Digital Radio Mondiale

Sommaire

Principe

Digital Radio Mondiale est un standard non propriétaire de radiodiffusion numérique (voir radio numérique) pour les ondes courtes, moyennes et longues (fréquences en dessous de 30 MHz). Il a été développé par un consortium de diffuseurs, de constructeurs d'émetteurs/récepteurs et de centres de recherche.

Le consortium existe depuis 1998, et le lancement officiel du système DRM a eu lieu en juin 2003 à Genève. Le standard est disponible à l'ETSI (référence : ES 201 980) et est reconnu par l'Union internationale des télécommunications (ITU) comme moyen de radiodiffusion numérique pour ces gammes d'ondes.

L'idée de base pour la création de ce standard numérique est que les ondes courtes, moyennes et longues offrent en analogique déjà un certain nombre d'avantages par rapports aux autres systèmes de radiodiffusion (satellite, terrestre VHF, ...):

Par contre la diffusion numérique offre toutes sortes d'avantages par rapport à la diffusion analogique traditionnelle en AM :

Depuis le lancement officiel, le nombre de stations émettant en DRM ne cesse d'augmenter et celles-ci peuvent souvent être captées dans toute l'Europe.

La réception de programmes émettant en DRM implique forcément l'utilisation d'un nouveau récepteur. Pour le moment (2004), ceux-ci se font rares mais il est d'ors et déjà possible de réceptionner les signaux en utilisant certains récepteurs AM traditionnels en les modifiant et en les couplant à un ordinateur qui se charge du décodage grâce à un logiciel.

Technique du système

Codage de source

Les débits de donnée utiles atteints par DRM vont de 8 kbits/seconde à 20 kbits/seconde pour un canal de radiodiffusion standard (10kHz de largeur de bande) et peuvent même aller jusqu'à 72kbps en couplant plusieurs canaux. Le débit dépend aussi de plusieurs autres paramètres comme le niveau de robustesse souhaité (correction d'erreur), la puissance et les conditions de propagation. Ainsi plusieurs possibilités existent dans DRM pour coder le signal audio, ce qu'on appelle le codage de source :

Le diffuseur peut ainsi choisir le mode qu'il souhaite en fonction de ses besoins. Le mode le plus couramment utilisé actuellement est le AAC+SBR qui permet une reproduction avec une qualité proche à de la diffusion FM. Celui-ci nécessite cependant un débit de donnée suffisant (au moins 17kbps).

Largeur de bande

La diffusion peut être effectuée sur différentes largeurs de bande:

Modulation

Pour la transmission, la modulation utilisée par DRM est l'OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing) où chaque porteuse est modulé en QAM (Quadrature Amplitude Modulation) avec un codage d'erreur qui peut être variable.

Le choix des paramètres de transmission dépend de la robustesse souhaitée et des conditions de propagation des ondes radio. La transmission est en effet affectée par le bruit, les perturbations, les trajets d'onde multiples et l'effet Doppler.

Il est ainsi possible de choisir entre plusieurs niveaux de codage d'erreur et plusieurs constellations : 64-QAM, 16-QAM et 4-QAM. La modulation OFDM possède également des paramètre qui doivent être ajustés en fonction des conditions de propagation. Il s'agit en gros de l'espacement entre les porteuses qui déterminera la robustesse face à l'effet Doppler (décalages en fréquence) et l'intervalle de garde qui déterminera la robustesse face aux trajets d'ondes multiples (décalages en temps). Le consortium a donc fixé quatre modes possibles fixant les paramètres OFDM. Les voici en commencant par le canal aux conditions de propagation les plus favorables :

Le compromis entre tout ces paramètres se situe entre robustesse par rapport aux conditions de propagation et débit de donnée utile disponible pour le service.

Entrelacement en temps (time interleaving)

Un autre mécanisme est en place pour pallier aux perte de signal profonde (deep fading) dûes aux conditions de propagation ou perturbations transitoires. C'est l'entrelacement en temps (time interleaving) qui consiste à mélanger, brasser sur un certain temps les données de telles manière qu'une perte de signal soit réparties en peu erreurs sur une longue durée plutôt qu'en beaucoup d'erreurs sur une courte durée. En effet, les mécanismes de correction d'erreur sont plus à même de corriger des erreurs dispersées plutôt qu'un longue suite d'erreurs qui se suive (une disparition soudaine du signal). DRM spécifie donc 2 temps d'interleaving possible : 400 millisecondes ou 2 secondes. À noter que plus le temps d'interleaving est long plus le récepteur mettra de temps à recevoir le signal lorsque l'on change de fréquence.

Canaux logiques

En fait certaines composantes du système ont besoin d'être plus fortement protégées que d'autres pour assurer la transmission. Pour cela le système DRM effectue un multiplexage de différents canaux en un seul avant la transmission. Chaque canal a la possibilité d'avoir une robustesse différente grâce à une constellation (QAM-16, QAM-64, ...) et un codage d'erreur différent (par contre le mode de transmission OFDM est le même pour tout ces canaux). Ces canaux sont :

Conclusion

Contrairement à de la diffusion analogique AM, la diffusion numérique DRM offre un grand nombre de degrés de libertés au diffuseur pour le codage du son et la transmission. Cela implique donc qu'il définisse précisément ses besoins et sa zone de couverture. Ceci reste heureusement tranparent pour l'auditeur car le récepteur se règle automatiquement.

Références et liens externes

See also: Digital Radio Mondiale, 1998, 2003, Advanced Audio Coding, ETSI, Effet Doppler, Fréquence, MPEG-2, MPEG-4, Modulation d'amplitude