Cryptanalyse différentielle
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La cryptanalyse différentielle est une méthode générique de cryptanalyse qui peut être appliquée aux algorithmes de chiffrement itératif par blocs, mais également aux algorithmes de chiffrement par flots et aux fonctions de hachage.
Dans son sens le plus large, elle consiste en l'étude sur la manière dont les différences entre les données en entrée affectent les différences de leurs sorties. Dans le cas d'un chiffrement itératif par blocs, le terme se rapporte à l'ensemble des techniques permettant de retracer les différences à travers le réseau des transformations, découvrant ainsi où l'algorithme montre un comportement prédictible et exploitant ainsi ces propriétés afin de retrouver la clé secrète.
Origines de la cryptanalyse différentielle
La découverte de la cryptanalyse différentielle est généralement attribuée à Eli Biham et Adi Shamir à la fin des années 1980. Ces derniers publièrent alors un nombre conséquent d'attaques contre divers algorithmes de chiffrement itératif par blocs et diverses fonctions de hachage; ces articles comprenaient la présentation d'une faiblesse théorique dans l'algorithme DES.
Il a été alors noté que DES était particulièrement résistant à cette attaque et en particulier que de petites modifications dans ses paramètres l'affaiblissaient. Ce constat a fait naître la rumeur que ses concepteurs (travaillant pour IBM) connaissaient déjà cette méthode dans les années 1970. Effectivement, plusieurs personnes ayant participé à sa conception ont depuis admis que la défense contre la cryptanalyse différentielle était bien un des buts recherchés alors (Don Copperfield, 1994). Il semblerait même que la NSA qui contribua également à la conception de DES, avait même connaissance de cette technique avant sa redécouverte par IBM. La NSA exigea même que le processus de la conception soit tenu secret afin d'éviter la propagation de cette méthode. À l'intérieur d'IBM, la cryptanalyse différentielle était connu sous le nom de T-attack, abréviation de Tickling attack, l'attaque par chatouillement car elle consistait à chatouiller les entrées pour voir l'effet sur les sorties [1].
Alors que DES avait été conçu pour résister à la cryptanalyse différentielle, d'autres algorithmes conçus à la même époque se sont révélés particulièrement vulnérables. Une des premières cibles fut FEAL, qui illustra la puissance de la méthode. Sa version originale, constituée de quatre itérations (FEAL-4), peut être compromise avec seulement huit messages en clair choisis avec soin. Cela va même plus loin. En effet, FEAL est susceptible d'être attaqué par cette méthode dans toutes ses versions avec 31 itérations ou moins.
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