Dom Juan ou le Festin de pierre
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Dom Juan ou le Festin de Pierre est une tragi-comédie de Molière en cinq actes crée le 15 février 1665.
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Résumé
Cette pièce décrit un personnage infidèle, séducteur, libertin, blasphémateur et hypocrite Dom Juan. Dom Juan, jeune noble vivant en Sicile, accumule les conquêtes amoureuses, séduisant les jeunes filles nobles et les servantes avec le même succès. Seule la conquête l'intéresse et les jeunes femmes sont abandonnées dès qu'elles sont séduites. Ses conquêtes lui valent certaines inimitiés et certains duels auxquels il ne se dérobe pas. Il affiche un certain cynisme dans les relations avec ses proches, remet en question les dogmes religieux. Il aime les défis, jusqu'au défi final : le repas avec la Statue du Commandeur qui l'emportera dans l'au-delà.
Réactions
Cette pièce de Molière suscita à sa création une levée de bouclier de la part de la Cabale. Écrite juste après Tartuffe où Molière fustigeait l'hypocrisie de certains dévots, elle semble aux yeux des religieux de l'époque une apologie du libertinage. Le seul défenseur de la religion semble être Sganarelle pour lequel la religion ressemble fort à de la superstition et dont le rôle comique est indéniable. Elle va donc subir, dès sa deuxième représentation une attaque en règle. On demandera à Molière de supprimer certaines scènes (scène du pauvre) et certaines répliques (mes gages, mes gages) qui semblaient tourner en dérision la religion. Elle ne sera éditée qu'en 1682 dans des versions souvent mutilées et ce n'est qu'en 1884 qu'elle sera rejouée pour la première fois dans sa version originale.
Les intentions de Molière
Molière entretient l'ambiguité sur ses intentions en décrivant un personnage qui n'est pas totalement noir. Il est intelligent et courageux. Dans ses duels verbaux contre Sganarelle, contre son créancier et contre son père, il gagne haut la main. D'autre part, son cynisme et son hypocrisie ne peuvent que révulser le spectateur.
En fait, la pièce est une réflexion sur le libertinage et ses excès. Molière est adepte de la libre pensée, mais respecte les convictions religieuses. Il s'attaque principalement à toute forme d'hypocrisie que ce soit celle du dévot Tartuffe et celle du libertin Dom Juan prêt à tout pour satisfaire ses plaisirs. La fin de Dom Juan sert de conclusion et de morale : le cynisme et l'hypocrisie du personnage sont punis par sa mort.
Le personnage de Sganarelle vient en contrepoint, donner de l'humanité et du rire à une pièce qui sans lui aurait été bien noire.
Dom Juan ou la démesure
Certains voient dans Dom Juan, l'archétype de la démesure.
Grand seigneur méchant homme d'une insolence totale, Dom Juan manie avec aisance l'ironie et le sarcasme, l'impertinence et l'offense, l'irrévérence et l'irrespect. Il personnifie une lutte impitoyable entre le classicisme et le baroque. Tel Prométhée, il se libère par la mort, c’est-à-dire il entre dans la (dé)mesure triomphante.
