Accords d'Évian
Les accords d'Évian sont le résultat de la Conférence d'Évian. Ces accords ont été signés le 18 mars 1962 et se traduisent immédiatement par un cessez-le-feu applicable sur tout le territoire algérien dès le lendemain.
Ces accords mettaient fin a huit ans d'une guerre qui n'en portait pas encore le nom et pour laquelle la France avait déployé environ quatre cent mille hommes.
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Les négociateurs
- Délégation du Front de libération nationale (FLN)
- Krim Belkacem
- Saad Dahlab
- Ahmed Boumendjel
- Ahmed Francis
- Taïeb Boulahrouf
- Mohammed Ben Yahia
- Rehda Malek
- Kaïd Ahmed (Commandant Slimane)
- Commandant Mendjli
- Délégation française
- Louis Joxe
- Bernard Tricot
- Roland Cadet
- Yves Roland-Billecart
- Claude Chayet
- Bruno de Leusse
- Vincent Labouret
- Jean Simon (général)
- Hubert de Seguins Pazzis (lieutenant-colonel)
- Robert Buron
- Jean de Broglie
Les grands enjeux de la négociation
- Le statut de la minorité européenne d'Algérie.
- Le cas du Sahara
- Les bases militaires (Mers el Kébir...) et les essais nucléaire français.
Les principales dispositions des accords
Le texte connu comme les « accords » d'Évian comprend deux parties :
- un accord de cessez-le-feu, dont l'application est fixée au lendemain 19 mars 1962;
- des déclarations gouvernementales relatives à l'Algérie, qui portent notamment sur :
- la période de transition jusqu'au référendum d'autodétermination. Pour cette période étaient mis en place un Exécutif provisoire et un Haut-Commissaire représentant l'État français.
- la libération des prisonniers dans un délai de 20 jours et une mesure d'amnistie générale.
- l'organisation d'un référendum d'autodétermination dans un délai minimum de trois mois et maximum de six mois.
Dans l'hypothèse où, à la suite du référendum; la solution d'indépendance serait retenue,
- des garanties prévues pour personnes conservant le statut civil de droit français ;
- la programmation du retrait des forces militaires françaises.
L'application des accords
Si la partie française a scrupuleusement respecté le texte des accords, l'appliquant même avec plusieurs années d'anticipation en ce qui concerne le retrait des forces militaires, le FLN de son côté, et le gouvernement algérien qui lui a succédé, ne se sont pas considérés engagés par ce texte, qui après tout ne portait que le titre de « déclaration ».
En particulier, le cessez-le-feu, appliqué immédiatement et scrupuleusement par l'armée française qui est « rentrée dans ses casernes » et a consacré dans un premier temps l'essentiel de ses efforts à la lutte contre l'Organisation armée secrète (OAS), n'a pas mis fin au terrorisme. Aux attentas de l'OAS, qui prétendait empêcher l'application des accords, succéda dès le mois d'avril une vague d'attentats, notamment les enlèvements de personnes, qui se sont déchaînés contre les civils français et les harkis, connaissant d'ailleurs leur apogée après l'indépendance, si bien que le nombre de victimes civiles européennes et surtout musulmanes de la guerre d'Algérie fut bien plus élevé après le 19 mars qu'avant. 300 militaires français ont été tués par le FLN en Algérie entre mars et juillet 1962. Quant aux dispositions censées assurer la protection des Pieds-Noirs, elle n'eurent pas plus de valeur qu'un « chiffon de papier ». Abandonnés au sens strict du terme par l'État français, un million de citoyens français durent se réfugier en France métropolitaine. La libre circulation des personnes entre la France et l'Algérie ne fonctionna après l'indépendance que dans le sens sud-nord.
