Conquête de l'Algérie
La conquête de l'Algérie se fit en plusieur étape. La prise d'Alger en 1830. Une campagne militaire française, de 1830 à 1847, pour pacifier l'Algérie. Marqué par la prise d'Alger, la résistance d'Abd El-Kader , puis sa défaite finale. Et enfin des opération de pacification et d'exploration du Sahara.
Origine algérienne
L'Algérie est en déclin depuis le début des guerres napoléoniennes qui limitent le commerce en Méditérranée. De plus, à partir de 1815, les flottes anglaises et française pacifient la Méditerranée. Les revenus du dey d'Alger, le plus haut dignitaire turc en place (l'Algérie fait alors partie de l'Empire ottoman), baissent. Pour compenser la perte de la piraterie et du commerce, celui-ci accroit la pression fiscale, mal supportée par la paysannerie. Pour échapper au pouvoir central, la population se nomadise. De plus, la production de blé algérien se heurte à la concurrence de l'Europe de l'est, et la chute de l'Empire français a privé l'Algérie d'un grand importateur. La crise sociale déclenche une crise politique, le dey d'Alger est contesté par les beys. La menace d'implosion intérieure ne cesse de s'amplifier dans les années 1820. Le pays est fragilisé.
Origine française
Motivée par la volonté de distraire l'attention d'une opinion publique agitée (Seconde Restauration), encouragée par la Russie, la France se relance dans les campagnes coloniales avec la conquête d'Alger (1830). L'invasion prend pour prétexte un incident diplomatique entre un représentant français, Pierre Deval, et le dey d'Alger, au sujet d'une sombre affaire financière issue de l'Empire. À cette époque, Talleyrand avait négocié un payement différé pour deux négociants juifs d'Alger, chargés d'importer du blé algérien en France. Ceux-ci ne furent pas payés, et ne purent s'acquitter des taxes imposées par le dey. En 1827, celui-ci réclame le payement des deux marchands, afin de percevoir des taxes dont il a grand besoin. Exaspéré devant le Français qui laisse trainer l'affaire, il le gifle. Charles X saisit alors l'occasion pour échapper à ses difficultés intérieures.
Le roi, très conservateur, veut renouer avec le prestige monarchique (il s'est fait sacré à Reims selon les rites anciens), et décide donc de laver l'honneur du pays. Un blocus maritime est mis en place. L'invasion est conseillée par Polignac, afin de sauver la situation intérieure française. Le roi renoue avec la tradition des croisades, des catholiques contre l'Empire turc. La chevalerie est de retour, et Charles X avoue même vouloir retrouver l'esprit des victoires de Cortès, avec l'espoir de conquérir l'Afrique. La logique coloniale est aussi présente, on cherche de nouveaux débouchés pour l'agriculture, le commerce et l'industrie. L'expédition va offrir la civilisation.
La campagne
D'abord jugée comme risquée, la campagne est finalement rapidement victorieuse. La France débarque le 14 juin 1830, avec 500 navires et 35 000 hommes. La résistance s'organise mal, mais la présence française est contestée par les caïds, les chefs de tribus. Alger est prise le 5 juillet, après des combats difficiles. Charles X comptait d'ailleurs utiliser cette victoire pour renforcer sa légitimité de roi de France, à l'intérieur du pays, et faire plus facilement passer ses 4 ordonnances de Saint Cloud. Mais il fut renversé en juillet (Trois glorieuses).
Le 26 juillet 1830, les chefs religieux appellent au djihad. Finalement, c'est le régime de la Monarchie de Juillet qui s'entend avec les leaders algériens pour organiser un nouvel ordre local, mais de nombreuses tensions de pouvoir demeure, et une résistance s'organise notamment avec Abd El-Kader , à partir de 1832. Les tribus se réunissent dans un idéal de guerre sainte afin de constituer un territoire autonome, envers la France et l'Empire Ottoman. En 1837, une paix est négociée, Abd El-Kader contrôle les deux tiers du territoire. En 1839, après des maladresses française, la guerre reprend car Abd El-Kader souhaite refouler les français. Ceux-ci réagissent violemment, et en 1843, ils remportent une grande victoire. Une sorte de guerilla se met en place, pour finalement être lentement refouler vers le Maroc. Une intervention française au Maroc fera perdre ce soutien, Abd El-Kader doit se rendre, et la campagne d'Algérie s'achève. La colonisation peut commencer.
