Économie de la Californie
L'économie de la Californie représente 14 % du PIB des États-Unis, et serait à elle seule la 5e ou 6e puissance économique mondiale. Elle repose sur des industries de pointe, une agriculture performante, une population nombreuse et en croissance continue. Cependant, le modèle de développement modifiant l'ordre naturel et d'utilisation de plus de ressources que disponibles dans la nature est dépassé, et commence à être remis en cause.
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Données démographiques
La Californie est l'État étatsunien le plus peuplé : 35 millions d'habitants en 2002. C'est également l'État qui connaît la croissance démographique la plus forte : entre 1980 et 2000, le nombre d'habitants a augmenté de 10 millions (40 %).
Cette croissance est alimentée par l'immigration, qui fournit une main-d'œuvre bon marché : des chercheurs d'or de la ruée vers l'or (1849-1852) aux Latinos-Américains d'aujourd'hui, en passant par les coolies d'Asie venus reconstruire San Francisco après le tremblement de terre de 1906 et les fermiers du Middle West chassés par la crise économique des années 30. Actuellement, la Californie absorbe 30 % de l'immigration aux États-Unis. Cette immigration en Californie est surtout d'origine latino-américaine et asiatique : elle reçoit 50 % des Mexicains, des Philippins et des Vietnamiens arrivant aux États-Unis.
Ces flux d'immigration ont formé une société composite ; d'après les données démographiques du gouvernement des États-Unis, la composition de la population est :
- Blancs (Caucasiens selon leur terminologie) : 49 % (contre 69 % sur l'ensemble du pays) ;
- Latinos-Américains : 31 % ;
- Noirs (Afro-Américains) : 12 % ;
- Asiatiques : 8 %.
Industrie
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L'industrie californienne repose sur les technologies de pointe. La Silicon valley, au sud de San Francisco, est ainsi la capitale mondiale de la micro-informatique, avec des sociétés comme Apple Computer, Cisco (33 000 salariés pour un chiffre d'affaires de 22 milliards de dollars en 2003), Hewlett-Packard, et du logiciel (Adobe).
Le complexe militaro-industriel est également prospère : des entreprises comme Douglas, Hughes, Rockwell y ont leur siège et certaines de leurs usines. Ces deux secteurs de pointe de l'industrie californienne s'appuient sur des budgets de Recherche et développement abondants : 20 % des dépenses de R&D des secteurs publics et privés effectuées aux États-Unis le sont en Californie. La Californie bénéficie en outre d'un réseau de formation de qualité : universités de Stanford et de Berkeley, mondialement connues De plus, le prestige des sociétés californiennes attire un personnel qualifié du monde entier, dont la Californie n'a pas à supporter les coûts de formation.
Les contrastes économiques entre le nord et le sud de la Californie
- Entre 2000 et 2004, la récession menace le nord de l'État, dépendant de la haute technologie. Depuis cette date, la baie de San Francisco a perdu 400 000 emplois, soit 10 % de l'emploi local.
- Les importations du sud de l'État sont composées à 85 % de produits venant d'Asie. 230 milliards de dollars de marchandises passent par le port de Los Angeles, avec un taux de croissance de 15% par an (données 2004). Entre 2000 et 2004, la région a créé 200 000 emplois. Après la fin de la guerre froide, la diminution des activités économiques liées au secteur militaire a touché la population active.
Agriculture
L'agriculture de la Californie est extrêmement productive : c'est la première productrice de valeur aux États-Unis. On peut citer les réussites :
- culture de fruits et de vigne, dans quelques vallées qui commencent à produire un vin réputé (Napa valley, Sonoma valley, près de San Francisco) ;
- l'élevage très productif, d'ailleurs la Californie est exportatrice de viandes.
Secteur tertiaire
Le secteur tertiaire est aussi porteur en Californie : outre le tourisme attiré par cette région ensoleillée et ses paysages naturels (Parc du Yosemite, Death valley), l'industrie des médias et le cinéma (Hollywood).
Infrastructures et surconsommation des ressources
Cette réussite économique est favorisée par des infrastructures efficaces : les ports de Los Angeles et de Long Beach sont les deux premiers de l'État et des États-Unis, et facilitent les exportations et le commerce avec l'Amérique du Sud et l'Asie.
L'agriculture utilise massivement l'eau pour l'irrigation, depuis très longtemps. c'est ainsi que de nombreux aqueducs ont été construits :
- pour le Central valley project, au début du XXe siècle : la vallée située à l'Est de San Francisco est irriguée par captation des eaux de la Sacramento et de la San Joaquin ;
- petit à petit, les villes de San Francisco, San Diego et de Los Angeles ont racheté les droits d'irrigation des agriculteurs afin d'alimenter leur réseau d'eau potable ;
- la Hetch Hetchy valley a été ennoyée par un barrage en 1923 afin de constituer un réservoir pour San Francisco ;
- la croissance de Los Angeles exigeant toujours plus d'eau, un aqueduc fut construit à partir du lac Owens (naturel) ;
- le fleuve Colorado est aussi mis à contribution : le barrage Hoover est construit à partir de 1930 et est reliée à Los Angeles par un aqueduc de 250 km de long construit dans les années 40 ; cet aqueduc alimente également des cultures en plein désert ; cinq autres barrages, dont le barrage Parker, ont été construits en aval ;
- enfin, cela ne suffisant pas, le Californian aqueduc a été construit dans les années 60, et alimente Los Angeles à partir des sources du Nord de la Californie ; il fait 700 km de long (équivalent de Paris-Montpellier), et passe par-dessus les montagnes par pompage.
Toutes ces infrastructures ont permis le développement de l'agriculture et des villes. Mais la Californie a aujourd'hui dépassé les limites de l'équation géographique (Jean-Christophe Victor), et utilise ses ressources naturelles au-delà de ce qui supportable. Le lac Owens est aujourd'hui asséché depuis près de trente ans ; le Colorado n'est qu'un ruisseau quand il entre au Mexique, ce qui pose des problèmes de renouvellement de l'eau dans le golfe de Californie, qui est une mer presque fermée. Aujourd'hui, 50 % de l'eau consommée en Californie provient de l'extérieur de l'État, grâce à des infrastructures financées par l'État fédéral.
Ces approvisionnements sont eux aussi remis en cause : en effet, les droits de tirage de l'Arizona et du Nevada sur le barrage Hoover n'étaient pas utilisés, et ont donc bénéficié à Los Angeles. Mais avec la croissance de villes comme Las Vegas, Tucson et Phœnix, c'est une nouvelle source qui se tarit. De plus, les écologistes font de plus en plus de procès pour la mauvaise utilisation des eaux, impropres à la consommation et faite de manière contraire aux lois fédérales. Enfin, de plus en plus de conflits naissent entre les compagnies des eaux, les agriculteurs (qui consomment 80 % de l'eau de Californie), les villes et l'État fédéral qui compte faire appliquer la loi.
Le développement de l'agriculture californienne, basée sur une eau bon marché, et une main-d'œuvre bon marché, est donc remis en cause.
La fragilité du modèle californien se perçoit aussi dans le domaine énergétique (crise en 2003), dans la gestion de l'égalité entre ethnies (émeutes raciales en 1992), et la gestion approximative des parcs naturels (grands incendies).
