Élection présidentielle des États-Unis d'Amérique 2004
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Rouge victoire de Bush/Cheney ,
Bleu victoire de Kerry/Edwards .
L'élection présidentielle des États-Unis d'Amérique 2004 s'est déroulée mardi 2 novembre 2004.
En dépit d'une question mineure de comptage de bulletins dans l'État de l'Ohio, le vote, contrairement au scrutin de novembre 2000, s'est traduit par un résultat sans équivoque, aussi bien en nombre de voix (le « vote populaire ») qu'en nombre de « grands électeurs ». Les deux candidats principaux sont tombés d'accord pour reconnaître cet état de fait, ce qui a donné lieu à la reconnaissance rapide, par John Kerry, de sa défaite, dans la journée du 3 novembre.
Après avoir été officiellement élu par le Collège électoral des États-Unis le 13 décembre, le vainqueur deviendra président des États-Unis d'Amérique le 20 janvier 2005.
Toujours le 2 novembre, la Chambre des représentants (435 sièges) et un tiers du Sénat (34 des 100 sièges) ont été renouvelés.
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Les candidats
Dans le camp démocrate, ils sont au nombre de 9.
Wesley Clark : vétéran du Vietnam, général 4 étoiles et Commandant en chef des forces de l'OTAN durant la guerre du Kosovo, ce militaire de carrière n'a aucune expérience politique. Mais cette inéxpérience peut lui servir d'atout, de meme que sa brillante carrière pourrait lui permettre de contrer le Président sortant sur son terrain favori, la guerre contre le terrorisme. Toutefois, son entrée très tardive dans la course des primaires (en septembre 2003) lui a valu un retard difficile à rattraper en terme de notoriété et de collecte de fonds.
Howard Dean : Gouverneur du Vermont de 1991 à 2002, cet ancien médecin représente l'aile libérale du parti démocrate. Son positionnement très clairement opposé à la guerre en Irak, à l'opposé des principaux leaders démocrates, lui permet de s'attirer les faveurs des militants de la gauche du parti démocrate.
John Edwards : ancien avocat, le Sénateur de Caroline du Nord peine a décoller dans les sondages. Mais son implantation dans le Sud, sa jeunesse, son discours aux résonnances populistes et progressistes et son dynamisme sont autant d'atouts pour celui que le magazine People avait élu en 1998 l'homme politique le plus sexy des Etats-Unis.
Richard « Dick » Gephardt : ce vétéran du Congrès (il est élu à la Chambre des Représentants depuis 1974, et est minority leader du groupe démocrate depuis 1996) promet d'important changements s'il est élu, comme par exemple l'établissement d'un système de santé universel. Mais s'il est populaire parmi les syndicats et l'appareil du parti, son manque de charisme et plus encore son soutien à la guerre en Irak lui aliénent une grande partie des démocrates libéraux.
Robert « Bob » Graham : ce Sénateur de Floride dispose de deux atouts principaux : son propre Etat, qui à manqué à Al Gore en 2000 et qui retient l'attention de tout les stratèges politiques, et son poste de président de la Commission sénatoriale sur les attentats du 11 septembre 2001, qui pourrait lui servir de tremplin médiatique. Mais son manque de soutien dans le parti et sa faible notoriété publique rendent sa tache délicate.
John Kerry : Sénateur du Massachusetts depuis 1984, John Kerry représente l'intelligentsia de la gauche libérale américaine. Un positionnement politique qui apporte à la fois à sa candidature un grand sérieux, mais aussi une certaine distance par rapport aux électeurs indécis, peu favorables aux « libéraux de la Nouvelle-Angleterre ». Un handicap qu'il compte bien faire oublier par son prestigieux passé de héros de la guerre du VietNam.
Dennis Kucinich : ce Représentant de l'Ohio incarne la gauche du parti, opposée tant à la guerre en Irak qu'aux décisions économiques, sociales et sociétales du président Bush. Un positionnement politique clair mais trop extrème pour pouvoir remporter les primaires : Kucinich espère surtout pouvoir peser sur le programme du futur candidat démocrate.
Joseph Lieberman : l'ancien colistier de Al Gore espère bien mettre à profit le capital politique engrangé pendant la campagne de 2000 pour remporter les primaires. Mais, représentant l'aile conservatrice du parti démocrate, il à souvent du mal à se faire entendre des militants, générallement plus à gauche, et qui votent en masse aux primaires.
Carol Moseley-Braun : ancienne Sénatrice de l'Illinois battue en 1998, elle espère surtout capitaliser le vote des afro-américains, nombreux à se déplacer pour les élections primaires, et plus encore les femmes, estimant qu'il est temps pour l'un d'entre-elles de s'installer à la Maison-Blanche.
Al Sharpton : le réverend Al Sharpton est le seul des candidats à n'avoir jamais été élu au suffrage universel. Mais il compte sur le soutien de la communauté noire, dont il défend les droits au sein de la National Action Network (NAN).
