Dopage (Sport)
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Le dopage est la pratique consistant à absorber des substances ou à utiliser des actes médicaux afin d'augmenter artificiellement ses capacités physiques ou mentales (taux d'hématocrite dans le sang, battements du cœur, confiance en soi, ...).
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Définition
La définition du dopage n'est pas aussi évidente qu'il y paraît. Quelques exemples permettent de s'en convaincre :
- la consommation de stimulants comme le café, le thé, la feuille de coca, etc. est une tradition générale chez les humains, justement en raison de l'amélioration des capacités.
- la consommation de vitamines, de nourritures riches, de boissons étudiées a un effet direct sur la performance.
- le simple entraînement sportif est bien un artifice visant à une meilleure parformance.
On est donc obligé de préciser ce qu'on entend pas dopage, et de se placer pour cela dans un certain contexte. Deux éléments apparaissent alors clefs :
- le premier est la notion de triche : le sportif dopé utilise, à l'insu des autres, des méthodes auxquelles ils n'ont pas accès. Le résultat de la compétition est alors celui d'une meilleure technique extra-sportive, ce qui vide la compétition de son sens.
- le second est la notion d'intégrité physique : le sportif dopé utilise des produits qui le détruisent. Le résultat de la compétition est alors un jeu de poker menteur (ou une sorte de roulette russe) où le plus inconscient, celui qui est près à perdre le plus, devient vainqueur. Là encore, cela vide la compétition de son sens.
A partir de là, il est possible de dresser une liste de facteur dopants : des produits dangereux, et des produits rares ou coûteux (par exemple à cause de l'assistance médicale qu'il oblige à avoir), etc.
Historique
Le dopage est une pratique très ancienne. Le premier cas moderne avéré remonte à 1865 : des nageurs à Amsterdam. À la même époque, le vin Mariani, en France, était conseillé aux sportifs. Il était « aromatisé » avec des feuilles de coca...
On considère que le dopage s'est professionalisé et généralisé dans certains sports à la fin des années 50 et au début des années 60 avec l'arrivée de produits à activité hormonale comme l'hormone de croissance, les corticoïdes. Sur l'épreuve d'athlétisme du 100 mètres, dans les années 60 les performances connaissent un bon avant de se stabiliser dans les années 70-80. Mais les performances redécollent de nouveaux à partir des années 80 soit au moment où l'EPO et de nouvelles hormones, anabolisants et produits masquants indetectables sont mis sur le marché.
Suite au décès de Knud Enemark Jensen aux J.O. de Rome en 1960, le fédération internationnle de cyclisme effectua des contrôles officieux sur les cyclistes sélectionnés aux Jeux de Tokyo en 1964. Ces résultats ne furent jamais divulgés mais, à Mexico, lors des Jeux Olympiques d'été de 1968 le CIO officialise les contrôles anti-dopage et oblige les femmes à se soumettre à des tests de féminité. Pour éviter les contrôles positifs aux J.O. de Montréal, les soviétiques installent sur le Saint-Laurent, un bateau labaratoire, dont l'objectif était de vérifier les échantillons d'urine des sportifs soviétiques avant de les engager dans les compétitions. Il faudra attendre 1989, pour que le CIO mette en place les contrôles inopinés. Le faible pourcentage de sportifs controlés positifs montre les limites des contrôles et la possibilité d'utiliser des produits masquants. Les hormones de croissance ne sont détéctées que depuis 2004.
En 1998, un scandale éclabousse le Tour de France. Le soigneur de l'équipe cycliste Festina à la quelle appartient Richard Virenque est interpelé à la frontière en possession de 500 doses de produits dopants et stupéfiants dont 235 ampoules d'EPO. Bruno Roussel, directeur sportif de l'équipe, avoue l'existence d'une « gestion concertée de l'approvisionnement des coureurs en produits dopants ». Le grand public découvre alors l'étendue de ces pratiques dopantes. Dans la publication des recherches (2000) menées sur les échantillons d'urine congelés des coureurs du Tour de France 1998, le laboratoire national de dépistage du dopage estime qu'« il est hautement vraisemblable que nous pourrions retrouver les traces d'une prise d'EPO sur un nombre élevé des 102 échantillons, peut-être même sur tous ». Suite à cette affaire, les contrôles sont renforcés et la France se dote d'une loi anti-dopage plus contraignante.
Plusieurs affaires de dopage suivront notamment en Italie avec le Giro 2001, le procés de la Juventus, le procés du Docteur Michele Ferrari (conseiller médical et ami de Lance Armstrong) ou l'affaire des veuves du Calcio et aux États-Unis avec l'affaire Balco (voir Tim Montgomery).
Aujourd'hui, associcié aux contrôles inopinés, le suivi-longitudinal des sportifs semble être l'arme la plus efficace pour lutter contre le dopage et ses pratiques masquantes puisqu'il permet non plus de détecter les produits dopants mais une modification anormale de la physiologie du sportif.
Dopage d'État
Aprés la chute du mur de Berlin et l'ouverture des archives de la Stasi, on découvre que l'Allemagne de l'Est avait mis au point un vaste programme de dopage de ces sportifs. Les injections de testostérone et d'anabolisants était une pratique courante voir sytématique.
