Dolmen
Dolm_herault.jpg
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Définition et description
Un dolmen est une sépulture mégalithique préhistorique (entre la fin du Ve millénaire av. J.-C. et la fin du IIIe millénaire av. J.-C. en Europe, au Ier millénaire av. J.-C. en Extrême-Orient) constituée d'une ou plusieurs grosses dalles (tables) posées sur des pierres verticales qui lui servent de pieds (les orthostates). Le tout étant originellement recouvert, maintenu et protégé par un tumulus.
| Image manquante Dolmen_elements.gif Éléments structuraux d'un dolmen | Les plus petits dolmens ressemblent, en l'état actuel, à des tables, mais les plus gros peuvent abriter plusieurs personnes entre leurs pieds. Il s'agit de chambres et galeries de tumulus (buttes artificielles), dont la partie meuble (remblais) a été érodée au cours des siècles. Leur architecture comporte parfois un couloir d'accès qui peut être construit en dalles et/ou en pierre sèche. La chambre sépulcrale peut aussi être précédée par une « antichambre ». Dans certains dolmens l'entrée présente une porte taillée dans une ou plusieurs dalles verticales.
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Étymologie
Il semble que ce soit Théophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne qui soit l'"inventeur" du terme « dolmen », dans son ouvrage Origines gauloise. Celles des plus anciens peuples de l'Europe puisées dans leur vraie source ou recherche sur la langue, l'origine et les antiquités des Celto-bretons de l'Aarmorique, pour servir à l'histoire ancienne et moderne de ce peuple et à celle des Français, publié entre 1792 et 1796.
Son appellation « dolmen », sera vite relayée par Pierre Jean-Baptiste Legrand d'Aussy (1737-1800) qui proposera une interprétation différente de la fonction du dolmen en y voyant, non plus une table de sacrifice ou un autel comme le pensait Malo Corret, mais bien une sépulture.
Le 7 ventôse de l'an VII (25 février 1799), Legrand d'Aussy fait, à l'Institut, une lecture de son ouvrage, Des sépultures nationales, publié par la suite en 1824 et dont voici un extrait :
- « M. Coret, parlant d'une de ces tables que je ferai connaître bientôt, et qu'on voit à Locmariaker, dit qu'en bas-breton on l'appèle dolmin. Je saisis de nouveau cette expression, qui, comme les deux précédentes, m'est nécessaire. Dans un sujet totalement neuf, et dont par conséquent le vocabulaire n'existe pas, je suis forcé de m'en faire un; et quoique, par mon droit, je fusse autorisé à créer des mots, je préfère néanmoins d'adopter ceux que je trouve existans, surtout quand ils me donnent, comme le bas-breton, l'espoir de représenter les anciennes dénominations gauloises. J'adopte donc le mot dolmine, et je vais l'employer pour désigner les tables dont je parle. »
(NB : L'orthographe de l'extrait est restituée telle quelle)
Le terme semblerait forgé à partir des mots bretons
- t(d)aol (apparenté au latin tabula?), table
- et men, pierre.
A noter que ce mot n'est pas un mot breton et que s'il avait été attesté dans cette langue, il aurait été écrit « taol-men », « un daol-ven » (un dolmen), « ma zaol-men » (mon dolmen).
Le mot breton authentique pour désigner un dolmen est en fait « Liah vaen », variante « Liaven » ou « lieven » et « leven » dans les composés...
Très différemment, certains dictionnaires étymologiques avancent que ce terme aurait été forgé outre-manche, à partir du cornique « tolmen », qui aurait désigné à l'origine un cercle de pierres ou une pierre trouée…
Fonction
Les dolmens étaient des sépultures collectives à caractère réutilisables. Cela explique que dans certains dolmens, on ait pu découvrir les restes humains de plusieurs centaines d'individus. Un peu à l'image de nos caveaux familiaux, les dolmens pouvaient servir bien plus longtemps qu'aujourd'hui et il est sûr que certaines tombes ont dû servir des siècles. Par ailleurs, il est aussi certain que ces sites archéologiques ont pu avoir une fonction religieuse.
Image manquante Paço_das_vinhas.jpg Dolmen de Paço das Vinhas, Portugal | 2000 ans plus tard, les Celtes les ont parfois utilisées à des fins religieuses. On prétend notamment qu'ils ont été construits au croisement de lignes de forces telluriques et seraient porteur de pouvoirs magnétiques que détectaient les druides.Cependant, rien ne permet d'affirmer une telle hypothèse. | Image manquante GRAMMONT.jpg Dolmen de Grammont, Hérault, France |
Localisation
Carte_Mégalithes_France.jpg
Les zones de couleur verte (Bretagne, Vendée, Limousin, Quercy, Causses, Languedoc, Ardèche) et orange (Corse) marquent les régions de forte implantation de dolmens, menhirs et cromlechs. Les autres zones sont pourvues en monuments mégalithiques mais de façon nettement moins importante
Cinquante mille dolmens ont été recensés dans le monde. Vingt mille d'entre eux se trouvent en Europe, où ils sont très nombreux dans certaines régions de France (environ 4500 dolmens disséminés dans une soixantaine de départements), surtout en Bretagne, Quercy avec 600 à 800 dolmens, Ardèche avec 800 dolmens dans ce seul département, l'Aveyron (1000 dolmens) et le Languedoc avec au moins 600 dolmens. En France, on croit toujours que le plus grand nombre de dolmens se situe en Bretagne. il n'en est rien car en fait le département de l'Aveyron, avec 1000 dolmens, en totalise à lui seul plus que toute la Bretagne réunie.
Pour schématiser l'implantation des dolmens en France, on peut partir de l'ouest du pays avec la Bretagne puis en descendant par les Pays de Loire et la Vendée pour ensuite rejoindre plus au sud les causses du Quercy et de l'Aveyron et enfin arriver en bord de mer Méditerranée au Languedoc (voir carte).
Image manquante Barrocal.jpg Dolmen de Barrocal, région d'Evora,Portugal | Image manquante DOLMEN_DE_BRAMONAS.JPG Dolmen de Bramonas, Causses de Lozère, France |
On en trouve aussi en Irlande, au Pays de Galles avec notamment les « portal dolmens », dans les comtés anglais du Devon et de Cornouailles, au Portugal avec les sites spectaculaires du Haut-Alentejo près de la ville d'Evora, dans le sud de l'Espagne avec les sites remarquables d'Antequera qui compte parmi les dolmens les plus imposants au monde, en Allemagne du Nord, en Scandinavie, en Afrique du Nord, en Inde et plus modestement en Syrie, en Éthiopie et en Crimée (Russie).
La Corée recèle à elle seule 30000 dolmens, de différents types, élevés sur tout le Ier millénaire av. J.-C., et selon des techniques évolutives. On en trouve également au Japon mais de période beaucoup plus récente. Les dolmens sont absents des continents américain et australien.
Voir aussi
Liens externes
- Mégalithes du Morbihan
- Le plus grand dolmen de France
- Comment étaient construits les dolmens
- La France des mégalithes
