Coup d'État du 2 décembre 1851
Le coup d'état du 2 décembre 1851 est le coup d'état effectué par Louis-Napoléon Bonaparte qui arrive par ce moyen à dissoudre l'Assemblée Nationale française, à devenir seul maître de la France, ce qui lui permettra, un an plus tard, d'installer le Second Empire.
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Motifs
Depuis qu'il a été élu « Président des français » Louis-Napoléon Bonaparte entre en opposition avec l'Assemblée Nationale. Cet « incapable que l'on mènera » s'avère finalement établir ses propres choix et ne pas être sous le contrôle de l'Assemblée, redevenue conservatrice après les journées de Juin. L'opposition augmente. La constitution établissant la non-rééligibilité du président condamne Louis-Napoléon à quitter le pouvoir en décembre 1852. La première moitié de l'année 1851 est passée à proposer des réformes de la constitution afin qu'il soit rééligible, mais l'Assemblée refuse en bloc, décidant Louis-Napoléon à faire un coup d'état.
Préparatifs
Ce coup d'état est minutieusement préparé. Le 20 août 1851 Louis-Napoléon Bonaparte organise la première étape de la préparation du coup d'État, à Saint-Cloud. Le 14 octobre, il redemande à l'Assemblée Nationale de rétablir le suffrage universel, mais elle refuse, tout comme (le 13 novembre) sa nouvelle proposition de révision de la Constitution, devant lui permettre d'être rééligible en tant que « Président de la République ». Mais il s'est organisé. Il nomme le Général de Saint-Arnaud au ministère de la Guerre (27 octobre), qui rappelle aux militaires leur devoir « d'obéissance passive », le 1er novembre 1851. D'autres proches sont placés aux postes clés : le général Magnan est nommé commandant des troupes de Paris ; le préfet de la Haute-Garonne, Maupas, est promu préfet de police de Paris. Les derniers refus de l'Assemblée l'ont convaincu de la nécessité d'un coup d'état. Louis Napoléon le fixe lui-même pour le 2 décembre, jour anniversaire du sacre de Napoléon en 1804 et de la victoire d'Austerlitz en 1805.
Coup d'État du 2 décembre
Après avoir fait arrêter les principaux opposants et placé l'armée aux points névralgiques de la capitale, Louis-Napoléon édicte 6 décrets décisifs, fait afficher un Appel au peuple à destination des Français, et un autre à destination de l'Armée. Des 6 décrets, l'un dissout l'Assemblée Nationale, un autre rétablit le suffrage universel, un autre déclare qu'une nouvelle Constitution est en préparation. Son Appel au peuple annonce son intention de restaurer « le système créé par le Premier consul ».
Ce coup d'état ne va pas sans agitation. Malgré l'habile contrôle de la capitale par l'armée, une insurrection parisienne se lève avec à sa tête les parlementaires les plus courageux. Des barricades se lèvent, des insurgés sont abattus. Le 3 décembre, le député Alphonse Baudin est tué alors qu'il tient la barricade du faubourg Saint-Antoine. Le 4 décembre au matin, 70 barricades sont dressées dans Paris. Dans l'après-midi, la fusillade des Boulevards fait 200 victimes. Au soir du 4 décembre 1851, la révolte populaire est matée, Paris est sous contrôle, les parisiens retournent à leur vie.
Voir aussi : Wikisource:Coup d'État du 2 décembre 1851 pour les textes intégraux (6 Décrets, « Appel au peuple », et « Appel à l'Armée »).
L'agitation nationale
La nouvelle du coup d'État se diffuse encore à travers la France et enclenche dans d'autres lieux d'autres insurrections. Le 5 décembre plusieurs mouvements populaires sont signalés un peu partout en France, mais particulièrement dans le sud-est (Manosque, Apt, Digne, etc.). Le département des Basses-Alpes en vient même à être administré par un « Comité départemental de résistance », le 7 décembre 1851, mais l'armée, fidèle au président s'organise pour rétablir la volonté de l'exécutif. 32 départements sont mis en état de siège dès le 8 décembre, les zones de « résistance » au coup d'État sont maîtrisés en quelques jours, les opposants sont arrêtés ou doivent s'enfuir, tel Victor Hugo qui part à Bruxelles.
L'apaisement
La victoire assurée, l'ordre rétabli, les bonapartistes s'installent. Les généraux Vaillant et Harispe sont faits maréchaux de France le 11 décembre. Une constitution est en cours d'élaboration. Un référendum est également promis afin de demander aux Français de ratifier son coup d'État.
Le 21-22 décembre c'est finalement par un référendum en forme de plébiscite que les Français acceptent les réformes du « prince-président », le coup d'État est ratifié par l'immense majorité des 7 145 000 de « oui » face à 600 000 « non ». Louis-Napoléon se voit confier les pouvoirs nécessaires pour établir une nouvelle constitution.
Conséquences
La constitution française fut donc modifiée. Celle-ci confiait le pouvoir exécutif à un président élu pour dix ans, titulaire de l'initiative législative, réduisant ainsi très fortement la marge d'action du corps législatif.
On peut donc qualifier ce régime d'autoritaire. D'ailleurs, alors que cela demeure encore un an la Seconde République, en tout cas officiellement, le régime mue officiellement en un Second Empire le 2 décembre 1852, ce qui ne surprit pourtant personne. Le sénatus-consulte du 7 novembre 1852 avait rétabli « la dignité impériale » au profit de Louis-Napoléon, le président Louis-Napoléon Bonaparte, élu par le peuple français, devenait sereinement Napoléon III.
