Décolonisation

La décolonisation est un processus d'émancipation des colonies par rapport aux métropoles, Elle implique le plus souvent l'accession à l'indépendance des pays colonisés. Elle est supposée avoir commencé dès 1775 en Amérique, mais c'est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que le terme naît, au moment où le phénomène prend une véritable ampleur mondiale avec le développement des nationalismes. On peut dire qu'elle n'est pas encore terminée à ce jour.

Sommaire

Origines de la décolonisation

Au XVIIIe siècle

La guerre d'indépendance des Etats-Unis

Article détaillé: Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique

La guerre d'indépendance de Saint-Domingue

Les causes

La guerre d'indépendance est survenue, au moment de la Révolution française, à la suite:

Voir aussi: Histoire de la République dominicaine

Les conséquences
Une décolonisation d'apparence

Au XIXe siècle

Indépendance des colonies ibériques

Indépendance des colonies espagnoles
Indépendance du Brésil
Aide des Etats-Unis
Décolonisation d'apparence

"Principe des nationalités"

Ce principe émergea, en Europe, au XIXe siècle.

Application en Europe du principe des nationalités

Ce principe se traduisit, en Europe, selon deux tendances :

Mais, sous ces premières formes, le principe ne concernait que les nations européennes (Les nations colonisées étant présumées inaptes à se diriger elles-mêmes).

Première extension du « principe des nationalités » en dehors de l'Europe, par le Sionisme

Cette première extension du principe des nationalités au Tiers-Monde fût réalisée par le sionisme, mouvement de décolonisation qui revendiquait la renaissance d'un État juif, où ceux-ci seraient majoritaires, et ne seraient donc plus à la merci des actes d'intolérance résultant des changements de gouvernants ou des caprices de la foule.

Au XXe siècle

A la différence de la plupart des décolonisations précédentes, les décolonisations du XXème siècle vont profiter aux Indigènes et non aux colons.

Le premier ébranlement de la suprématie militaire européenne XXème

La décolonisation soviétique

Aussi cette autonomie reconnue aux anciennes colonies du Tsar, allait-elle devenir un modèle pour certains patriotes des nations colonisées à travers le monde, tels que le futur « Ho Chi Minh ».

La politique panarabe de la Grande Bretagne

Modalités de la décolonisation

La décolonisation s'est traduite par 3 possibilités d'option:
- L'assimilation,
- L'autonomie interne,
- et l'indépendance,
non exclusives les unes des autres.

L'assimilation

C'est pourquoi les milieux colonialistes n'ont jamais cessé de demander la suppression du Décret Crémieux, et d'attaquer les patriotes musulmans qui demandaient un texte semblable, c’est-à-dire l'accès à l'égalité, pour leurs coreligionnaires.

L'autonomie interne

La reconnaissance de compétences propres

L'autonomie interne des Dominions

La fédéralisation de l'ancien empire russe

- Concernant les nations qui revendiquaient leur indépendance, Finlande, États baltes, Ukraine, Moldavie, et nationalités du Caucase, ils en ont accepté la sécession.
- Quant à celles qui n'avaient pas revendiqué l'indépendance, ils les ont intégrées, en qualité de républiques ou de régions autonomes, au sein de la nouvelle « République Socialiste Fédérative des Soviet de Russie »(RSFSR), dotée d'une constitution fédérale.

Mais avant de condamner ce système, il faut se souvenir que le fédéralisme soviétique a été établi dans les années 20, en un temps où dans les colonies françaises les indigènes n'avaient pas même droit à une simple décentralisation.

L'indépendance

- par étapes,
- par révolution.

Indépendance obtenue par étapes

L'indépendance par étapes a le plus souvent été obtenue en faisant passer le pays décolonisé, par un (ou plusieurs) stade(s) d'autonomie interne.

Indépendance sans transition

Ce fût le cas du Congo (également connu sous le nom de Zaïre), dont le roi des Belges annonça à l'improviste, en 1959, sa décision de le décoloniser dans un délai d'un an.

C'est dans ces circonstances que le Congo fût livré à une sanglante anarchie, puis à la longue dictature corrompue de Mobutu.

Indépendance arrachée par la force

Guerre d'indépendance du Viêt-Nam

La guerre s'internationalisa en 1949, lorsque les communistes chinois, ayant atteint la frontière de l'Indochine, apportèrent une aide directe au Viêt-Minh. Les Américains initialement favorables au Viet-Minh, soutinrent financièrement la France.