Chez les républicains, la popularité de George W. Bush est telle qu'il ne compte aucun rival, si l'on excepte toutefois quelques candidatures fantaisistes. L'issue des scrutins ne faisant aucun doute, la participation est faible, la couverture médiatique nulle, la campagne inexistante.
Les primaires
Chaque parti américain sélectionne ses candidats aux différents postes électifs par le biais de primaires, c’est-à-dire du vote des militants dans les différents Etats.
Avant que les principaux interressés ne déclarent leur candidature, deux hypothèques sont à lever: l'éventualité d'une candidature de l'ancienne First Lady et désormais Sénatrice de New-York Hillary Clinton, et celle d'un retour sur la scène politique du candidat démocrate malheureux en 2000 Al Gore. Si l'ancien Vice-Président annonce dés décembre 2002 qu'il ne compte pas se représenter, une éventuelle candidature surprise de Mme Clinton plane sur toute la saison des primaires, et restera dans les esprits jusqu'à la Convention démocrate.
Après les mid-term elections du 2 novembre 2002, remportées par le parti républicain, les principaux candidats démocrates se font connaitre, entre les mois d'octobre 2002 et de septembre 2003. Dés le départ, se sont les caciques du parti démocrate qui semblent mener la course, principalement Dick Gephardt et Joe Lieberman.
Mais avec le déclenchement de la guerre en Irak, et surtout l'emourbement progressif de l'armée américaine, Howard Dean, opposé dés le départ au conflit, progresse dans les sondages et se place en tete de la course au cours du printemps 2003.
L'hypothèse d'une victoire de Dean, jugé trop à gauche, lors des primaires inquiète vivement la machine démocrate. Les autres candidats l'attaquent sur ces décisions en tant que gouverneur du Vermont, et Joe Liebermann déclare meme que « Howard Dean et George Bush sont deux extrémistes ».
Alors que s'approche le caucus de l'Iowa, qui se tient le 19 janvier 2004, la campagne se fait plus dure. Les deux favoris dans cet Etat, Howard Dean et Dick Gephardt se lancent dans des campagnes publicitaires agressives, portant repectivement sur la guerre en Irak et l'ALENA. Les autres candidats choisissent de s'en tenir à une campagne plus classique, et John Edwards attaque aussi bien Bush que Dean en s'en prenant à « la politique du cynisme ». Les derniers sondages montrent une soudaine percée de John Kerry et de John Edwards, au détriment de Gephardt et de Dean.
Ainsi, le 19 janvier 2004, soit un an avant la prise de fonction du prochain Président des Etats-Unis, les militants démocrates de l'Iowa se rendent aux urnes, et accordent aux deux outsiders une victoire aussi large qu'innatendue. John Kerry obtient 37,6 % des voix, John Edwards 31,9 %. Loin derrière, Dean ne reçoit que 18 % des suffrages, et Gephardt, dont l'objectif était de finir premier, ne peut, avec 10,6 % des voix, que mettre un temre à sa campagne.
La campagne se poursuit, mais les médias et les sondgaes, en surexposant Kerry et Edwards, rendent la tache de Dean et des deux candidats qui avaient fit l'impasse sur l'Iowa, Lieberman et Clark, plus difficile. De fait, les primaires du New-Hampshire, qui se tiennent le 27 janvier, accordent à John Kerry une nouvelle victoire (38,39 %), tandis que Dean doit se contenter d'un maigre résulat, avec 26,28 % des voix. Quand à John Edwards (12,05 %), il et très légèrement devancé par Wesley Clark (12,43 %), mais dépasse Joe Lieberman (8,6 %).
Ainsi, John Kerry prend clairement la tète des primaires, en attendant le Super Tuesday du 3 février, qui met en jeu 7 Etats. Si Wesley Clark obtient dans l'Oklahoma une courte victoire sur John Edwards, et si ce dernier l'emporte largement en Caroline du Sud face à Kerry, les 5 autres Etats tombent dans l'escarcelle du Sénateur du Massachusetts.
Résultats
| Candidats | Vote électoral | Vote populaire | |||
|---|---|---|---|---|---|
| À la présidence | À la vice-présidence | Parti | # | # | % |
| George W. Bush, TX | Dick Cheney, WY | Républicain | 286 | 62 041 268 | 50,73 |
| , [>MA]] | John Edwards, NC | Démocrate | 252 | 59 028 548 | 48,27 |
| Michael Badnarik, TX | Richard Campagna, IA | Libertarien | 0 | 397 157 | 0,32 |
| David Cobb, CA | Pat LaMarche, MN | Vert | 0 | 119 858 | 0,10 |
| Ralph Nader, CT | Peter Camejo, CA | Indépendant | 0 | 463 635 | 0,38 |
| Michael Peroutka, MD | Chuck Baldwin, FL | Constitution | 0 | 144 451 | 0,12 |
| Autres | 0 | 13 011 | 0,01 | ||
| Total | 538 | -- | 100,00% | ||
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Le clivage entre les « états rouges » républicains et les « états bleus » démocrates est aussi tranché qu'en 2000 entre Bush et Gore.
