l’engagement, car la plupart des voies anglaises ne sont pas équipées, et parfois difficile à protéger.

En bloc, la couleurs des flèches peintes sur le rocher définissent la difficulté globale du circuit, qui peut être augmentée d’un + ou diminuée d’un -. Il faut cependant nuancer car la hauteur du bloc ou la réception en cas de chute influencent la cotation. Les cotations bloc (en particulier à Fontainebleau) sont plus sèches qu’en falaise.
Pour la plupart des circuits, le tableau suivant résume l’ordre des cotations :

Difficultés en bloc
Couleur Abréviation Nom Cotation
Blanc enfant F Facile 1
Jaune PD Peu Difficile 2
Orange (parfois vert) AD Assez Difficile 3
Bleu D Difficile 4
Rouge TD Très Difficile 5
Noir/Blanc ED Extrêment Difficile 6
Hors-circuit ABO Abominablement Difficile 7 et 8

Les circuits enfant sont peints en blanc et cotés différemment : le + ou le - cote la difficulté du parcours et le chiffre désigne l’âge de l’enfant : 1 en primaire, 2 entre l’école et le collège et 3 après. Exemples E3, E1+, etc.

Vocabulaire

Après travail 
La voie a été passée/enchainée après étude de la voie et après plusieurs tentatives.
Artif' 
Pour artificiel. On pose soi-même des points permettant de progresser à l’aide d’étriers par exemple.
Assurer 
Gérer la corde utilisée par le grimpeur pour assurer sa sécurité.
À vue 
Aucune étude de la voie n’a été faite avant de s’y engager pour la première fois.
Baudrier 
Harnais de sécurité auquel on attache la corde.
Bloc 
Voie escaladée sans baudrier (donc sans être assuré) contenant quelques prises, qui ne s’élève que de quelques mètres. Un matelas (crash-pad) peut être posé en dessous de la voie.
Bloc
Nom donné à la pratique de l’escalade sur bloc.
Broche 
Anneau métallique fixé dans la paroi afin d’y accrocher une dégaine. Elle est constituée d’une unique pièce en forme d’anneau prolongé d’une tige cette dernière est scellée à l’aide d’une colle chimique. (cf spit)
Chaussons 
Nom donné aux chaussures d’escalade, dotés d’une semelle en résine afin d’augmenter l’adhérence, ils doivent bien tenir le pied afin d’en augmenter la précision. L’utilisation intensive des chaussons d’escalade pendant de nombreuses années peut entraîner une déformation et une atrophie des orteils.
Cheville 
Pièce métallique à pas de vis femelle destiné à recevoir une plaquette. Les chevilles autoforeuses peuvent être placées sans matériel motorisé.
Coinceur 
Pièce (généralement) métallique utilisée en montagne et en terrain d’aventure, se coinçant dans les fissures du rocher et permettant de créer des points d’assurage mobiles et récupérables. Voir la page sur les coinceurs.
Dégaine 
Une dégaine est constituée de deux mousquetons reliés par une sangle.
Descendeur 
Pièce de métal (frein) permettant la descente en rappel le long d’une corde et qui est utilisé pour assurer un grimpeur.
Enchaîner une voie 
Passer la voie dans son intégralité, sans tomber et sans repos sur la corde. Une voie peut être enchainée « à vue », « flash » ou « après travail ».
Flash 
On a observé un autre grimpeur dans la voie avant de s’y engager pour la première fois ou des indications ont été fournies
Goujon 
système métallique à filetage mâle destiné à recevoir une plaquette
Gri-gri 
Type de systeme d’assurage autobloquant qui, en cas de chute du grimpeur, bloque automatiquement la corde sans intervention de l’assureur.
Graton (ou grat’) 
Très petite prise, souvent douloureuse et agressive.
Huit 
Type de descendeur en forme de « 8 ».
Magnésie 
Poudre blanche synthétique dont on enduit les doigts afin d’améliorer l’adhérence des mains au rocher par absorption de la sueur. Il s’agit en fait de carbonate de magnésium basique Mg(OH)2. 3MgCO3. 3H2O.
Mono ou Monodoigt 
Prise où l’on ne peut introduire qu’un seul doigt.
Plaquette
morceau de métal vissé sur un spit et donc ancré sur le rocher, pouvant recevoir une dégaine ou, doublé avec un autre amarrage, une chaîne pour faire un relais
Pof 
Produit naturel (résine de pin séchée, colophane) au même usage que la magnésie mais le pof colle réellement et n’absorbe pas la transpiration.
Prussik 
Anneau de cordelette utilisé pour l’assurance autonome en rappel. La cordelette est enroulée sur la corde de rappel et reliée au baudrier, et sert d’autobloquant si le grimpeur lâche son descendeur (peut être remplacé par des autobloquants mécaniques).
Relais 
Etape au milieu ou au sommet d’une falaise, constitué de plusieurs ancrage reliés entre eux. Nécessaire lors du parcours de grandes voies où la progression s’effectue de relais en relais. Le premier grimpeur atteint le premier relais, est rejoint par son second, puis il atteint le second relais et ainsi de suite.
Réversible 
Lors de l’ascension d’une grande voie, le premier de cordée et le second de cordée échangent leurs rôles d’une longueur à l’autre.
Site (d’escalade) 
Lieu naturel dans lequel on peut pratiquer l’escalade, souvent pré-équipé d’ancrage/spits (plaquettes, broches voire piton) et souvent entretenu par les membres de clubs locaux.
Topo 
Plan de la falaise permettant d’y repérer les voies.
Voie 
Cheminement à suivre sur une paroi. Chaque voie a une cotation et un nom. Certaines voies comportent plusieurs longueurs (voir Relais). Chaque longueur comporte plusieurs spits distant d'1 ou 2 mètres.
Vol 
Chute (assurée) du grimpeur
Secteur 
Partie d’un grand site qui rassemble plusieurs voies.
Spit 
À l’origine Spit était la seule marque à distribuer des chevilles autoforeuses. Le nom a été étendu aux chevilles en général. Les chevilles, comme les goujons, sont des ancrages métalliques enfoncés dans le rocher sur lesquels sont vissés les plaquettes.
Vacher 
Synonyme générique de fixer, attacher. Une vache est constituée d’un bout de corde attaché au baudrier et terminé par un mousqueton. Cette vache est utilisée pour s’accrocher au relais (la personne est vachée) pouvant ainsi se reposer et procéder tranquillement au passage de la corde dans le relais.

Voir aussi

Liens externes


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