Droits de l'Homme

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Droits de l'Homme - Peinture murale - Photo: Jean-Pol Grandmont.

Les droits de l'Homme sont une série de droits moraux et juridiques que leurs fondateurs estiment dus à chaque être humain.

Sommaire

Variante de dénomination

Depuis la fin du XXe siècle, nombreux sont ceux qui préférent le terme de droits humains (qu'ils trouvent moins sexiste et plus cohérent, et qui se trouve être la traduction littérale de l'équivalent en anglais : human rights), mais la dénomination traditionnelle reste la plus utilisée en français.

Pour cette raison, la majuscule sur le mot «Homme» est importante.

Histoire

La notion de droits minimaux, dus à la seule qualité d'être humain, est à la fois très ancienne et très générale. Ce qui caractérise l'idée des droits de l'Homme, c'est l'idée de les inscrire explicitement dans le droit (oral ou écrit), de leur reconnaitre une application universelle et une force supérieure à toute autre norme. On passe alors souvent par une forme de proclamation, plutôt que par les règles ordinaires d'édictions des normes légales ; les termes utilisées sont ceux d'une évidence préexistante et indiscutable, qu'on découvre et qu'on reconnait, plutôt qu'une simple convention discutable. L'unanimité est implicitement convoquée comme la source de ces droits. Même si des références au divin ou des influences religieuses peuvent se trouver, ils se distinguent bien d'une règle religieuse par leur caractère universel et laïc.

Avec cette définition (non du contenu, mais de la forme), on peut remonter au moins jusqu'au Moyen Âge pour trouver les premières manifestations, concrètes et avec des effets réels dans les pratiques, de l'idée des droits de l'Homme.

La première déclaration de droits de l’Homme de l’époque moderne est celle de l’État de Virginie (EEUU), écrit par George Mason et adoptée par la Convention de Virginie le 12 juin 1776 (Bill of Rights).

Elle a été largement copié par Thomas Jefferson pour la déclaration de droit de l’Homme contenue dans la Déclaration d’Indépendance des EEUU (4 juillet 1776), par les autres colonies pour la rédaction de ces déclaration de droits de l’Homme, et par l’Assemblée nationale française pour la Déclaration Française de Droit de l’Homme et des Citoyens de 1789.

La notion restera pratiquement stable pendant près d'un siècle, puis, sous l'inflence de la prise en compte de problèmes sociaux et après plusieurs décennies, les droits dits de « deuxième génération » (ou « droits-créance » sur l'État) ont été ajoutés par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (ONU, 1948).

Les principaux textes

A travers l'Histoire, plusieurs texte ont petit à petit ammenés à la définition des Droits de l'Homme actuelle.

Conception générale des droits de l'Homme

La philosophie des Droits de l'Homme s'interroge sur l'existence, la nature et la justification de tels droits face aux reproches que peut encourir l'affirmation de leur universalité dans un monde tenté par le relativisme. C'est une question particulièrement importante de la philosophie politique contemporaine.

Le fondement primordiale semble être l'égalité entre les Hommes (voir l'article théorie de la justice). Les points initiaux concernaient principalement la liberté, la sûreté, la propriété et la résistance à l'oppression (déclaration de 1789). Des versions ultérieures y ajoutèrent des questions de dignité et de bien-être (éducation, santé, etc...).

On peut distinguer quelques traits généraux :

Aspects institutionnels et juridiques

Les Droits de l'Domme ont ainsi de plus en plus une consistance juridique dans le monde, du fait tant :

Les Droits de l'Homme en politique

Les Droits de l'Homme représentent la lutte entre une souveraineté des États et l'établissement d'une sphère inviolable autour de chaque individu.

Les démocraties assument en principe le respect des Droits de l'Homme, notamment à travers la doctrine de l'État de droit. Toutefois, il ne faut pas confondre le respect des droits de l'Homme par un État et son caractère démocratique, même si les deux vont souvent de pair.

Un État démocratique peut violer les Droits de l'Homme. Pour l'éviter, on estime qu'il faut limiter la souveraineté du peuple par des garde-fous indépendants : ce rôle est souvent tenu par les instances judiciaires, comme indiqué ci-après pour la Cour européenne des Droits de l'Homme.

Inversement un État autoritaire viole par définition les Droits de l'Homme (par le non-respect de la liberté, et la menace qu'il fait peser sur les autres droits). Mais il arrive fréquemment que, dans une situation où les Droits de l'Homme (à commencer par le respect de la vie) sont violés par des individus ou des groupes non étatiques ou étrangers, le peuple croit préférable (à tord ou à raison) de faire appel à des régimes autoritaires pour faire face à la situation.

Classification

Classiquement, on distingue :

Aujourd'hui, les deux types de libertés sont mêlés, notamment en raison d'une revendication et d'une protection concomitantes.

On distinguera plus volontiers :

Critique des droits de l'Homme

Les droits de l'Homme sont généralement considérés comme une invention moderne occidentale (bien que des proclamations similaires existent en fait en d'autres lieux et d'autre époques, simplement plus mal connues). En outre, ils sont de fait utilisés comme un moyen de pression des pays dits «occidentaux» sur le reste du monde. Certains y voient même une arme idéologique de destruction culturelle et religieuse et d'asservissement économique des autres nations.

Aussi le principe d'universalité des Droits de l'Homme est-il parfois remis en cause, les pays occidentaux étant accusés de vouloir relancer une politique indirectement colonialiste remodelant le monde à leur image.

Cette crise à été particulièrement aiguë en ce qui concerne le principe de l'ingérence humanitaire, qualifiée par Bernard Kouchner de droit, voire de devoir d'ingérence.

Ce constat à amené l'Organisation de l'unité africaine (OUA) à déclarer en 1981 la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples. Cette charte reprend le principe de la Déclaration universelle de 1948, en y ajoutant un certain nombre de droits qui y ont été négligés : le droit à l'autodétermination des peuples ou l'obligation faite aux États «d'éliminer toutes les formes d'exploitation économique étrangère» par exemple.

Il faut également citer la Déclaration des droits de l’Homme en Islam adoptée le 5 août 1990 par l'Organisation de la conférence islamique.

L'universalisme - ou l'universalité - des droits de l'Homme est souvent mise en opposition au relativisme culturel qui promeut une notion d'égalité des cultures - fussent-elles les plus brutales de notre point de vue, et qui peut aussi aller jusqu'à rejeter toute idée de transcendance des valeurs ethniques sous le principe de la lutte contre l'acculturation.

La vision occidentale des droits fondamentaux, fondée sur les libertés civiles et politiques, s'est longtemps opposée au sein de l'ONU à celle du bloc socialiste privilégiant les droits économiques, sociaux et culturels et la satisfaction des besoins élémentaires. L'effondrement de cette idéologie concurrente à la fin du XXe siècle a, par contrecoup, favorisé la diffusion du modèle occidental.

Voir aussi

See also: Droits de l'Homme, 1215, 1222, 12 juin, 1679, 1689, 1776