Corvée
| Image manquante Heraldique_couronne.png | Cet article est une ébauche concernant l'Histoire, vous pouvez partager vos connaissances en le modifiant. |
La corvée (du latin corrogare, « demander ») est un travail non rémunéré imposé par un maître à ses dépendants, qu'ils soient de statut libre ou non. Elle est un rouage essentiel du système politico-économique médiéval et tire son existence de la rareté de la monnaie à cette époque.
On distingue corvée privée et corvée publique. La première consiste en des jours de travail effectués sur la pars dominica (terre réservée du seigneur). Concrètement, il s'agit d'assistance au moment des labours, des moissons ou de la vendange. Elle peut impliquer, pour le dépendant, l'utilisation de ses propres bêtes de sommes. La corvée publique ou royale consiste en un travail imposé d'entretien des voies et ouvrages d'art publics : routes, ponts, fossés, palissades, etc.
La corvée privée tombe en désuétude à partir du XIe siècle, lorsque la monnaie devient d'usage plus courant — du moins dans l'Europe du Sud. Dès lors, elle ne concerne plus qu'un ou deux jours par an, et devient facile à racheter. Seuls les serfs et les personnes libres mais trop pauvres restent « corvéables à merci ». En Europe du Nord et en Angleterre, la corvée privée reste importante tout au long du Moyen Âge.
La corvée reste, dans l'imagination contemporaine, le symbole de la domination des seigneurs et de la monarchie, au même titre que la dîme ou la gabelle.
Bibliographie
- R. Fossier, q.v., Dictionnaire du Moyen Âge, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 2002.
