Dépression (médecine)
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La dépression est une affection médicale résultant de l'interaction d'un ensemble de facteurs biologiques (déséquilibre dans la chimie des neurotransmetteurs du cerveau), psychologiques et sociaux (ex : chômage). Elle est caractérisée par la persistance des symptômes suivants :
- Troubles du sommeil
- Manque d'énergie
- Irritabilité
- Mal de vivre
La dépression est une maladie grave qui peut avoir des conséquences sérieuses si elle n'est pas traitée.
| Sommaire |
Différents types de dépression
Il existe une quinzaine de dépressions différentes, avec, entre autres :
- La mélancolie
- considérée comme la forme la plus grave d'état dépressif majeur ; elle se caractérise par :
- l'intensité de la douleur morale
- l'importance du ralentissement psychomoteur
- une aboulie complète
- des contenus de pensée particulièrement négatifs et désespérés
- un sentiment de culpabilité omniprésent
- un sentiment d'incurabilité
- des idées « noires » (idées d'être puni de mort, ruminations suicidaires…)
- une anorexie grave
- des réveils matinaux précoces dans un état d'angoisse douloureux.
- On parle également de mélancolie stuporeuse lors d'un ralentissement psychomoteur très intense. À savoir : immobilité totale, état prostré, incapable de boire ou de s'alimenter.
- Les dépressions psychotiques
- Elles se caractérisent par des délires de culpabilité, de honte universelle, de punition, de damnation, de possession diabolique, d'ensorcellement, de métamorphose en un animal repoussant, d'appauvrissement mental, de négation d'organes, de contagiosité (sida) ...
- Les dépression hostiles, agressives
- La personnalité du sujet semble avoir changé radicalement. Il est devenu plus agressif, plus impulsif, ses colères sont mal maîtrisées, il a des violences soudaines inhabituelles…
- Cela viendrait du fait que le sujet ne supporte plus l'idée d'être l'objet de remarques blessantes (existantes ou supposées) à son égard : « Secoue toi », « Tu as tout pour être heureux », ...
- Les dépressions pseudo-démentielles
- Elles se caractérisent par des troubles graves :
- de la mémoire
- de l'orientation
- de la vigilance
- du jugement
- de régression affective
- des performances intellectuelles
- On les rencontre généralement chez les sujets âgés, rarement chez des sujets jeunes.
- Les dépressions masquées, hypocondriaques
- Elle se caractérise par une absence de symptômes de l'humeur dépressive avec une prépondérance des plaintes somatiques. Elles prennent souvent l'aspect d'une douleur atypique, continue, fixée, qui reste malgré la prescription d'antidouleur. Le sujet est souvent inconscient qu'il souffre moralement, c'est la raison pour laquelle il « somatise ».
- Les dépressions anxieuses, agitées
- Ces sujets courent un risque suicidaire élevé. Contrairement aux caractéristiques courantes de la dépression, l'agitation psychique et motrice sont majeures, ils sont enclins à des crises de panique.
- La dépression endogène
- Cette dépression est caractérisée par une douleur morale patente contrastant avec une indifférence affective (appelé également anesthésie affective) pour l’extérieur, un pessimisme foncier, une inhibition marquée, des thèmes d’autoévaluation et d’autoaccusation des idées délirantes de ruine, de catastrophe d’incurabilité, une insomnie par réveil précoce, une anorexie avec amaigrissement, un dégoût de la vie inaccessible à toute argumentation. La fluctuation des symptômes dans la journée est particulière dans les dépressions endogènes : très marquée au réveil (le matin) ils tendent à s’estomper en fin de journée. Dans l’ensemble, le déprimé mélancolique méconnaît l’aspect pathologique de son état et refuse tout recours médical, jugé inutile.
- Forme unipolaire et bipolaire de dépression : La dépression endogène est souvent l’expression de la psychose maniaco-dépressive. Celle-ci, initialement bien délimitée, tend à être divisée en catégories à cause des aspects évolutifs, des antécédents familiaux et des réponses thérapeutiques inégales au même traitement. La forme bipolaire est constituée d’accès dépressifs et d’épisodes d’excitation euphorique, séparés par un intervalle libre.La forme unipolaire est quand à elle définie par la survenue répétitive d’un seul type d’accès en règle dépressif.
Il existe également les dépressions saisonnières, secondaires, dues à, des médicaments, une affection organique, une affection psychiatrique, ou encore les dépressions alexthymiques ou d’involution.
Causes
La dépression est vue, de nos jours comme résultant de l'interaction d'un ensemble de facteurs (causes) biologiques, psychologiques et sociaux (ex : chômage)
Facteurs biologiques
Depuis une soixantaine d'années, plusieurs études montrent que certaines personnes ont une vulnérabilité génétique (transmise héréditairement) par rapport à la dépression. Ces études portaient notamment :
- sur des jumeaux homozygotes (identiques) et des jumeaux hétérozygotes qui furent adoptés par des familles différentes,
- sur des enfants adoptés issus de parents biologiques atteints d'une dépression ou d'une maniaco-dépression ou non atteints, etc.
