Conjonction de coordination

On aura soin bien sûr, de ne pas confondre la conjonction de coordination avec la conjonction de subordination, qui elle, est un subordonnant, en d'autres termes, un mot-outil instaurant une relation hiérachique entre les éléments réunis.
Une phrase mnémotechnique permet de se souvenir de cette liste canonique : « Mais où est donc Ornicar ? » (mais, ou, et, donc, or, ni, car).
Sémantiquement, seuls « et », « ou » et « ni » sont de véritables conjonctions de coordination, les autres termes dénotant un rapport dépassant celui de la seule coordination (« donc » ajoute une idée de conséquence, « car » de causalité, « mais » et « or », d'opposition).
Sommaire

Conjonction « et »

La conjonction et est la conjonction de coordination type. Elle permet d'additionner deux éléments (ou davantage) de même nature et même fonction. Ces éléments peuvent être des mots (des noms, des pronoms, des adjectifs, des verbes, des adverbes, plus exceptionnellement, des mots-outils), des syntagmes, des propositions, des phrases :

J'ai acheté le journal et du papier à lettres.
Coordination d'un nom et d'un syntagme nominal.
Tous les jours, tu arraches les mauvaises herbes et tu arroses le jardin.
Coordination de deux propositions.
Ce jour-là, Julien se leva de bonne heure. Et, comme il faisait beau, il plongea dans la piscine sans se préoccuper de ce qui s'était passé la veille.
Coordination de deux phrases.
Dans mon jardin, il y a des tomates<u>, <u>du basilic<u>, <u>des salades<u> et <u>de la menthe<u>.
Aujourd'hui j'ai mangé, et <u>des crudités, et des grillades, et de la purée, et du fromage, et du gâteau, et des fruits.
Dans mon jardin, il y a des tomates, du basilic, des salades, de la menthe.

Conjonction « ou »

La conjonction ou permet d'indiquer une idée de sélection, de choix, entre les éléments (deux ou davantage) de même nature et même fonction, qu'elle coordonne. Ces éléments peuvent être des mots, des groupes ou des propositions.

Que veux-tu manger ? Un fruit, un yaourt ou un gâteau ?
Choisis ce que tu veux manger : ou un fruit, ou un yaourt, ou un gâteau.
La science nous apprend qu'une espèce doit s'adapter ou bien disparaître.
La science nous apprend qu'une espèce doit, soit s'adapter, soit disparaître.

Conjonction « ni »

La conjonction ni permet d'indiquer une idée d'exclusion entre les éléments (deux ou davantage) de même nature et même fonction, qu'elle coordonne. Le type d'élément peut être le mot, le groupe ou la proposition, mais pas la phrase. Elle correspond donc à la conjonction « et » employée à la forme négative.

Quel jour choisir ? Ni le mercredi, ni le samedi, ni le dimanche, en tout cas.
Je ne bois ni thé, ni café.
Et non pas : « Je ne bois pas ni thé ni café ». Ce qui correspondrait à une double négation.
Si l'on choisit de conserver néanmoins le second élément de la négation, il faut alors supprimer la conjonction « ni » devant le premier élément (on observera dans ce cas la nécessité d'employer l'article partitif « de ») :
Je ne bois pas de thé, ni de café.

Conjonction « mais »

La conjonction mais permet d'indiquer une idée d'opposition entre seulement deux éléments (jamais davantage) de même nature et même fonction. Contrairement à ce qui se passe pour les conjonctions « et », « ni » et « ou », la conjonction « mais » n'est jamais répétée, et se place simplement devant le second élément :

Alex est intelligent mais paresseux.
On remarque que la conjonction « et » n'aurait pas convenu ici, car les élément coordonnés, « intelligent » et « paresseux », bien que de même nature et de même fonction (adjectifs qualificatifs attributs du sujet « Alex »), sont sémantiquement opposés (une qualité s'opposant à un défaut).
Il comprend parfaitement ce qu'on lui dit, mais ne travaille pas assez.
Mais que vous êtes élégante ce soir !

Conjonctions « donc » et « car »

La conjonction donc (considérée par certains grammairiens comme un véritable adverbe de liaison) permet d'indiquer une idée de conséquence entre les deux éléments (jamais davantage) de même nature et même fonction, qu'elle coordonne. La conjonction car permet d'indiquer une idée de cause entre les deux éléments (jamais davantage) de même nature et même fonction, qu'elle coordonne. En conséquence, à l'instar de la conjonction « mais », les conjonctions « donc » et « car » ne sont jamais répétées, et se placent simplement devant le second élément.

La météo a annoncé du froid, donc, je prends mon pull-over.
Je prends mon pull-over, car la météo a annoncé du froid.
Donc, Nathalie arrive chez sa grand-mère. / Nathalie, donc, arrive chez sa grand-mère. / Nathalie arrive donc chez sa grand-mère. / Nathalie arrive chez sa grand-mère, donc.

Conjonction « or »

La conjonction or est la conjonction de coordination dont l'emploi est le plus flou. Elle indique généralement une idée d'opposition et s'apparente ainsi à la conjonction « mais » :

Tout le monde admire Léonard dans le village. Or on ignore généralement qu'il est profondément dépressif.
C'était un homme prévoyant. Or il lui arriva ce qu'il redoutait le plus.
Tous les hommes sont mortels. Or Socrate est un homme. Donc, Socrate est mortel.

La conjonction « or » ne peut relier que deux éléments, jamais davantage. Elle n'est jamais répétée, et se place simplement devant le second élément. Habituellement, les éléments qu'elle coordonne peuvent être des propositions ou des phrases (rarement des mots).

On notera par ailleurs le côté un peu arbitraire des classifications, « or » ayant le statut de conjonction de coordination dans le même temps que « toutefois » et « néanmoins », qui s'utilisent avec des constructions similaires et dont le sens est extrêmement voisin, ne l'ont pas.

Autres coordonnants

La plupart des mots pouvant jouer le rôle de coordonnants, ou coordonnants occasionnels, sont des adverbes de liaison ou adverbes de phrases ou connecteurs (« à peine, à savoir, alors, ainsi que, aussi, aussi bien que, c'est-à-dire, c'est pourquoi, comme, de même que, du moins, encore, ensuite, en vain, même, peut-être, pourtant, puis, soit, voire, etc. ») :

Boris a mangé des grillades, de la purée, du fromage, du gâteau, enfin des fruits.
Aujourd'hui, j'irai me promener dès que j'aurai fini mon travail.
L'adverbe « aujourd'hui » coordonne la phrase ci-dessus à la précédente (ou : introduit la phrase ci-dessus).
C'est une personne très instable : hier, il était maçon à son compte, aujourd'hui, il vend des boissons sur la plage, demain, il sera peut-être ouvrier agricole, gardien d'immeuble ou encore, représentant de commerce.
Les adverbes des temps « hier », « aujourd'hui » et « demain » coordonnent (ou introduisent) les trois propositions indépendantes.

Sujets connexes

See also: Conjonction de coordination, Adjectif, Adverbe, Analyse morphosyntaxique, Conjonction de subordination, Coordination, Fonction syntaxique, Grammaire, Interjection, Juxtaposition