Économie d'énergie

Nous allons traiter ici l'aspect d'économie d'énergie concernant l'industrie pétrolière uniquement, nous laissons aux autres spécialistes des autres branches d'activités le soin d'apporter leurs connaissances au présent sujet.

Depuis toujours, l'industrie pétrolière est un gros consommateur d'énergie. En effet, pour que les réactions chimiques se déclenchent, il faut porter les charges à de très hautes températures qui varient selon les cas de 350°C à 600°C. Pour atteindre de telles températures, le raffineur a besoin d'apporter beaucoup de calories aux unités de traitements.

Le traitement d'une tonne de charge nécessite entre 5 et 7% en masse de cette charge, en combustible. Cette consommation est de 200 à 300 fois supérieure à la consommation d'un humain. Aussi, depuis toujours, le raffineur cherche par tous les moyens de réduire cette consommation. L'industrie pétrolière est consciente du problème d'économie d'énergie et a toujours prêté une attention particulière à son économie.

Par ailleurs, si la compagnie pétrolière a une flotte organique constituée de gros tankers, ces bateaux consomment aussi énormément de fioul.

Depuis la guerre du Kippour en 1973, la crise pétrolière a éclaté, avec toutes les conséquences du renchérissement du prix des bruts, et a donc renforcé la prise de conscience du problème d'économie d'énergie. Suite à ce renchérissement, le problème d'économie d'énergie ne s'est plus posé dans les mêmes termes qu'avant. Les actions, rendues possibles et rentables par la hausse des prix du brut, permettent d'envisager de sérieuses économies d'énergie.

En France par exemple, le problème d'économie d'énergie constitue un enjeu majeur car le pays n'a presque pas de source d'or noir et la facture d'importation de l'énergie représente aux environs de 75% de l'énergie consommée, ce qui est vraiment énorme. Par conséquent, afin de réduire cette facture et cette dépendance, la France s'est tourné vers le nucléaire comme source de production de l'électricité.

Dans le souci d'économiser de l'énergie, on peut distinguer quatre moyens d'actions différentes :

Comme un chef de famille responsable, il faut chercher les sources des pertes d'énergie, par exemple sur les réseaux vapeur, chercher les fuites de vapeur et les colmater. Veiller à ce que les calorifuges soient efficaces; pour les chaudières et les fours, surveiller les excès d'air inutiles qui sont une source de consommation d'énergie. Faire le nettoyage des trains d'échangeurs avec une périodicité appropriée et utiliser une technique efficace pour ce nettoyage.

Dans la conduite des unités dont la consommation est très importante, il faut toujours penser à un meilleur équilible entre le rendement quantitatif et qualitatif.

Par exemple, pour les plus importantes d'entre elles, c'est à dire les systèmes de préchauffage d'air par des fumées, sur les fours de distillation, on peut rentabiliser les investissements en moins de deux ans. Si la raffinerie se trouve dans une zone, où il existe d'autres raffineries chez les confrères (Rotterdam, Singapour), on peut également envisager l'exploitation des synergies énergétiques entre confrères.

Au niveau des systèmes d'utilités (vapeur/électricité, réseau fuel gaz, eau de refroidissement, air comprimé), ainsi qu'au niveau des unités de traitement (choix des catalyseurs, objectif normatif des consommations d'énergie, simulation de procédés, fours pilotes, aide à la conduite des unités..) des économies substantielles sont à considérer, à examiner de près et à étudier avec soins.

Sur les nouvelles installations à construire, on peut adapter la conception des unités au nouveau coût de l'énergie, particulièrement dans la construction des extensions d'unités de traitement. L'économie d'énergie peut se chiffrer jusqu'à 30-40% dans ce cas et parfois même jusqu'à 60%. Les mêmes recommandations sont applicables dans la conception des systèmes d'utilités et de traitements comme indiqué ci-dessus.

Avec un quintuplement ou un sextuplement du prix de l'énergie, beaucoup de techniques et de conceptions doivent être repensées, mais ce virage va prendre beaucoup de temps car les chocs subis sont assez brutaux et l'adaptation au nouveau environnement est lente, et de nouvelles hausses sont à prévoir dans l'avenir.

Il faut, pour trouver de nouvelles techniques, aussi bien dans les traitements que dans les transformations et les conversions de produits, il faut faire d'énormes investissements dans la recherche car, dans la nature, la transformation d'un produit en un autre ne nécessite pas de haute température ni de haute pression. Nous avons encore beaucoup à apprendre de la nature car la nature transforme tout en douceur et il n'y a presque pas de déchet.


Voir lien Wikipédia : Raffinage du pétrole

See also: Économie d'énergie, 1973, Fioul, Guerre du Kippour, Raffinage du pétrole, Rotterdam, Singapour