Culture attachée à l'espéranto
La culture attachée à l'espéranto se retrouve dans un grand nombre d'œuvres originalement écrites en espéranto, mais aussi dans la musique, le théâtre ou des proverbes.
Néanmoins, comme toutes les langues parlées sur un territoire géographique dispersé, nous trouvons des liens culturels rapprochant les locuteurs de la langue et d'autres les éloignants.
Aspects culturels communs
Certains mots en espéranto n'existent pas dans d'autres langues et sont directement liés au statut de langue auxilliaire de l'espéranto. Par exemple, le verbe « krokodili » signifie « parler dans une langue en présence d'espérantophones ne comprenant pas cette langue ». On pourrait le traduire par « faire des messes basses » ou « parler en aparté », même s'il est possible de le faire à voix haute.
Les sigles et abréviations des différentes associations espérantistes forment également un socle culturel commun qui, même traduits dans une langue nationale, représentent des références culturelles que ne possèdent pas les non-locuteurs de l'espéranto.
L'espéranto est une parfois qualifiée de langue neutre par les espérantistes. Pourtant, ce qualificatif n'implique pas l'absence de culture ou la neutralité politique de cette langue. Ludwik Lejzer Zamenhof, qui a établi les bases de l'espéranto, l'a fait pour donner aux hommes une langue rationnelle leur permettant de se libérer du chauvinisme et des rapports de force. C'est bien là un objectif politique, au sens non péjoratif de ce terme. L'expression « langue neutre » se réfère à la neutralité perçue par ceux qui choisissent de s'exprimer dans cette langue.
Ce sentiment de neutralité a plusieurs origines :
- comme l'espéranto n'est pratiquement jamais la langue maternelle de l'un des deux interlocuteurs, aucun des deux n'a l'avantage décisif de s'exprimer dans sa langue maternelle. L'espéranto garantit, au moins d'un point de vue linguistique, un rapport d'égal à égal.
- comme chacun des deux interlocuteurs a une expérience de l'espéranto, ils ont conscience qu'il s'agit d'une langue rationnelle : la valeur affective (inconsciente) associée à l'espéranto dans l'esprit des interlocuteurs est toujours inférieure, à la limite égale, mais jamais supérieure, à celle qui est associée à toute langue issue d'un peuple sur lequel existe un certain nombre de préjugés (voir Stéréotype). Dit autrement, quand on parle une langue « ethnique », on utilise les expressions, les tics gestuels, et une partie des références culturelles des peuples dont c'est la langue, même si nous n'appartenons pas à ce peuple. Cela ne peut pas se produire avec l'espéranto, car l'image de cette langue est celle d'une langue n'appartenant à aucun peuple.
Aspects culturels divergents
De même qu'un Français et un Québécois partageant la même langue possèdent des références culturelles différentes, les espérantistes de différents pays connaissent certainement mieux les auteurs espérantistes de même nationalité qu'eux. Il peut s'agir d'écrivains, de personnalités du mouvement associatifs ou simplement de références culturelles propres à la culture de son pays. En effet, l'espéranto n'est pas une simple langue, mais avant tout un facteur de propagation des cultures de différents pays. On peut ainsi découvrir des œuvres culturelles de différents pays grâce à l'espéranto souvent avant même que celles-ci soient traduites en français. Ce qui est d'autant plus vrai pour les langues minoritaires.
Il convient donc, non pas de parler de culture au singulier, mais de pluri-cultures de l'espéranto, à l'instar du français qui se décline différemment suivant les pays francophones des cinq continents.
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