Conseil national de la Résistance
Le Conseil national de la Résistance est l'organe qui dirigea et coordonna les différents mouvements de la Résistance française, de la presse, des syndicats et des membres de partis politiques hostiles au gouvernement de Vichy.
Son premier président fut Jean Moulin, délégué du Général de Gaulle. Ce Conseil était voulu par De Gaulle afin d'unifier les différents mouvements de résistance qui s'étaient spontanément constitués depuis son appel du 18 juin 1940, lendemain de l'armistice signé avec les nazis par le Maréchal Pétain. En effet, les mouvements de Résistance - hormis les Francs-Tireurs Partisans (FTP) et les résistants communistes - étaient le plus souvent inorganisés et n'étaient pas coordonnés. Nombre de maquis n'entretenaient pas de relations entre eux et ce cloisonnement des mouvements de résistance empêchait toute action commune et organisée.
Ainsi, Jean Moulin, un fidèle de De Gaulle, devient le représentant du général le 1er janvier 1942 afin d'unifier l'ensemble des mouvements de résistance. Ce tour de force se produira le 27 mai 1943 avec la première réunion du Conseil National de la Résistance (CNR), à Paris.
Cette première réunion réunit les deux grands syndicats d'avant-guerre (CGT et CFTC), huit mouvements de résistance, des représentants du PCF, de la SFIO, de l'Alliance démocratique et des démocrates-chrétiens.
Mais, peu après sa création, Jean Moulin qui en était alors le président, est capturé à Lyon par les SS, sur dénonciation. Il sera alors torturé pendant 3 jours par Klaus Barbie lui-même, et décédera pendant son transfert vers l'Allemagne sans avoir rien dit à ses tortionnaires. Son mutisme empêchera aux nazis de démanteler le CNR, qui pourra continuer ses actions (sabotages, propagande, attentats contre les nazis...), sous la direction d'Alexandre Parodi, délégué général et de Georges Bidault, nouveau président.
Adopté le 15 mars 1944 après des mois de négociations, le programme du Conseil National de la Résistance est très empreint de rénovation sociale et de l'influence des groupes communistes comme le Front National, surtout dans la partie II « Mesures à appliquer dès la Libération du territoire », qui vise à instaurer une vraie « démocratie sociale », sous un régime d'économie planifiée.
Parmi les mesures envisagées et appliquées à la Libération, citons la nationalisation de l'énergie, des assurances et des banques, la création de la Sécurité Sociale, l'indépendance des syndicats (qui sera actée par la « Charte d'Amiens » en 1946). Ces actions ont constitué jusqu'à aujourd'hui une grande partie des acquis sociaux de la seconde partie du XXe siècle.