Les villes du nord-est et du nord comme Boston, New York et Chicago, les villes de la côte ouest comme San Francisco, Los Angeles et Seattle, qui représentent les états ayant les plus fortes concentrations de population, s'ancrent dans le camp démocrate.
Cependant en terme de comtés, l'avantage est largement aux républicains. Les trois quarts des comtés américains ont voté pour Bush et seuls ceux des états de la Nouvelle Angleterre et d'Hawaii ont voté majoritairement pour John Kerry. Ainsi, 54 des 67 comtés de Pennsylvanie ont voté pour George W. Bush mais l'état a été remporté de justesse par Kerry grâce à ses scores dans les deux grandes villes de Pittsburgh et Philadelphie.
La plupart des grandes villes situées dans des états à majorité républicaine ont en général voté démocrate : Atlanta, Miami, Las Vegas, La Nouvelle-Orléans, etc... A l'inverse, San Diego en Californie choisit George W. Bush dans un état « pro-Kerry ». Les états ruraux (la bible belt et le middle-west), autrefois bastion démocrate, ont cette fois encore soutenu les républicains.
Cette opposition géo-politique s'explique notamment par le profil sociologique des habitants de la plupart des grandes villes qui correspond d'avantage à celui de l'électeur démocrate traditionnel (prépondérance des célibataires et en particulier des femmes célibataires, des locataires et des minorités ethniques) alors que la sociologie des banlieues (le borough de Staten Island à New York ou le comté d'Orange près de Los Angeles par exemple) et des villes rurales (Charleston en Caroline du Sud) correspond à celui de l'électeur républicain (hommes blancs, couples mariés avec enfants).
C'est un nouveau clivage entre deux mondes aux valeurs bien différentes qui semble ainsi s'affirmer : l'un serait citadin des grandes villes et démocrate tandis que l'autre, plus rural ou habitant les banlieues résidentielles, est républicain.
Débats
Trois débats présidentiels ont été planifiés par la Commission on Presidential Debates :
- Le 30 septembre à l'Université de Miami, débat animé par Jim Lehrer de PBS. Les principaux sujets de ce débat ont été la politique étrangère et la sécurité intérieure.
- 62,5 millions d'Américains ont écouté ce débat, soit 35 % de plus que pour le premier débat des élections 2000. Selon un sondage d'opinion Gallup sur un échantillon de 615 inscrits sur les listes électorales, 53 % des sondés ont estimé que Kerry avait fait une meilleure prestation que Bush, 37 % donnant l'avantage au président sortant. 46 % des sondés ont déclaré avoir une meilleure opinion sur Kerry qu'avant le débat, contre 21 % pour Bush. [1]
- Le 8 octobre, à la Washington University de Saint Louis, débat animé par Charles Gibson de ABC.
- Le 13 octobre à la Arizona State University, débat animé par Bob Schieffer de CBS. Les principaux sujets de ce débat seront la politique intérieure et la politique économique.
Un débat entre les candidats à la vice-présidence, John Edwards et Dick Cheney, a eu lieu le 5 octobre. Les commentateurs ont jugé que le débat était équilibré entre les deux hommes, malgré des attaques personnelles agressives. Il s'est déroulé à la Case Western Reserve University et a été animé par Gwen Ifill de PBS.
Évolution du collège électoral depuis 2000
La population des États-Unis augmente plus vite dans certains États que dans d'autres. Suite au recensement de 2000, le nombre de représentants par État a été modifié pour refléter cette évolution démographique. Le nombre de grands électeurs d'un État étant égal à la somme du nombre de sénateurs et de représentants de cet État, le collège électoral a été modifié entre 2000 et 2004 comme suit.
Les États en rouge sont ceux qui ont voté Bush en 2000, les États en bleu sont ceux qui ont voté Gore. Tous ces États utilisent le mode de scrutin winner-take-all. Si chaque État votait pour le même parti qu'en 2000, le Parti républicain recevrait 278 voix (pour 271 en 2000) et le Parti démocrate recevrait 260 voix (pour 267 en 2000).
| Augmentation du nombre de grands électeurs | Diminution du nombre de grands électeurs |
|---|---|
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Bibliographie
Quentin Barazietski, Gore vs. Bush, Deuxième round, Futuribles, aout 2004
Mathieu Gallard, La fin de la coalition conservatrice, Futuribles, décembre 2004.
John Kerry, Mon Amérique à moi, Fayard, 2004.
Christine Ockrent, Bush-Kerry, Les deux Amériques, Robert Laffon, 2004.
Benoit Tertrais, 4 ans pour changer le monde, Autrement, 2005.
Liens externes
- geoelections.free.fr Cartographie électorale détaillée des Etats-Unis de 1788 à 2004
- Electoral-vote.com Un site tenu par Andrew Tanenbaum pour connaître les tendances de vote des grands électeurs (en anglais)
- Gallup.com : l'institut de sondages politiques de référence aux États-Unis (en anglais)
- Blog de campagne de Pascal Riche - Libération
- Blog de campagne de Corine Lesnes - Le Monde