Suite à l'affaire de blanchiment de contrôles positifs par la fédération américaine d'athlétisme révélée par le cas de Jérome Young en 2003, le comité olympique américain a reconnu en 2003 que, depuis les années 80, 24 athlètes ont glané des médailles olympiques après un contrôle positif laissé sans suite. Il faut y ajouter les neuf contrôles positifs mystérieusements disparus lors des Jeux Olympiques d'été de 1984 à Los Angeles.
Dans les années 90, les résultats des Chinois en natation surprennent. Une trentaine de nageurs chinois furent contrôlés positifs. La découverte, le 8 janvier 1998, par les douanes australiennes de somatotropine (hormone de croissance indétectable) dans les bagages de le nageuse Yuan Yuan renforce les doutes sur un possible nouveau dopage d'État en Chine.
Les produits et techniques dopantes par effet recherché
Les pratiques dopantes sont généralements complémentaires et asssociées les unes aux autres augmentant par la même les risques et les inconnus quand aux effets à long terme du dopage sur la santé.
Pour modifier la morphologie
- Les hormones de croissance permettent de jouer sur la morphologie du sportif dans les disciplines où la taille est déterminante. En RDA l'hormone de croissance était administrée très tôt dans la formation du sportif (à l'âge de 14 ans dans le cas de Petra Schneider, médaillée d'or du 400 m 4 nages en 1980).
Pour augmenter la force et la puissance musculaire
L'intérêt d'une masse musculaire plus importante semble évident : la puissance du sportif sera plus grande, ainsi que dans une certaine mesure sa résistance à l'effort.
Familles de produits permettant d'augmenter la masse musculaire :
- Stéroïdes anabolisants (exemple : la THG (tétrahydrogestrinone) produite par le laboratoire Balco) ;
- La créatine n'a aucun effet dopant puisqu'elle n'est pas stockée par les tissus musculaires et ne favorise donc pas l'augmentation de la masse musculaire, en revanche on estime que 60 à 70 % de la créatine commercialisée contient des anabolisants. La créatine, interdite en France, n'est pas inscrite sur la liste des produits dopants, souvent mise en avant par les sportifs elle s'avère être un « masquant médiatique » bien pratique pour dissimuler une prise d'anabolisants et justifier une augmentation suspecte de masse musculaire (exemple de Zinedine Zidane à la Juventus).
- La combinaison de trois acides animés (méthionine, arginine, glycine).
- Les hormones de croissances permettent d'optimiser le rapport poids/puissance musculaire en fonction des disciplines sportives. Par exemple, un cycliste cherche à limiter sa prise de poids lors de prises répétés d'hormones de croissance.
Pour améliorer l'oxygénation
- Le salbutamol est très utilisé dans tous les sports : environ 75 % des sportifs des JO de Lillehammer, en 1994, avaient un certificat médical qui les autorisait à prendre ce médicament afin de soigner leur asthme ; on retrouve les mêmes proportions dans de nombreux autres sports, dont le cyclisme. Elle permet d'améliorer le passage de l'oxygène dans le sang, et donc d'en apporter plus aux muscles.
- Le stage en altitude permet d'accroitre le nombre de globules rouges dans le sang et par conséquent assure une meilleure oxygénation. Toutefois cet effet bénéfique est perdu rapidement au retour à une altitude normale. Il est possible d'effectuer des prises de sang au cours du séjour en altitude ou d'une cure d'EPO. Le sang est stocké jusqu'aux déroulement des épreuves sportives. À ce moment là, il est transfusé au sportif pour qu'il bénéficie à nouveau de l'avantage d'un plus grand nombre de globules rouges dans le sang. Une autre technique consiste à placer le sportif dans un caisson hypobare pour recréer artificiellement les conditions d'altitude et stimuler ainsi la production de gobules rouges.
- EPO : L'érythropoïétine est une hormone naturelle stimlant la production de globules rouges, produite par les reins. L'effet d'augmentation du nombre d'hématies se mesurer par une élévation du taux d'hémoglobine et du taux d'hématocrite dans le sang. Plus de transporteur d'oxygène permet d'augmenter l'apport en O2 aux tissus. . L'inconvénient réside dans l'augmentation outrancière de l'hématocrite, pouvant provoquer des complications cardio vasculaires.
- PFC (perfluocarbone) est un transporteur d'oxygène qui n'augmente pas le taux d'hématocrite mais ce produit est trés dangereux. Il a pourtant été utilisé par l'Équipe Festina.
- L'hémoglobine animale modifiée comercialisée depuis 1998, n'augmente pas non plus le taux d'hématocrite et présente l'avantage de fonctionner dès l'absorption sans augmenter la viscosité du sang. Cela ne diminue pas pour autant les risques d'oedèmes pulmonaires ou cérébraux et d'hémorragies graves.
Pour accroître la concentration
[[Amphétamines], cannabis, alcool, béta-bloquants sont utilisés pour vaincre le stressde la compétitn ou augmenter la concentration du sportif.