Voir aussi: Guerre d'Indochineet Guerre du Viêt Nam

Guerre d'indépendance de l'Algérie

Article détaillé: Guerre d'Algérie

Guerre d'indépendance de l'Angola

Les colonies portugaises, l'Angola et le Mozambique, accèdent à l'indépendance au terme de guérillas interminables en 1974, après la révolution des œillets qui renverse le régime salazariste. Dans le cas de l'Angola c'est l'insurrection du mouvement « Unita » de Joseph Savimbi, le seul véritablement indigène (et le seul qui ait véritablement combattu les forces portugaises). Ainsi a t'il obligé la population portugaise de métropole, qui refusait la guerre, à soutenir le putsch de ses officiers rebelles contre le gouvernement salazariste. Ainsi le succès de ces derniers a t'il permis de mettre fin au conflit.

A noter que l'indépendance de l'Angola a été confisquée par les métis de Luanda, dont l'un, apparenté à l'amiral salazariste Coutinho, s'est fait transmettre le pouvoir par celui-ci lors de l'indépendance. Alors, les métis, incapables de vaincre seuls l'Unita, ont du faire appel, grâce aux revenus du pétrole, aux anciens gendarmes katangais de Tchoumbé, puis à l'armée régulière cubaine, pour briser, au prix de longues années de guerre, les véritables résistants angolais.

Causes de la décolonisation

L'ébranlement des empires coloniaux sous la Seconde guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale entraîna une énorme perte de prestige pour les puissances coloniales : L'image de leur invincibilité y fût très atteinte, en raison des victoires allemandes puis japonaises.

En outre, pendant la guerre, Britanniques et Français ont eu besoin des colonies et ont multiplié les promesses d'émancipation, à commencer par celle de l' Empire des Indes.

Certes, en 1944 lors de la conférence de Brazzaville, la France préconisa plutôt l'assimilation, sous la forme de l'accession par degrés des indigènes à la citoyenneté, plutôt que l'autonomie des colonies ou leur indépendance. Mais si l'on considère que cette conférence réunissait essentiellement des gouverneurs des colonies, il faut admettre qu'elle a tout de même été émancipatrice. En outre, il faut savoir que le C.F.L.N. et l'Assemblée consultative d'Alger, prêts à aller très loin pour défendre la souveraineté française, contre les Allemands et vis à vis des Anglo-américains, ne se reconnaissaient pas le droit de renoncer à la moindre parcelle du territoire français, remettant les décisions de cet ordre aux futures instances démocratiquement élues de la France après la libération. Après 1945, l'opinion politique mit d'ailleurs très longtemps à évoluer en France, malgré la guerre d'Indochine, la révolte de Madagascar et la guerre d'Algérie.

L'influence des diverses chartes internationales

L'opinion internationale, elle, fût de plus en plus favorable à la décolonisation, sous l'influence de la Charte de l'Atlantique du 14 août 1941, par laquelle Roosevelt et Churchill reconnaissent le droit de tous les peuples à l'autodétermination , de l'ONU, de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Le renversement de position des mouvements de pensée

Les églises qui avaient joué un rôle important dans l'œuvre de colonisation, tant par l'envoi de ses missionnaires, que par le déclenchement d'expéditions militaires pour les protéger lorsqu'ils étaient persécutés, ont commencé à renoncer à leurs positions colonialistes, pour prendre la défense des indigènes. Cela était déjà arrivé sporadiquement aux siècles précédents, notamment par les interventions de Las Casas ou des Jésuites du Paraguay. Mais après la Seconde guerre mondiale, cette orientation a tendu à se généraliser, en même temps que des prélats indigènes ont progressivement accédé aux fonctions de haut rang auparavant monopolisées par les Européens. Les intellectuels, étaient encore en majorité favorables à la colonisation, avant la guerre de 1939-45. L'œuvre coloniale de la France apportant la civilisation aux peuples déshérités était l'un des thèmes incontournables des discours sur la colonisation. Mais à la suite du choc produit par l'effondrement de la France et de l'Angleterre en 1940, le point de vue des indigènes a été moins méconnu par les intellectuels. Ceux-ci se sont dès lors montrés de plus en plus réservés ou carrément hostiles, parallèlement au développement des idéologies socialistes dans les métropoles, surtout après la Seconde guerre mondiale.

