Conciergerie
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La Conciergerie est aujourd’hui un ensemble de salles gothiques datant du XIVème siècle. Construite sous Philippe IV, elle constitue un vestige, avec la Sainte-Chapelle, de l’ancien palais capétien de la Cité, située sur l'île de la Cité. Elle est composée de trois salles : la salle des gens d’armes (le plus grand vestige de salle civile médiévale d'Europe - elle mesure environ 69mx27m.), la Rue de Paris et la salle des gardes. Des cuisines et deux tours (la tour César et la tour d'argent) viennent compléter cet ensemble. Au Moyen Âge, la Conciergerie constitue la prison du Palais, rôle confirmé à la Révolution de 1789 lorsque le Tribunal révolutionnaire s’installe dans les murs du Palais. La reine Marie-Antoinette y fut enfermée à l'époque de la Révolution française.
Au Moyen Âge, l’histoire de la Conciergerie se confond avec celle du Palais. La salle des gens d’armes est alors la salle basse de la Grand’Salle, ou aula, c’est-à-dire le lieu de réception des souverains. La salle des gardes, quant à elle, est l’antichambre de la Grand’Chambre, qui est le lieu de Justice. Les Cuisines servent la Maison du roi et les tours n’ont pas de fonction particulière. Lorsque Charles V quitte le Palais, il y maintient son administration et nomme un Concierge, sorte de prévôt. La Conciergerie désigne d’abord le logement du Concierge puis, par extension, la prison dans laquelle il détient ses prisonniers. Les tours, mais aussi des cachots situés autour du préau, servent ainsi de lieu de détention. Lorsque le Palais de la cité perd sa vocation de résidence royale, la Conciergerie devient alors une dépendance du Parlement. Sous la Révolution, l’usage des bâtiments de la prison est identique, seul le surnom de l’édifice change au profit de formules plus évocatrices comme « la dernière hôtellerie des condamnés à mort » ou encore « l’antichambre de la guillotine ». La salle des gardes, la Rue de Paris, le préau et la cour des femmes forment dès lors les nouvelles limites de la prison. La Conciergerie garde cette fonction carcérale tout au long du XIXème siècle et son appropriation au régime cellulaire est autorisée par arrêté du 15 mai 1855 lors des travaux de réfection des cellules par Louis-Joseph Duc. Le monument perd son statut de prison en 1914 et il est ouvert au public. Le nom de Conciergerie désigne alors à la fois une partie du quartier de détention, c'est-à-dire la prison des femmes, et l’ensemble des salles gothiques, à savoir la salle des gens d’armes, la Rue de Paris, la salle des gardes et les cuisines. Ainsi, le nom de Conciergerie désigne des réalités différentes au cours des siècles mais elle a une origine pénitentiaire pratiquement depuis sa création.
Le Palais de justice prend une nouvelle dimension politique et sociale sous la Restauration. En effet, depuis Louis XVIII et Charles X, le débat judiciaire dispute la préférence au débat parlementaire. De nouveaux postes sont créés mais les locaux ne suffisent plus à accueillir le volume croissant des affaires. C’est à ce moment que les tout premiers travaux de restauration sont entrepris au Palais. Les affaires judiciaires ne cessant d’augmenter, la Monarchie de Juillet lance un vaste programme d’agrandissement du Palais. Jean-Nicolas Huyot est chargé de rédiger un projet d’agrandissement et d’isolement afin d’en faire un édifice majestueux. En 1840, Duc et Dommey, suite au décès de Huyot, sont nommés pour mener à bien ce projet. Louis-Philippe ne verra cependant pas l’achèvement du Palais, à cause de la Révolution de 1848. C’est sous Napoléon III que les travaux vont trouver leur rythme de croisière.
Les travaux sont quasiment achevés lorsque éclatent les événements de 1870. Allumé en divers endroits du Palais de justice par la Commune agonisante, le feu du 24 mai 1871 réduit à néant presque un quart de siècle de travaux. Dès lors, tout est à recommencer. Daumet est nommé architecte du Palais après le décès de Duc en 1879. Les plans sont refaits et les travaux recommencent en 1883. La Conciergerie est néanmoins achevée à cette date. Depuis 1914, le Palais n’a pas connu de travaux d’une telle envergure.
La conciergerie se visite. Elle abrite ponctuellement des expositions. On y trouve aussi une reconstitution des geôles révolutionnaires des cellules à pailleux, à pistole et celle de Marie-Antoinette.
On trouve un témoin de la crue de 1910 à environ 1 mètre de hauteur de la salle donnant accès aux tours d'argent et César.
Le monument est géré par le Centre des Monuments nationaux (Monum')
