Cratère de Chicxulub
Le cratère de Chicxulub est d'après plusieurs scientifiques, un cratère provoqué par la chute d'une météorite de près de 10 kilomètres de diamètre qui se serait abattue sur la Terre il y a environ 65 millions d'années, c'est-à-dire à la fin du crétacé. Sa chute marquerait la fin de l'ère secondaire ainsi qu'une des extinctions massives qui ont frappé la Terre. Le cratère de cette météorite serait localisé à Chicxulub au nord de la péninsule du Yucatán, Mexique.
Découverte
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Le physicien américain Luis Alvarez, son fils géologue Walter Alvarez, le chimiste nucléaire Frank Asaro et la paléontologue Helen Michaelont ont émis l'hypothèse selon laquelle la chute de cette météorite, il y a 65 millions d'années, fut la principale cause d'un bouleversement climatique à l'origine de l'extinction des dinosaures et d'un grand nombre d'espèces animales tant terrestres que marines. Cette hypothèse était motivée par le fait que l'on trouve d'importantes teneurs d'iridium à cette limite Crétacé-Tertiaire (KT dans la littérature). L'iridium, métal lourd, est rare en surface sur Terre, mais se trouve dans les météorites.
Quand l'astéroide s'est désintégré lors du choc, des morceaux de croûte terrestre ont été projetés dans l'atmosphère. Formant un gigantesque panache de débris, une immense colonne de cendre et de cristaux de quartz, lesquels se trouvaient à dix km sous terre quelques instants auparavant, s'éleva de plus en plus vite dans l'atmosphère. Ce panache enfla jusqu'à atteindre un diamètre de 100 à 200 km, parvint dans la haute atmosphère, puis enveloppa la terre entère. Les particules qu'il véhiculait commencèrent à retomber sur terre avec l'énergie qu'elles avaient acquise lors de leur éjection. Traversant l'atmosphère à des vitesses comprises entre 7000 et 40000 kilomètres par heure, elles illuminèrent le ciel, tels des milliards d'étoiles filantes, puis portèrent rapidement de vastes zones de l'atmosphère à des centaines de degrés. Elles se sont ensuite progressivement accumulées sur le sol, formant la couche de cendres observée aujourd'hui. La combustion des matériaux du panache a enflammé la végétation sur une énorme surface du globe. De plus il y a eu une onde de choc qui aurait fait tout le tour de la planète en quelques heures. Tout cela a participé à plonger la planète entière dans l'obscurité pendant plusieurs années à la manière d'un hiver nucléaire.
En l'absence de lumière solaire en quantité suffisante, la photosynthèse s'est interrompue. Les végétaux ont très vite dépéri, suivis de près par les herbivores qui entraînèrent les carnivores dans leur déclin.
Simultanément, une grande activité volcanique semble s'être réveillée, peut-être à cause de fissurations du manteau terrestre sous l'impact. On estime que de grandes quantités d'oxyde de soufre s'échappèrent, transformées par les pluies en acide sulfurique qui tua lui-même une grande partie de la faune marine.
Tous règnes confondus, près de huit espèces sur dix disparurent, dont les grands sauriens tels les dinosaures.
La quasi-totalité du plancton marin, maillon clef de la chaîne animale et alimentaire, disparut également.
Plusieurs spécialistes estiment que cette extinction en masse a durée « tout au plus » (!) quelques centaines d'années. Quels sont les animaux qui ont pu survivre ? Peut-être en partie ceux de petite taille qui vivaient sous terre se nourrissant de débris végétaux.
La météorite a signée son forfait par une concentration anormalement élevé d'iridium dans les strates géologiques datant de la limite crétacé-tertiaire (c'est-à-dire pile à la frontière entre ère secondaire et tertiaire, qu'elle aurait donc causée). Ce métal de la famille du platine, plutôt rare à la surface de notre planète parce que lourd, est plus abondant dans les météorites, après toutefois le nickel et le fer.
Pourquoi l'atmosphère ne l'a-t-elle pas arrêtée ? Parce qu'on estime son diamètre à 10 km, donc plus grand que l'épaisseur de l'atmosphère elle-même (l'air est très raréfié à 10 000 m). Nous avons une idée de sa vitesse si elle est arrivée d'au-delà du système solaire : nécessairement plus de 11 km/s. En d'autres termes, elle aurait traversée l'atmosphère en moins d'une seconde : pas même de quoi la ralentir !
La présence de cristaux de quartz 'choqués' ( c'est-à-dire ayant subi des pressions énormes à la suite d'un impact violent) et de spinelles nickelifères ( minéraux dont l'apparition peut être liée à l'oxydation dans l'atmosphère d'une météorite riche en nickel), constituent d'autres éléments qui étayent cette théorie.
Une autre hypothèse met en jeu une recrudescence de phénomènes volcaniques paroxysmiques pour expliquer le bouleversement climatique. Cependant cette théorie explique difficilement les quartz choqués, alors que la météorite peut fort bien avoir servi de détonateur au phénomène de volcanisme. Les deux phénomènes ne sont donc peut-être pas totalement indépendants, ce qui expliquerait en ce cas leur simultanéité.
Cette hypothèse est aujourd'hui largement admise, même si on ne peut dire encore qu'elle soit établie à 100 %. En effet, l'on accorde à présent peu de crédit à l'hypothèse concurrente qui présuppose que des glissements de terrain aient amené des gisements d'uranium naturel au-delà de la masse critique.
Cette extinction n'est pas plus massive que celles qu'a connue la Terre dans le passé. Il y en avait eu une plus importante il y a 245 à 250 millions d'années, à la fin du permien, donc de l'ère primaire, peut-être elle aussi causée par une autre météorite dont on pense avoir retrouvé le cratère (qui fait 173 km de diamètre !) que l'on a nommé Bedout.
Voir aussi
Liens externes
- Sciences de la Vie et de la Terre Page consacrée à la météorite de Chicxulub.
- Earth Impact Database Données sur le cratère de Chicxulub.
- Le Monde-Sciences Dernières théories sur l'extinction des dinosaures.
- The Great Chicxulub Debate Où détracteurs et partisants s'affrontent.
- L'hypothèse de la météorite de chicxulub Site d'un TPE dédié à l'hypothèse de la météorite dans la disparition des dinosaures
