Mort

La mort est en biologie l'arrêt définitif des fonctions vitales : assimilation de nutriments, respiration, fonctionnement du système nerveux central. On la distingue d'un arrêt temporaire (hibernation, congélation). Elle est suivie de la décomposition de l'organisme mort sous l'action de bactéries, ou de charognards.

La mort cellulaire désigne l'arrêt des fonctions de base d'une cellule. Elle est qualifiée de programmée lorsqu'elle intervient après que le programme cellulaire commande l'arrêt général des fonctions cellulaires (on parle alors d'apoptose). La cellule peut aussi mourir par manque de nutriments ou d'oxygène, ou bien de lésions, provoquées par exemple par une action mécanique ou chimique extérieure, ou par l'utilisation des ressources propres de la cellule pour une autre fonction que sa fonction initiale dans le cas d'une infection virale.

Sommaire

Définition médico-légale

La mort est le moment où le corps commence à se décomposer. Médicalement, certains états mènent irrémédiablement à la mort, alors même que des cellules du corps continuent à vivre. C'est le cas de la mort cérébrale.

La mort cérébrale désigne l'arrêt des signaux électro-encéphalographiques du cerveau humain. C'est d'après ce critère que l'on constate le décès d'une personne en médecine légale.

Cette définition légale est importante, car c'est elle qui va permettre des actes tels que le prélèvement d'organes pour la transplantation. On peut pour cette raison maintenir des personnes en état de mort cérébrale sous respiration artificielle, lorsque le cœur continue à battre spontanément : cela permet de maintenir les organes en bon état en vue d'un prélèvement. Cependant, cela donne aussi l'illusion aux proches que la personne est encore en vie.

Mais dans la plupart des cas, le décès est constaté par un médecin par des signes cliniques caractérisant un arrêt cardio-circulatoire prolongé. Cela peut être un échec des tentatives de réanimation cardio-pulmonaire par une équipe médicale, ou bien la constatation par un médecin généraliste à domicile pour une personne que l'on sait en fin de vie (personne âgée ou bien souffrant d'une maladie diagnostiquée).

En France, le médecin remplit alors un certificat de décès comportant la date et l'heure de la constatation de la mort, l'identité de la personne décédée, les causes suspectées, l'absence de contre-indication à une inhumation ou à une crémation.

Signes de la mort

Voir aussi : Premiers secours : bilan.

Le premier signe de la survenue de la mort est l'arrêt cardio-respiratoire :

Mais ces éléments ne sont pas suffisants pour déterminer la mort (dans certains cas, une personne en arrêt cardio-respiratoire peut être réanimée). Il peut y avoir dans les secondes suivant l'arrêt cardiaque :

Très vite viennent s'installer :

Le relâchement des muscles provoque une apparition de marbrures bleues sur la peau : les veines se dilatent, faisant apparaître la couleur du sang pauvre en dioxygène. Le relâchement des sphincters provoque également l'émission d'urine et de matière fécale.

Vient ensuite les lividités (livor mortis, le sang s'accumulant vers le bas) puis la rigidité cadavérique (rigor mortis). La rigidité cadavérique apparaît 2 à 3 heures après le décès, puis disparaît au bout de 2 à 3 jours lorsqu'apparaît la putréfaction (en climat tempéré).

Les signes de décomposition se caractérisent par une odeur nauséabonde caractéristique et par l'apparition de tâches vertes sur la peau (apparaissant d'abord au niveau de l'abdomen), l'apparition de gonflements, puis par la dégradation visible du corps. Le corps peut également être dévoré par des animaux (vers, charognards) ; en climat tempéré et en présence d'insectes (mouches), la ponte suit la mort de quelques heures, les œufs éclosent au bout d'environ deux jours et les larves se transforment en insectes au bout d'environ deux semaines, selon la température.

La putréfaction peut être interrompue ou retardée par le froid ou bien par des techniques d'embaumement, ainsi que par des techniques de thanatopraxie.

La mort et l'humanité

La plupart des philosophes s'accordent sur le fait que c'est la conscience de la mort qui caractérise l'homme par rapport aux animaux. En paléontologie, la découverte de rites funéraires est un élément important pour déterminer le degré d'éveil social d'un hominidé.

Cette conscience de la mort est un moteur de cohésion sociale (s'unir pour résister aux calamités, aux ennemis) et d'action (réaliser quelque chose pour laisser une trace). Elle est à l'origine de la réflexion métaphysique. C'est aussi ce qui donne la puissance symbolique à des actes tels que l'homicide et le suicide.

Hegel explique le lien social, et notamment les relations maître/esclave, par la lutte à mort pour la reconnaissance.

André Malraux fonde l'héroïsme humain dans la conscience de la fraternité des hommes dans la mort, fraternité qui peut s'exprimer par des combats politiques (contre le fascisme par exemple) ou par des œuvres d'art.

La Mort en tant que personnage symbolique

La haute teneur symbolique de la mort et la forte charge affective liée au décès d'êtres humains ont façonné l'imaginaire des hommes qui ont créé un personnage, la Mort, qui vient chercher les gens au terme de leur vie. Ce personnage est diversement représenté selon les cultures, par exemple en Europe il est souvent représenté comme un personnage sans visage ou une femme vêtu(e) d'une sorte de robe à capuche assombrissant ou dissimulant ses traits, et armé(e) d'une faux (on l'appelle La Grande Faucheuse ou l’Ankou en Bretagne). Ainsi dans le tarot divinatoire, une carte appelée La Mort représente une faucheuse squelettique sur un champ d'ossements.

Expressions

Statistiques

Voir article mortalité

Voir aussi

Lien externe

See also: Mort, Aide médicale d'urgence, André Malraux, Ankou, Apoptose, Arrêt cardio-circulatoire, Arrêt cardio-respiratoire, Bactérie, Biologie, Bleu