Consul
Les consuls de Rome
Consul est le titre donné aux deux magistrats principaux élus chaque année par les Romains pendant la République.
Après la chute de la monarchie romaine, des magistrats succèdent aux rois. Selon certaines sources, le consulat n'est pas une institution latine, car l'habitude à la chute de la royauté était plutôt d'instituer un dictateur, c'est à dire un homme seul qui a un pouvoir immense mais dans une durée limitée.
Dans les premiers temps de la République, les premiers magistrats, toujours deux (principe de collégialité, ou imperium duplex), s'appelaient praetores (préteur). Ce terme se retrouve ensuite dans le nom que porte les officiers à la tête des armées romaines, dans la désignation de la tente principale d'un camp légionnaire (praetorium), dans la garde de certains généraux en chef à l'époque républicaine, la Garde prétorienne, ou dans la (porta praetoria). A partir de -305 environ, le terme consules est introduit. Il signifie vraisemblablement "ceux qui vont ensembles" (alors que praetor signifie "celui qui va de l'avant"), et provient étymologiquement de con (ensemble) et de salio.
Les Consuls sont élus par les Comices centuriates, présidés pour l'occasion par un Consul, un Dictateur ou un Interrex.
Jusqu'en -366 le consulat est strictement plébéien. La loi de C. Licinus permet à L. Sextius de devenir le premier consul plébéien.
Dans un premier temps les Consuls sont détenteurs de tous les pouvoirs du roi, sauf celui de Rex sacrorum, fonction sacerdotale. Leur imperium consulaire était le pouvoir suprême à Rome, figuré par les douze licteurs qui précède le Consul. Néanmoins, cet imperium est suspendu le temps de la dictature (vingt quatre licteurs). Détenteur également au début des pouvoirs judiciaires, ils s'en sépareront ensuite quand la préture sera organisée en magistrature distincte, dotée de l'imperium minus. Le pouvoir du census, c'est à dire de tenir l'album sénatoriale, passera également des mains des Consuls à celles du Censeur, en -443. L'imperium proconsulaire, c'est à dire le pouvoir consulaire sur une province définie, est quasiment illimité.
Les Consuls à Rome sont supérieurs à tous les autres magistrats, sauf aux Tribuns de la Plèbe. Ils convoquent le Sénat, exécutent ses décisions, convoquent les assemblées du peuple et les président, surveillent les élections... Ils peuvent même sanctionner un magistrat inférieur en rang. Ce sont également les commandants suprêmes de l'armée.
Ils donnent leur nom à l'année de leur mandat (on parle de consul éponyme). Sous l'empire, la magistrature est vidée de son pouvoir, et seuls subsistent des consuls dits suffects. Seul l'empereur exerce l'imperium lié au consulat.
Enfin, quand la dictature est tombée en désuétude, les pleins pouvoirs étaient remis aux Consuls par un sénatus-consulte ultimum : viderent operam consules, ne quid respulica detrimenti caperet (prenez garde Consuls à ce que la République ne souffre aucun dommage). Par ce sénatus-consulte, les consuls étaient investis du pouvoir dictatorial, sans restriction du sénat, mais pour un temps limité.
Clovis reçu en son temps les insignes consulaires, selon Edward Gibbon.
Le mot consul dans le contexte romain s'abrège couramment en : COS, suivant le modèle des épigraphes antiques.
Pour désigner une personne ayant été huit fois a cette charge, on écrit COSVIII : Consul pour la huitième fois.
Voir aussi
Fastes consulaires (liste des consuls) - Cursus honorum
Significations ultérieures
- Le Consulat est une période clôturant la Révolution française : la direction du pays revint à trois consuls, mais dans les faits les pouvoirs se concentrèrent progressivement dans les mains du seul Premier consul Napoléon Bonaparte jusqu'à son couronnement impérial en 1804.
- Aujourd'hui, le consulat est une fonction diplomatique, inférieure à celle d'ambassadeur. On distingue le consul général, chargé des questions diplomatiques dans certaines grandes villes ne disposant pas d'ambassade (donc généralement autres que la capitale) et le consul, chargé de l'appui aux ressortissants de son pays.
