Crucifixion

La crucifixion est une méthode de mise à mort en usage dans l'Antiquité grecque et romaine. Chez les Romains cette peine est particulièrement infame et réservées d'abord aux esclaves, puis plus tard aux brigands et aux pirates, parfois aux prisonniers de guerre et aux condamnés pour motifs politiques. C'était à l'origine un supplice oriental probablement appris des Perses ou des Phéniciens. L'empereur romain Constantin Ier fit abolir le supplice de la crucifixion en 313, après sa conversion au Christianisme.

Selon les Évangiles chrétiens, Jésus-Christ fut condamné à la flagellation puis à mort (pour troubles répétés de l'ordre public et fondation d'une secte interdite) et exécuté par crucifixion (conformément à la loi romaine).

Le condamné est fixé bras écartés sur une poutre horizontale (patibulum) avec des cordages (effet de garrot), éventuellement doublé d'un enclouage des poignets (souffrances accrues) ; les pieds, encloués ou attachés, reposent sur une console en bois fixée sur le montant vertical. Contrairement à ce que laisse penser la tradition picturale chrétienne, la croix était plus probablement en forme de T, et d'une taille à peine supérieure à celle d'un homme debout.

Image manquante
Andelys_StPierre2.jpg
Crucifixion de Pierre, vitrail du XVIe siècle, Notre-Dame des Andelys

La peine est généralement précédée de supplices préliminaires (flagellation, passage à tabac), censés « préparer » le condamné à la crucifixion, sans l'achever prématurément. Le supplicié devait ensuite porter sa croix (ou selon les sources, uniquement le patibulum) jusqu'au lieu de l'exécution.

La mort survient par asphyxie : dans la position du crucifié, les muscles des épaules, pectoraux et intercostaux soutiennent le corps, et se fatiguent rapidement. Or, ces muscles sont ceux qui assurent la respiration. Pour les soulager, le condamné se soulève sur ses pieds éventuellement encloués, créant une nouvelle douleur. Les muscles des jambes se fatiguent à leur tour et le corps retombe. Cette alternance entre blocage et détente respiratoire finit par créer des crampes conduisant à l'asphyxie.

Pour accélérer la mort, les jambes du condamné sont brisées à la barre de fer (crurifragium). Le condamné ne peut plus alors se redresser et s'épuise rapidement.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les nazis ont exécuté des condamnés par crucifixion, afin de se livrer à des « expériences médicales ». Selon leur constitution, les condamnés survivaient entre une dizaine de minutes et plusieurs heures.

See also: Crucifixion, 313, Antiquité, Asphyxie, Christianisme, Constantin Ier (empereur romain), Esclavage, Flagellation