Couple (mathématiques)

En mathématiques, un couple est une collection de deux objets telle que l'on puisse distinguer lequel est le premier élément et lequel est le second. Nous pourrions appeler un couple une paire ordonnée à l'instar des anglophones, mais l'expression est ambiguë car elle peut laisser croire que les éléments doivent être différents et appartenir à un même ensemble.

Un couple dont le premier élément est a et le second b, est habituellement noté (a, b). Le premier élément s'appelle aussi première composante et le second deuxième composante.

Deux couples (a1, b1) et (a2, b2) sont égaux si et seulement si:

a_1 = a_2\  {\rm et} \ b_1 = b_2

L'ensemble de tous les couples dont le premier élément appartient à un ensemble quelconque X et le second élément à un ensemble quelconque Y est appelé produit cartésien de ces deux ensembles et se note X×Y. Les sous-ensembles de X×Y sont des graphes.

Remarques

Exemples

Généralisations

Les triplets et les n-uplets (listes ordonnées de n termes) sont définis récursivement à partir de cette définition: un triplet (a,b,c) peut être défini comme (a, (b,c) ) soit deux couples imbriqués.

Cette approche est calquée dans certains langages de programmation: il est possible de représenter une liste d'éléments comme des couples imbriqués.

Par exemple, le 5-uplet (1 2 3 4 5) (ou 5-liste) devient (1, (2, (3, (4, (5, \emptyset))))). Le langage de programmation LISP utilise de telles listes comme structures de données de base.

En théorie des ensembles, où il n'y a seulement que des ensembles, les couples (a, b) peuvent être définis comme étant l'ensemble { {a}, {a, b} }. L'affirmation que x est le premier élément d'un couple p peut être formulée par

pour tout Y appartenant à p, x appartient à Y

et que x est le second élément de p par

(il existe Y dans p tel que x appartient à Y) et (pour tout Y1 dans p, pour tout Y2 dans p, si Y1Y2 alors (x n'appartient pas à Y1 ou x n'appartient pas Y2)).

Remarquons que cette définition (due à Wiener 1914) n'est pas encore valable pour les couples de la forme p = (x,x) = { {x}, {x,x} } = { {x}, {x} } = { {x} }; dans ce cas l'affirmation (pour tout Y1 dans p, pour tout Y2 dans p, si Y1Y2 alors (x n'appartient pas à Y1 ou x n'appartient pas à Y2)) est trivialement vraie, puisque nous n'avons jamais la proposition Y1Y2.

Dans la formulation ZFC de la théorie des ensembles, qui inclut l'axiome de régularité, les couples (a, b) peuvent aussi être définis comme étant l'ensemble {a, {a, b}}. Aussi, l'axiome de régularité est nécessaire, puisque sans celui-ci, il est possible de considérer les ensembles x et z tels que x = {z}, z = {x}, et xz. Nous avons donc:

(x, x) = {x, {x, x}} = {x,{x}} = {x, z} = {z, x} = {z, {z}} = {z, {z, z}} = (z, z)

alors que nous voulons (x,x) ≠ (z,z).

See also: Couple (mathématiques), 1914, Correspondances et Relations, Lisp, Mathématiques, N-uplet, Paire (mathématiques), Produit cartésien, Sous-ensemble, Théorie axiomatique des ensembles