Par ailleurs, à chaque état psychologique correspond un état physiologique. Nous sommes habitués de considérer cet aspect en ce qui concerne le stress, par exemple, que nous relions à l'adrénaline. Cela fait partie du langage populaire. Des études ont montré la présence de différentes dysfonctions neurobiologiques chez les gens déprimés. Entre autres, les niveaux de sérotonine et la noradrénaline (des neurotransmetteurs) sont impliqués dans la dépression.
L'aspect physiologique n'est pas pour autant nécessairement « la cause » de la dépression. Voici ce qu'en dit le Dr. Michael Spevack (en préface du livre « Être bien dans sa peau », voir la section Références) : « On sait maintenant qu'il s'agit d'un cercle vicieux où chaque facteur influence et aggrave l'autre : les pensées négatives ont pour effet d'abaisser l'humeur, ce qui entraîne fort probablement un certain déséquilibre dans la chimie du cerveau. En s'attaquant au traitement de l'un ou l'autre de ces facteurs, on peut aider les gens à se sentir mieux. »
Facteurs psychologiques
Les aspects biologiques, cognitifs (mentaux), émotifs et comportementaux du fonctionnement humain sont en constante interaction. Une modification de n'importe lequel de ces aspects a un impact sur les autres. Lorsqu'une personne est dépressive, elle a tendance à voir la réalité de façon plus négative. En retour, cette interprétation plus négative amplifie les émotions dépressives. D'autre part, les interprétations négatives de la réalité et les émotions dépressives influencent les comportements (amenant par exemple de la passivité) qui, en retour, ont un impact sur les pensées et les émotions.
Par ailleurs, la dépression se développe habituellement en réaction à un événement ou une situation générateur de stress. Cependant, selon nos façons de voir les choses, nous ne présentons pas tous la même vulnérabilité face aux différents types de causes de stress.
Les facteurs génétiques (ou héréditaires)
Il est maintenant reconnu que certains facteurs génétiques jouent un rôle dans la création du déséquilibre chimique dans le cerveau d'une personne lorsqu'elle vit une dépression. Même si certains gènes sont impliqués dans la dépression, il ne semble pas qu’ils déclenchent inévitablement la maladie. Ils se contenteraient de transmettre une susceptibilité à entrer plus facilement dans un état dépressif. Susceptibilité qu’un événement extérieur où une personnalité particulière pourrait transformer en véritable dépression.
Il est également important de réaliser que peu importe le ou les facteurs ayant précipité une personne dans un état dépressif, la voie finale commune de la dépression, si l’on peut dire, implique un déséquilibre de certains neurotransmetteurs dans le cerveau.
Facteurs sociaux
Un environnement pénible (rythme de vie effréné, soucis professionnels et/ou familiaux, chômage, divorce, deuil, isolement) perturbe l'état de santé plus ou moins gravement, plus ou moins longtemps.
L'enfance est un moment-clé : il existe des preuves que les personnes ayant subi dans leur enfance la perte de personnes importantes sont davantage sujettes à des dépressions plus tard dans leur vie.
L'importance et la qualité du soutien que nous recevons par nos relations interpersonnelles (proches parents, conjoints, enfants, amis...) peut nous protéger contre le stress et les tensions de la vie quotidienne, et réduire les réactions physiques et émotionnelles au stress, l'une d'entre elles pouvant être la dépression.
D'autre part l'absence d'une relation étroite, de confiance, peut augmenter le risque de dépression. Les mauvais traitements ou l'infidélité d'un ou d'une partenaire sont des facteurs aggravants. Il est démontré que le mariage peut d'une certaine manière protéger contre le développement de la dépression chez les hommes et les femmes si des tâches telle que s'occuper de la maison ou des enfants sont partagées. Cependant, les femmes qui ne travaillent pas et qui restent à la maison pour s'occuper des enfants en bas âge sont plus susceptible de dépression, particulièrement lorsque la garde des enfants et des problèmes d'argent entrent en ligne de compte, et le taux de dépression après la perte d'un époux est accru.
Symptômes
Le premier signe est souvent constitué par une modification du comportement habituel d'une personne. Par exemple, une personne précédemment enjouée et sociable peut devenir irritable et renfermée. Il ou elle peut perdre son intérêt pour des activités précédemment appréciées, ou peut commencer à souffrir de troubles du sommeil ou de l'appétit. Chaque personne étant unique, les signes de dépression diffèrent considérablement d'une personne à l'autre. Les symptômes de dépression peuvent comprendre :
- L'humeur triste et désespérée. Le malade est sans joie et opprimé, parfois il est incapable de percevoir tout sentiment. En général l'humeur est au pire le matin.
- Conscience de soi amoindrie et sentiment de culpabilité : Des pensées fréquentes sont « j'ai échoué ; je suis fautif ; je suis une charge pour les autres ; je n'ai pas d'avenir ; plus rien n'a de sens »
- Perte d'intérêt : les habitudes se modifient, les passe-temps sont délaissés, tout semble monotone et vide.
- Perte d'énergie : les dépressifs se sentent sans force, ils sont rapidement épuisés, le travail de routine devient pour eux une épreuve de force.
