Coup d'État du 18 brumaire
Le coup d'État est fomenté dans la demeure de Joséphine de Beauharnais , rue Chantereine , à peu près à l'emplacement entre l'actuelle Rue de La Victoire et La Rue de Châteaudun.
Le schéma du coup d'État prevoît les opérations suivantes: Bonaparte aura le commandement en chef de l'armée pour le maintien de l'ordre dans Paris et dans les assemblées. On envisage de déplacer les assemblées à Saint-Cloud sous le prétexte d'un péril jacobin. En effet, depuis 1789, les assemblées se trouvent toujours sous la menace de la population parisienne. En déplaçant les assemblées, on s'assure que la population parisienne ne pourra pas intervenir. Paris est fermé et sous le contrôle de la police, toute entrée ou sortie est interdite.
L'essentiel des événements se déroule le 19 brumaire à Saint-Cloud. Les révisionnistes avaient envisagé une démission collective des cinq directeurs mais les assemblées ont du retard car cette idée ne fait pas l'unanimité; notamment deux jacobins refusent de démissionner. Bonaparte s'impatiente et décide d'intervenir.
Il tient un discours maladroit devant le Conseil des Cinq-Cents qui est très mal perçu par les députés qui l'accusent de vouloir instaurer la dictature. Bonaparte est contraint de quitter l'assemblée. Mais la situation est rapidement prise en main par Bonaparte et son frère Lucien qui préside les cinq-cents. Lucien évite que Napoléon soit mis en cause par les députés. C'est lui qui va, en rejoignant son frère, inciter la troupe à mettre de l'ordre dans les assemblées. C'est également ici que l'on retrouve l'origine du mythe du poignard, disant que certains députés voulaient poignarder Bonaparte pour justifier une intervention de l'armée.
Les images des députés sortant par les fenêtres et voulant poignarder Napoléon sont très répandues. Bonaparte est de fait l'homme fort de la situation, qui fait basculer un coup d'État parlementaire en un coup d'État militaire.
Mais Bonaparte reste attaché aux formes juridiques et dans la soirée du 19 brumaire, les députés restent à Saint-Cloud pour voter la décision de nommer deux commissions pour préparer une nouvelle constitution. On constate alors une volonté d'appuyer le régime sur le vote des représentants du peuple.
Le 20 brumaire les trois consuls sont désignés: Bonaparte, Sieyès et Ducos.
Bonaparte déclara « Citoyens, la révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée, elle est finie ». Le Consulat est mis en place, un régime autoritaire dirigé par trois consuls, dont seul le premier détient réellement le pouvoir : la France entame une nouvelle période de son histoire en s'apprêtant à confier son destin à un empereur.
Note : pour certains historiens, le Consulat est la dernière phase de la Révolution française. Pour d'autres, il forme, avec le Premier Empire, une nouvelle étape de l'histoire de France.
Bibliographie
- Jacques Olivier BOUDON, Histoire du Consulat et de l'Empire, Perrin, Paris, 2003.
- Jean-Paul BERTAUD, Bonaparte prend le pouvoir, Complexe, Bruxelles, 1987.
- Thierry LENTZ, Le 18 Brumaire, Picollec, Paris, 1997.
