Épigraphie latine

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Inscription de l'Arc de Titus.

L'épigraphie latine est une science historique et archéologique qui a pour objet l'étude, la répertorisation et la traduction des inscriptions latines antiques gravées.

Sommaire

Nature des inscriptions

Les inscriptions durant le Rome antique étaient très nombreuses et se trouvaient gravées dans la pierre sur pratiquement tous les édifices, notifiant leur dédicace (tituli). On en retrouve aussi sur le socle des statues, sur les sarcophages (épitaphe), sur des stèles, des bornes milliaires ou des tables de bronze, portant des textes de loi qui sont parvenues jusqu'à nous, la plus célèbre est la Table Claudienne. Une section spéciale est consacrée aux inscriptions et titulatures complexes des empereurs sur les monnaies. Un grand nombre d'inscriptions ont été retrouvées au cours des siècles. Elles sont réunies dans des recueils comme le Corpus Inscriptionum Latinarum. Mais on en découvre chaque année de nouvelles, par hasard ou lors de fouilles archéologiques.

Particularité de l'épigraphie latine

L'étude des inscriptions latines antiques se heurte à de nombreux problèmes. Souvent le support est détérioré, usé ou incomplet. L'épigraphiste doit alors avoir recours à des techniques d'estampage, de photo en lumière rasante, de déductions savantes, pour reconstituer le texte. Ensuite, la forme de rédaction des textes latins complique la lecture. En effet, l'abréviation et l'ellipse étaient largement utilisées, ce qui rend le texte hermétique au néophite. De plus, certaines conventions typographiques sont particulières à l'écriture latine :

Un texte épigraphique

Dédicace sur l'arc de triomphe de Septime Sévère à Rome (203 apr. J.-C.)

Imp(eratori) Caes(ari) Lucio Septimio M(arci) fil(io) Seuero Pio Pertinaci Aug(usto) patri patriae Parthico Arabico et | Parthico Adiabenico pontific(i) maximo tribunic(ia) potest(ate) XI imp(eratori) XI, co(n)s(uli) III proco(n)s(uli) et | imp(eratori) Caes(ari) M(arco) Aurelio L(ucii) fil(io) Antonino Aug(usto) Pio Felici tribunic(ia) potest(ate) VI co(n)s(uli) proco(n)s(uli) [ p(atri) p(atriae) | optimis fortissimisque principibus ] | ob rem publicam restitutam imperiumque populi Romani propagatum | insignibus uirtutibus eorum domi forisque S(enatus) P(opulus)Q(ue) R(omanus).

Note : ' | ' changement de ligne. ' [ ] ' partie martelée et regravée postérieurement. Références : CIL VI 1033 = ILS 425

La titulature impériale expliquée

Prenons un exemple, celle de l'empereur Néron :

IMP NERO CAESAR AVGVSTVS DIVI CLAVDI F GERMANICI CAESARIS N TIB CAESARIS AVG PRON DIVI AVG ABN
PONTIF MAX TRIB POTEST XII IMP X COS IIII P P

Si l'on reprend une par une les mentions, cela donne :

IMP : Imperator ; titre de tous les empereurs romains depuis Auguste. Auparavant, l'imperator était un général victorieux acclamé par ses troupes. Depuis Néron, qui fut le premier à procéder ainsi, le mot imperator remplace le prénom de l'empereur après son accession à l'Empire.
NERO : cognonem de la gens Claudia à laquelle appartient Néron
CAESAR : cognomen de la gens Julia, devenu dès le règne de Tibère le nom de la gens impériale
AUGUSTUS : titre décerné à Octave en 27 après JC ; il confère à son détenteur un caractère sacrée et sera portée par tous les empereurs
DIVI CLAUDI F : Divi Claudi Filius, ou fils du divin Claude ; la filiation était toujours indiquée chez les Romains, ici Néron, adopté par Claude, divinisé après sa mort, peut se dire fils du divin Claude
GERMANICI CAESARIS N : Germanici Caesaris Nepos ; Néron était le petit-fils de Germanicus Caesar, autrement dit de Caligula....
TIB CAESARIS AUG PRON : Tiberii Caesaris Augusti Pronepos ; étant le fils (adoptif) de Claude et le petit fils de Caligula, Néron est également le arrière-petit fils de Tibère
DIVI AUG ABN : Divi Augusti Abnepos : arrière-arrière-petit fils de Auguste

PONTIF MAX : Pontifex Maximus ; le plus haut prêtre de Rome était appelé le grand pontife. Depuis César, qui fut Pontifex Maximus, et Auguste qui le fut aussi, tous les empereurs ont été grands pontifes.
TRIB POTEST XII : Tribunicia Potestate XII ; c'est à dire "revêtu de la puissance tribunicienne pour la 12e fois. Les empereurs romains étaient détenteurs de la puissance des anciens Tribuns de la Plèbe, ce qui les rendait à la fois sacré et inviolable (on ne pouvait pas lever la main sur eux), et également les rapprochait du peuple, au moins symboliquement. La puissance tribunicienne était annuelle, et elle a servi à compter les années de règne de tous les empereurs.
IMP X : Acclamé imperator 10 fois par ses troupes
COS IIII : Consul quatre année ; le consulat a subsisté tout au long de l'empire, et même après la chute de l'Empire à Rome et à Byzance évidemment, sans pour autant avoir jamais retrouvé son ancienne importance. Le consulat restait néanmoins une place de choix, très recherchée pour son prestige, et pour la possibilité qu'elle offrait de devenir ensuite proconsul, gouverneur d'une province.
PP : Pater Patriae ; Titre décerné à tous les empereurs depuis Auguste, sauf à quelques exceptions près.

Voir aussi

Épigraphie
Noctes Gallicanae - Excellent site dont la partie consacrée à l'épigraphie est passionnante.

See also: Épigraphie latine, Arc de Septime Sévère, Arc de Titus, Auguste, Borne milliaire, Byzance, Caligula, Claude Ier, Latin