Éducation nouvelle

L'éducation nouvelle est un courant pédagogique qui défend le principe d'une participation active des individus à leur propre formation. Elle déclare que l'apprentissage, avant d'être une accumulation de connaissance, doit avant tout être un facteur de progrès global de la personne. Pour cela, il faut partir de ses centres d'intérêts et s'efforcer de susciter l'esprit d'exploration et de coopération : c'est le principe des méthodes actives.

Parmi les principaux pédagogues qui ont contribué à illustrer le mouvement d'Éducation nouvelle on peut citer: Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Condorcet (1743-1794), Johann Heinrich Pestalozzi (1746-1827), Georg Kerschensteiner (1854-1932), Friederich Fröbel (1782-1852), Paul Robin (1837-1912), Francisco Ferrer y Guardia (1859-1909), Rudolf Steiner (1861-1925), John Dewey (1859-1952), Ovide Decroly (1871-1932), Edouard Claparède (1873-1940), Maria Montessori (1870-1952), Anton Semyonovitch Makarenko (1888-1939), Adolphe Ferrière (1879-1960), Roger Cousinet (1881-1973), Célestin Freinet (1896-1966), Alexander Sutherland Neill (1883-1973), Carl Rogers (1902-1987), Yvonne Hagnauer (1898-1985).


De 1947 à 1956, le ministère de l'Éducation nationale a autorisé les centres d'entraînement aux méthodes d'éducation active (Ceméa) à expérimenter les méthodes d'éducation nouvelle dans le cadre d'une école primaire de Boulogne-sur-Seine. Les objectifs généraux de l'équipe pédagogique étaient :

Hormis une limitation du nombre d'enfants à vingt-cinq élèves par classe, les conditions matérielles étaient globalement équivalentes à celles de n'importe quelle école de quartier. À la sortie de cette école, les élèves ont eu un parcours scolaire et un taux de réussite aux examens tout à fait normal, alors que l'équipe éducative a dû progressivement accueillir de plus en plus d'enfants en rupture avec l'école (sous l'amicale pression des travailleurs sociaux de la ville et à son corps défendant puisque l'objectif était de réaliser une expérimentation sur une population d'élève la plus « banalisée » possible).

Dès 1941 fût créé La Maison d'enfants de Sèvres qui pratiqua les méthodes d'éducation nouvelle. Elle devint une école publique, laïque, en 1949 et fonctionna sous la responsabilité de sa créatrice Yvonne Hagnauer, jusqu'en 1970.

Dans les années 1970, ce courant, qui revendique depuis ses origines une prise en compte des travaux en sciences humaines, a été fortement influencé par la psychanalyse, la « dynamique des groupes restreints » puis la « non-directivité » de Carl Rogers. L'application, parfois doctrinale, de ces travaux à pu conduire à des outrances comme le « psychanalysme » dénoncé par Robert Castel. Sans renier l'intérêt global de ces travaux, ils sont en général considérés aujourd'hui comme relativement orthogonaux à l'acte d'éducation, ou tout au moins comme nécessitant une bonne dose d'humilité dans leur application pratique. Ces travers restent cependant aujourd'hui l'une des critiques majeures faites à l'éducation nouvelle, l'autre étant l'apparent dédain du mouvement pour les savoirs enseignés.

See also: Éducation nouvelle, 1941, 1947, 1949, 1956, 1970, Alexander Sutherland Neill, Années 1970, Boulogne-Billancourt, Carl Rogers