Grisou

Le grisou est un gaz naturel qui se dégage des couches de charbon et des terrains encaissants.

Sommaire

Composition du grisou

La composition des grisous des bassins houillers anglo-franco-belgo-rhénan varie entre les limites suivantes :

En principe, on peut donc assimiler ce grisou à du méthane ce qui le rend hautement dangereux. Il est ainsi à l'origine de nombreuses catastrophes minières (coups de grisou), surtout avant l'invention de la lampe de Davy.

Propriétés du grisou

Son poids spécifique est de 0,72 kg/m³ et sa densité de 0,558. De plus, il est inodore et incolore.

À pression et température ordinaires, les teneurs limites d'inflammabilité sont de 5,6 et 14 %. La combustion a une allure explosive entre 6 et 12 %.

L'inflammation d'un volume gazeux constitué d'un mélange d'air et de grisou, dans les travaux souterrains, entraîne :

L'équation de combustion du méthane est la suivante : CH4 + 2 O2 = CO2 + 2 H2O

Récupération du grisou

À Avion dans l'ancien bassin minier du Pas-de-Calais, le grisou est récupéré, purifié et injecté dans le réseau public de distribution de gaz naturel.

Coup de grisou

Le coup de grisou est une explosion accidentelle de gaz dans une mine, liée à son exploitation. Il s'agit d'un accident toujours mortel, et très redouté des mineurs ; il est en général aggravé par un effondrement des tunnels, et parfois par un coup de poussière.

Prévention des coups de grisou

La première mesure consiste à éviter les flammes nues et les étincelles. Les lampes de mineur à flamme ont vite évolué vers une flamme protégée : l'air entre par un tamis spécial pour alimenter la flamme, l'atmosphère globale n'est pas en contact avec elle. C'est pour cette raison aussi que la mécanisation des mines s'est faite, au départ, en utilisant l'air comprimé. L'acheminement et l'utilisation de l'électricité dans les mines grisouteuses nécessitent des précautions particulières. Les moteurs électriques et autres générateurs d'étincelles électriques, tels que les contacteurs, doivent être enfermés dans des « enceintes antidéflagrantes » qui empêchent la propagation vers l'atmosphère ambiante d'une éventuelle inflammation de l'atmosphère peut-être grisouteuse contenue dans l'enceinte antidéflagrante.

Par contre, on ne peut exclure les étincelles produites par le frottement du métal (pioches, puis marteaux-piqueurs), notamment avec les pyrites.

La deuxième mesure consiste à détecter le grisou, qui est incolore et pratiquement inodore. Pour cela, on emmenait jadis des oisillons dans des cages au fond des mines ; lorsqu'ils s'arrêtaient de chanter et mourraient, c'était le signe que l'atmosphère devenait irrespirable et donc contenait du grisou ou manquait d'oxygène (l'oisillon est bien plus fragile que l'homme). Les lampes de mineur à flamme protégées permettaient également de détecter le grisou : si l'air entrant par le tamis antidéflagrant était chargé de gaz, il se produisait une combustion visible (dite « auréole ») du grisou autour de la flamme normale, ce qui permettait d'apprécier la teneur en grisou de l'air.

On utilise maintenant des détecteurs appelés « grisoumètres », basés sur la combustion catalytique du grisou sur un fil de platine allié. Le premier appareil a été mis au point par l'ingénieur général Léon en 1900, perfectionné dans les années 50 par le Centre d'études et de recherches des Charbonnages de France (CERCHAR) pour aboutir à la série des « Verneuil 52 » dont quelques centaines d'exemplaires étaient couramment utilisés dans les mines françaises jusqu'à leur fermeture vers les années 2000. D'autres caractéristiques physiques du grisou (indice de réfraction, absorption sélective dans l'infra-rouge, etc) ont également été utilisées, en particulier pour réaliser des télégrisoumètres enregistreurs permettant de surveiller automatiquement de la surface, avec des alarmes automatiques, l'atmosphère grisouteuse en de nombreux points d'une mine.

Liste de coups de grisou

Dans les années 2000, c'est la Chine qui recense le plus d'accidents miniers, avec 80 % des décès mondiaux pour seulement 35 % de la production de charbon mondiale ; 5 000 personnes sont mortes dans les mines chinoises en 20041.

Voir aussi

Bibliographie

Filmographie

Liens internes

See also: Grisou, 10 janvier, 10 mars, 12 septembre, 14 février, 15 février, 15 mars