Édouard Balladur
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Origine
Il est issu d'une famille d'origine arménienne. Aux sources de cette famille smyrniote, un certain André Balladur, qui vers 1730, en compagnie de quelques parents, fuit son Nakhitchevan natal. Convertis par des missionnaires dominicains, les Balladur sont des catholiques romains, et les persécutions périodique des Perses, qui disputent alors ce pays à la Turquie, expliquent l'arrivée de la famille à Smyrne, où on ne recense plus les communautés européennes étrangères, qui prospèrent le plus souvent dans le négoce. Tournant décisif dans la famille, en 1795, par édit du sultan Sélim III, les Balladur ont rang de « sujets francs ». La pratique est alors courante : le sultan, suivant son bon vouloir, accorde aux ambassades occidentales un certain nombre de « bérats » ou « barats ». Commerçant avec Livourne, Manchester, mais surtout Marseille, les Balladur sont des « barataires » francs, ce qui facilitera leur demande de naturalisation française en 1926. Entre-temps, la situation en Turquie change, et les jeunes Turcs de Mustapha Kemal voulaient à toute force récupérer le pouvoir économique dont disposaient Grecs, Arméniens,... tous ceux qu'on a coutume d'appeler les levantins. Les ressortissants des communauté étrangère ne sont plus personae gratae dans la Turquie d'Atatürk. Quelques années plus tôt, les Arméniens ont été massacrés, et le nouveau régime a convié les Grecs à un prompt et définitif départ. En 1922, un incendie ravage Smyrne jusque-là préservée des massacres : il détruit surtout les quartiers chrétiens. Fils d'un banquier de la Banque Ottomane, Édouard Balladur naît à Smyrne, en Turquie et n'arrive en France, à Marseille, qu'à l'âge de six ans. Entre-temps la famille Balladur a évolué. Par mariages successifs, elle s'est alliée à d'autres Arméniens, comme les Isseverdens, à des Italiens, de préférence vénitiens, mais plus encore à des Français et en particulier des Provençaux.
Parcours
Les parents d'Édouard Balladur débarquent à Marseille en 1935 avec leurs 5 enfants dans un appartement au 227 boulevard Chave. La famille vit bourgeoisement, malgré la baisse de standing, depuis le départ de Smyrne. À 6 ans, il entre à l'institution diocésaine Jean-Baptiste-de-la-Salle, puis en 1942, au Lycée Thiers. Il demeura très attaché, non à Marseille, mais à la Provence. Son frère, Robert Balladur sera l'un des notables de la cité phocéenne.
Il voulait être médecin, il fera ses études de droit à l'Institut d'études politiques de Paris, section service public dont il est diplômé en 1950. Une tuberculose l'éloigne des études mais, guéri, il entre à l'École nationale d'administration en 1955 et en sort dans la « botte » en 1957. (Promotion « France-Afrique »). Il a constitué à l'ENA un petit groupe de travail, avec Jacques Monod, Pierre Verbrugghe, ancien préfet de police de Paris, Jacques Calvet, ancien PDG de Peugeot, et Jean Dromer, ancien PDG de Louis Vuitton. Après son stage de première année à la préfecture de Charente et son mémoire sur La loi Barangé et les constructions scolaires, il choisit l'option sociale en 2e année.
Il choisit alors d'entrer au Conseil d'État, aux sections Contentieux et Travaux Publics et se marie avec Marie-Josèphe Delacour, native du Jura. Édouard Balladur a quatre fils (Pierre Balladur, médecin, Jérôme Balladur, Henri Balladur, Romain Balladur.
Carrière politique
Il dirige ensuite le cabinet de la RTF (Radio Télévision Française). En 1964 il entre dans le cabinet du premier ministre Georges Pompidou et sert de conseiller lors des accords de Grenelle qui suivent mai 68. Georges Pompidou, devenu président, le nomme en 1964 secrétaire général adjoint de l'Élysée puis secrétaire général en 1974. En 1967, il participe au conseil d'administration de l'ORTF. Un an plus tard, il participe au conseil d'administration de l'Office national des forêts et devient président de la Société pour la construction et l'exploitation du Tunnel du Mont-Blanc.
En 1974, il retourne au Conseil d'État, suite à l'élection de Valéry Giscard d'Estaing. En 1977, il se trouve à la tête d'une filiale de la Compagnie Générale d'Électricité (CGE, future Alcatel) : la Générale de service informatique (GSI). En 1980, il devient PDG d'une autre filiale : la Compagnie européenne d'accumulateurs.
En mars 1986, il se présente sous l'étiquette du RPR et est élu député de Paris. Jacques Chirac, qui devient premier ministre de la première cohabitation, le nomme ministre d'État et ministre de l'Économie, des Finances et de la Privatisation. Il quitte ce poste en mai 1988 avant d'être réélu député.
Après la victoire « bleu horizon » de la droite en mars 1993, il passe un marché avec Jacques Chirac : il devient premier ministre et ce dernier prépare l'élection présidentielle de 1995. Le 23 mars, François Mitterrand nomme Édouard Balladur premier ministre ; c'est le début de la seconde cohabitation.
Bénéficiant d'une importante popularité, il décide de se présenter contre Jacques Chirac aux élections présidentielles de 1995, soutenu par une partie des dirigeants du RPR, dont Nicolas Sarkozy. Il est cependant éliminé au premier tour et Jacques Chirac est élu président, battant Lionel Jospin. Il quitte alors son poste de premier ministre et retrouve son siège de député.
Conseiller de Paris, Édouard Balladur est battu par Philippe Séguin lors des primaires pour l'élection du maire de Paris. Il est élu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la 12e circonscription de Paris. Il fait partie du groupe UMP et est le président de la Commission des affaires étrangères après avoir été battu par Jean-Louis Debré lors des primaires pour l'élection du président de l'Assemblée nationale.
Fonctions gouvernementales
- 20/03/1986 - 10/05/1988 : ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et de la Privatisation
- 29/03/1993 - 11/05/1995 : Premier ministre
Mandats électifs
- Conseiller municipal/général (Paris)
- Conseiller régional
- 16/03/1998 - 08/04/1998 : Membre du Conseil régional d'Île-de-France
- Député
Surnoms
- Sa courtoise suffisance Le Canard enchaîné.
Bibliographie
- L'arbre de mai Atelier Marcel Jullian. (1979)
- Je crois en l'homme plus qu'en l'État Flammarion. (1987)
- Passion et longueur de temps Fayard. (1989), séries de dialogue avec Jean-Pierre Elkabbach
- Douze lettres aux Français trop tranquilles (1990)
- Des modes et des convictions (1992)
- Dictionnaire de la réforme Fayard. (1992)
sur Edouard Balladur :
- Balladur. Claire Chazal. Flammarion. (1993)
Voir aussi
| Précédé par Pierre Bérégovoy | Premier ministre de la France | Suivi par Alain Juppé |
