Dogmes et doctrines (christianisme)

Cet article tente de définir la relation entre dogmes et doctrines telle que ressentie et vécue dans le catholicisme romain. Il débouche sur la conception du dogme dans les autres christianismes.

Sommaire

Définition provisoire de dogme

Un dogme au sens courant du terme est une croyance admise par un groupe ou une organisation comme indiscutable, sans référence à une preuve, une analyse critique ou des faits établis.

Christianisme ancien

Les dogmes religieux n’existent en tant que tels que dans le christianisme  ils sont décidés et promulgués par les conciles depuis le IVe siècle jusqu’en 1854 et sont considérés comme des principes de base auquel tout fidèle doit adhérer sous peine de sanctions temporelles et spirituelles.

Voir l’article spécialisé Dogmes catholiques.

Catholicisme

En ce qui concerne le catholicisme, le pape, dans certaines circonstances peut aussi en définir. Ils se distinguent clairement des opinions théologiques que le fidèle est libre de refuser : en tant qu’imposé par l’autorité, le dogme ne peut être disputé, révisé ou mis en doute, mais doit être accepté par foi par tous ceux qui reconnaissent l’autorité qui l’édicte. Ils ne peuvent discuter ni étendre les dogmes qu’à condition de ne pas contredire l’essence de l’enseignement dogmatique précédent.

Le refus du dogme est appelé hérésie par les dénominations dogmatiques et mènent à l’exclusion de l’hérétique (excommunication) ou à son extermination.

Pour les croyants occidentaux des christianismes d’autorité, les doctrines contenues dans le credo de Nicée ne reflètent que la partie doctrinale du dogme.

Par exemple :

D’une façon générale, dans le catholicisme, c’est l'Enchiridion qui fait foi, à savoir la Curie romaine. En aucun cas, le catholicisme ne fonde ce qu’il reconnaît comme dogme ou doctrine sur les données des patriarcats orthodoxes.

(*) H. Denzinger et A. Schönmetzer, Enchiridion Symbolorum, Definitionum et Declarationum de Rebus Fidei et Morum, Editio XXXVI emendata, Romæ, 1976.

(**) Macchi’ach, titre royal des rois de Juda réputés « fils de David », et qui représente dans la période post-exilique, le roi idéal susceptible de rendre à Israël son indépendance et son importance au sein des nations. (Voir cahiers Évangile, Le Messie de l’Exil au premier siècle de notre ère)

Dogme

Dans son Introduction à la théologie chrétienne (1967, le Seuil), Claude Tresmontant définit ainsi le dogme dans son introduction :

« Jusqu’en 1854, un dogme est une formulation juridique promulgué à l’occasion d’un concile et visant à résoudre un cas de controverse. Il comprend une formulation doctrinale et une formule de condamnation de l’autre partie. Par la formulation négative de la doctrine, on peut dire qu’il désigne l’hérétique, frappé d’anathème, plus que le croyant. En toute rigueur, le dogme doit être désigné par le concile qui lui a donné naissance et par l’adversaire contre lequel il a été promulgué. »

Doctrine

La doctrine entretient un rapport complexe avec le dogme :

Pour se faire une idée de ce qu’est la disputatio, se reporter au traité De Veritate de Thomas d'Aquin qui reprend chacune des propositions possibles sur une question, y compris les propositions adverses en examinant les cas de possibilité et d’impossibilité selon la logique d’Aristote.

Si le dogme est toujours promulgué par l’autorité (généralement le concile), la doctrine est le fruit du travail des théologiens (Vocabulaire Philosophique de Lalande), en sorte que le croyant ne voit pas la différence et nommera facilement dogme ce qui est doctrine.

Adiaphora

Ce mot grec a pour singulier adiaphoron.

Sont adiaphora les doctrines qui ne sont pas obligatoires mais qui peuvent aider la foi. Ainsi en est-il des apparitions de personnages bibliques et des miracles, même reconnus par l’Église catholique.

Autres christianismes

Christianismes orientaux

Le dogme est fait pour exclure. Ainsi se sont formées les églises orthodoxes des deux, trois ou sept premiers conciles œcuméniques, selon que l’on est nestorien, monophysite, ou orthodoxe.

Églises issues de la Réforme

Leur conception est toute différente. Pour elle le dogme ne fait pas le chrétien, au contraire de ce qui se passe dans les religions d’autorité.

Voir Dogmes catholiques section 2 « Usages du dogme ».

Voir aussi

See also: Dogmes et doctrines (christianisme), 1854, Anathème, Apôtre, Aristote, Augustin d'Hippone, Catholicisme, Christianisme, Concile