- Angoisse : outre les appréhensions concrètes contraignantes, il existe souvent des peurs sans fondement,qui peuvent entraîner des idées délirantes .Les pensées tournent autour des thèmes de l'échec,de la faillite,de la culpabilité et des graves maladies.
- Troubles de la pensée : La pensée est perturbée. Tout tourne invariablement autour des mêmes pensées négatives.
- Incapacité décisionnelle : Etre sans cesse écartelé, devoir ou vouloir tout ressasser jusqu'au bout, indécision.
- Troubles de l'interprétation et de la perception : Seules les choses négatives sont perçues. Le malade a le sentiment de souffrir de vieillissement précoce avec des troubles de la pensée.
- Agitation interne : Nervosité et déambulations sans but précis
- Absence de sentiment réel de maladie : En dépit de troubles massifs et de la souffrance qui en résulte, la personne dépressive n'a généralement pas le sentiment d'être réellement malade, mais est accablée par les sentiments de culpabilité et se fait des reproches.
- Plaintes somatiques fréquentes : Troubles de l'endormissement, troubles du sommeil, réveil matinal précoce, lassitude généralisée...
Parfois, outre les symptômes de dépression, de nombreuses personnes dépressives peuvent aussi se plaindre de problèmes physiques. Par exemple, un individu peut se plaindre de douleurs chroniques et de maux qui ne peuvent être expliqués, tels que des maux de tête, des douleurs persistantes au dos ou à l'estomac. Les personnes dépressives peuvent aussi se plaindre de problèmes digestifs, de bouche sèche ou de constipation, et certaines peuvent même souffrir de douleurs inexpliquées dans diverses parties du corps. Etre constamment préoccupé, anxieux ou irritable peut aussi représenter d'éventuels signes « masqués » de dépression.
Les troubles biologiques
- Perturbation de la transmission chimique cérébrale, ou la neurotransmission ?
Les recherches sur les causes de la dépression ont mené certains chercheurs à se pencher sur la chimie du cerveau. Au début des années cinquante, certains neurotransmetteurs de la classe des monoamines attirèrent l’attention. Ces neurotransmetteurs, tous dérivés d’un acide aminé, comprenaient la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine. On sait maintenant qu’un mauvais fonctionnement du circuit de noradrénaline ou de sérotonine contribue à la dépression chez certains individus, mais les neurotransmetteurs commencent à peine à livrer leurs mystères et même aujourd’hui, on ne connaît pas encore toutes leurs implications sur le comportement humain.
L’une des hypothèses est que : la recapture présynnaptique des monoamines est trop forte, ce qui créer un manque de ces neurotransmetteurs. Il a aussi été démontré que les neurotransmetteurs sont détruits pendant leur traversée par des enzymes, les monoamines oxydases. La noradrénaline est détruite en une substance qui se dose dans les urines le méthoxyhydroxyphénylglycol ou MHPG or on a vu chez de nombreux déprimés une excrétion urinaire de MHPG (venant de la noradrénaline) diminuée. L'action de cette enzyme serait donc trop forte.
- Une maladie des récepteurs cérébraux ?
Cette théorie évoque une anomalie du nombre des récepteurs post-synaptiques. Elle concerne encore les monoamines neuromédiatrices mais selon un modèle différent. Le nombre des récepteurs où viennent se fixer les neurotransmetteurs après leur traversée de la synapse n’est pas fixée mais il se modifie en fonction de leur quantité afin de maintenir une transmission d’influx assez constante :
- s’il y a beaucoup de neurotransmetteurs, le nombre des récepteurs va tendre à diminuer. Le message nerveux passera mal.
- si à l’inverse, il y a peu de transmetteurs le nombre s’accroît pour recevoir au mieux les neurotransmetteurs afin de préserver le plus possible la transmission. S'il s'accroît trop les récepteurs ne sont plus assez stimulés.
Dépression saisonnière
La dépression saisonnière s'installe à l'automne ou au début de l'hiver et dure jusqu'au printemps. Ses symptômes sont ceux de tout épisode dépressif : tristesse permanente, perte d'intérêt générale, irritabilité, troubles de sommeil, perte ou gain de poids, pensées suicidaires. Les symptômes de la dépression saisonnière se distinguent de ceux des bleus de l'hiver, lesquels ne nous empêchent pas de continuer à assumer nos activités quotidiennes. Ceux qui souffrent de dépression saisonnière sont très affectés dans leur quotidien, que ce soit sur le plan travail ou des relations. La cause exacte de ce type de dépression n'est pas connue, mais la diminution de l'intensité de la lumière naturelle et de sa durée semble jouer un rôle important. Son traitement repose sur la psychothérapie et sur les médicaments aitidépresseurs. De façon complémentaire, il existe une thérapie spécifique à la dépression saisonnière, soit la photothérapie. Elle consiste en des séances d'exposition à la lumière dans des cabines spécialement aménagées, ce qui permet de lutter contre la diminution de la lumière naturelle. La photothérapie est évidemment très efficace pour contrer les bleus des longs hivers québécois !
Voir aussi
Liens externes
- Baisser la consommation d'anxiolytiques et d'hypnotiques, lettre d'information aux médecins de la CPAM du Havre