La force exemplaire de chaque nouvelle indépendance sur les colonisés

L'accession à l'indépendance de toute une série de nouveaux pays encouragea les mouvements politiques anti-colonialistes dans tous les pays d'outremer non encore indépendants: En 1946, Philippines, en 1947, Union indienne et Pakistan, en 1948, Birmanie et Ceylan, etc. C'est particulièrement l'accession à l'indépendance de l'Empire des Indes, promise en pleine guerre par la Grande-Bretagne, qui a impressionné les opinions des pays encore colonisés ou colonisateurs. L'Inde anglaise, connue par les romans de Rudyard Kipling et par de nombreux films,ainsi que par sa surface imposante sur les cartes des manuels scolaires, était imaginée comme un pilier de la colonisation. Si l'Angleterre victorieuse qui dominait les mers l'abandonnait, comment imaginer que les colonies des autres pays pourraient être conservées? La division de cet Empire en deux Etats séparés, l'Union indienne, dont la population était en majorité de religion brahmaniste, et le Pakistan peuplé principalement de musulmans, qui avaient accédé séparément à l'indépendance démontrait que la décolonisation n'avait pas que des avantages: Elle s'était en effet traduite par de terribles massacres des exodes massifs, et avait laissé subsister de terribles tensions, et de nombreux problèmes non résolus. Mais les massacres semblaient éloignés et seul subsistait l'image colossale des nouveaux Etats indépendants. Les mouvements coloniaux militaient, les uns pour l'indépendance, P.P.A. de Messali en Algérie, Viet Minh et Daï-Viet en Indochine, les autres pour l'autonomie, UDMA de Ferhat Abbas en Algérie, RDA d' Félix Houphouët-Boigny en Afrique noire française, etc.., etc. C'est souvent, en accédant à la conscience politique et en retournant contre les pays colonisateurs leurs propres valeurs, que ces mouvements, allaient développer de la sympathie pour leur action dans les opinions métropolitaines.

Les intrigues des Etats tiers

Le rôle de l'Allemagne et du Japon

L'Allemagne, bien qu'ayant perdu toutes ses colonies après la Première Guerre mondiale fut un acteur influent dans le processus de décolonisation. En participant à la surenchère internationale que ces pays durent subir pendant la Seconde Guerre mondiale. Le régime nazi tenta grâce à la radio de saper le moral et de créer des révoltes dans les colonies. Elle tenta de se rapprocher des pays dominés par les alliés afin d'obtenir des matières premières, et devint de cette manière amie des colonies. Cette démarche participa au processus de décolonisation, car en proposant plus que les métropoles, l'Allemagne provoqua une autoréflexion sur la situation dans les colonies. Le Japon fit de même dans le sud-est asiatique en soutenant les autonomistes locaux contre les Hollandais (Indes néerlandaise), les États-Unis (Philippines), l'Angleterre (Malaisie et Birmanie) et la France (Viêt-Nam, Cambodge, Laos et Siam).

Le rôle de l'Union soviétique

Avec la conférence de Bakou, en 1920 déjà, les Soviétiques s'intéressèrent activement aux problèmes de la décolonisation: Ils assimilaient les colonisés au prolétariat, ceux-ci étaient donc à libérer. Leur propagande portait, parce qu'ils apparaissaient comme sincères: après tout, ils avaient eux-mêmes donné l'exemple en effectuant leur propre décolonisation par la voie de l'autonomie interne, alors que d'autres pays colonisateurs comme la France en étaient bien loin. Leur appui à la décolonisation ne fut cependant pas illimité après la mort de Lénine. En effet, deux thèses s'opposèrent alors, celle de Staline, pour une consolidation de l'État soviétique, et celle de Trotsky pour une priorité à l'internationalisme. C'est Staline qui l'avait emporté, et avait dès lors concentré ses efforts sur l'Europe.

Ce fût surtout après la mort de Staline (5 mars 1953) que l'URSS commença à soutenir les indépendances, avec la guerre froide. L'URSS s'opposa alors dans les pays du tiers monde à l'action des Américains. Il y eût une surenchère incessante entre ces deux pays pour obtenir le plus large contrôle, et la plus grande influence possible dans ces pays.

Le rôle des États-Unis

Les États-Unis se disent clairement anti-colonialistes, avec par exemple Franklin Roosevelt. Symboliquement, Harry Truman lors de son discours sur l'état de l'Union de 1949 ouvrit l'ère du développement (par opposition au sous-développement caractéristique des pays colonisés) et prône l'aide. Après ce discours, le Congrès des États-Unis adoptera l'Act for international développement, et tant l'ONU que l'Europe créeront des institutions de coopération. Mais ce discours, s'il est porteur d'espoir, n'en est pas moins jugé par certains comme paternaliste. De plus, il ne s'adressait qu'aux peuples pacifiques, c'est-à-dire principalement aux pays non communistes.

Voir aussi

Conférence de Bandung

See also: Décolonisation, 1775, 1830, 1865, 1870, 1905, 1917, 1920, 1941