Pour se dépasser
- C'est dans la classe des narcotiques que l'on trouve les produits pour oublier la douleur, certains produits comme l'héroïne faisaient partie du « pot belge ».
Les substances interdites les plus connues sont l'héroïne, la morphine et la méthadone.
- Pour vaincre la sensation de fatigue.
- Euphorisants (cocaïne, caféine, amphétamines...)
- Les antalgiques, les analeptiques cardio-respiratoires
- L'insuline.
Pour maîtriser le rythme veille-sommeil
L'usage militaire des amphétamines est bien connu mais cet usage peut aussi être utile dans les disciplines demandant un important maintient de vigilance (Paris-Dakar, voile...). Ils peuvent être associés aux benzodiazépines pour facilier le someil aprés l'épreuve.
Pour perdre du poids
Les diurétiques permettent de perdre rapidement du poids par l'urine. Cela est trés utile dans les sports où rentre en compte les catégories de poids comme la boxe ou lorsque celui-ci est un handicap (aviron, équitation). Les diurétiques sont également de trés bons masquants : ils permettent de diminuer la concentration des produits dopants détectés dans les urines. Mais leur usage n'est pas sans risque : problèmes cardiaques, rénaux, déshydratation, crampes...
Produits masquants
La Ventoline ®, outre ses vertus dopantes, masque les amphétamines.
Autres
Certaines drogues sont également considérées d'un point de vue légal comme des produits dopant même si les bénéfices sur les capacités physiques sont nuls. C'est ainsi que certains sportifs sont positifs au contrôle antidopage après avoir fumé du cannabis. Même si la consommation en est interdite aux sportifs pour des raisons morales, leur effet relaxant peut dans une certaine mesure être dopant.
Conséquences sur la santé
Le dopage met en danger la santé du dopé. Plusieurs coureurs cyclistes qui ont avoué avoir pris de l'EPO, ont raconté que leur soigneur les réveillait la nuit pour leur faire faire de l'exercice. L'objectif est d'éviter un arrêt cardiaque à cause d'un effet secondaire du produit dopant. En effet, l'amélioration de l'oxygénation des muscles s'obtient grâce à une augmentation du nombre des globules rouges, ce qui épaissit le sang. Quand le cœur, au repos, ralentit, le sang devient de moins en moins fluide, et peut arrêter le cœur.
Dans son ouvrage le dopage en question, Jean-François Bourg indique que l'espérance de vie d'un joueur professionnel de football américain ne dépassait pas 55 ans dans les années 1990. Selon le docteur Jean-Pierre de Mondenard, qui à étudié les dossier médicaux des participants du tour de France depuis 1947, pour les coureurs le risque de décès cardiaque avant 45 ans est cinq fois supérieur à la moyenne.
Le boxeur Bob Hazelton a du se faire amputer des deux jambes.
Voir l'article détaillé Conséquences du dopage sur la santé
Sportifs morts prématurément
Cette liste est donnée en tenant compte du fait que des sportifs, en excellente condition physique, ont des atouts pour vivre plus longtemps que la moyenne. Pour certains, le dopage est avéré, et a même causé directement la mort.
- Jacques Anquetil mort d'un cancer à 53 ans ;
- Florence Griffith Joyner à 39 ans ;
- le Gallois Arthur Linton, mort 15 jours après avoir remporté le Bordeaux-Paris en 1896 (21 heures de course), des suites d'une surconsommation de strychnine
- Marco Pantani
- Tom Simpson, mort d'une consommation excessive d'amphétamines sur le Mont Ventoux le 13 juillet 1967
- Le cycliste danois, Knud Enemark Jensen, meurt d'une consommation excessive de Ronicol au cours des 100 km contre la montre par équipes lors des Jeux Olympiques d'été de 1960 à Rome.
- Le footballeur Marc-Vivien Foé, mort d'une crise cardiaque en plein match.
- Fabrizio Meoni est victime d'une crise cardiaque à l'âge de 48 ans sur le Paris-Dakar 2005.
Aspects juridiques
Effets médiatiques sur les sports concernés
Le dopage concerne principalement les sportifs de haut niveau, mais aussi amateurs. Ces dernières décennies, le dopage transparaît dans les médias lors de grands scandales: élimination de coureurs connus lors du Tour de France cycliste, trois footballeurs morts d'arrêt cardiaque en quelques mois fin 2003 et début 2004, etc.
Outre les morts prématurées de jeunes personnes ou les maladies développées (voir les athlètes féminines de l'ancienne RDA), ces scandales suscitent la crainte des sponsors des grands événements sportifs: ces entreprises prêtes à investir des sommes conséquentes pour que leur marque apparaissent le plus possible, ne veulent cependant pas que leur nom soit associé à des pratiques illégales.
Pour ne pas effrayer les sponsors, la « loi du silence » s'impose dans les équipes et les médias. Les instances sportives sont également complices : les fédérations de nombreux sports renoncent quasiment aux contrôles, celles du base-ball et du football américain l'autorisant même jusqu'à il y a peu de temps.
Liens externes
Substances et méthodes interdites : [1]
Cyclisme et dopage : [2]
Un dossier du CNRS : [3]
L'actualité du dopage : [4]
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