Comte de Saint-Germain
Le Comte de Saint-Germain est un personnage mythique du XVIIIe siècle. Probablement né en 1707, décédé à Eckernförde (Schleswig) en 1784.
Initié d'origine allemande, il aurait eu le souvenir de ses vies antérieures et une sagesse correspondante, ou aurait disposé d'un elixir de longue-vie lui ayant donné une vie très longue et des souvenirs étonnants, de 2000 à 4000 ans d'après lui, ce qui lui permettait de raconter les noces de Cana ou les intrigues de la cour de Babylone.
Présenté à Louis XV et Madame de Pompadour en 1750, il fit sensation à Versailles (Son pseudonyme est curieux : Saint-Germain étant un domaine royal, on peut se demander quelle aurait été l'impression s'il s'était dit Marquis de Saint-Cloud ou Duc de Marly). Il était habillé de vêtements couverts de bijoux, n'absorbait que des pilules, du pain et du gruau et parlait et écrivait le grec, le latin, le sanscrit, l'arabe, le chinois, le français, l'allemand, l'anglais, l'italien, le portugais et l'espagnol. Il peignait délicatement et était virtuose au clavecin et au violon, composait de la musique. Il aurait été très versé en chimie et alchimie.
Le compositeur Rameau se souvenait d'avoir vu Saint-Germain en 1701. La comtesse de Cergy l'avait vu à Venise, où elle était ambassadrice 50 ans plus tôt. Il pouvait se rendre invisible et était aussi hypnotiseur, ce qui peut expliquer beaucoup de ces faits (à l'époque, l'hypnotisme était rattaché au somnambulisme et au « magnétisme »).
Voltaire le décrivait comme « l'Homme qui sait tout et ne meurt jamais » et Frédéric le Grand l'appelait « L'homme qui ne peut pas mourir ». Obligé de fuir en 1760 sous la pression de sombres affaires, il voyagea en Prusse, Russie, Italie, Angleterre, et Autriche, où on le vit souvent à Vienne, « quartier général des Rose-Croix » et échoua finalement à la cour du landgrave de Schleswig-Holstein, alchimiste fervent. Il serait mort subitement dans les bras de deux femmes de chambre, mais aurait reparu à Paris comme spectateur pendant la Révolution.
Des hypothèses ont circulé sur ses actions d'espionnage, mais au profit de qui ? Il aurait été au moins agent triple, tandis que diverses allégations rapportent son attachement au principe monarchique ou même à l'hégémonie allemande rosicrucienne.
Casanova a raconté son entrevue à La Haye avec le Comte, vêtu d'un costume d'Arménien, le même que l'on prêtait au Juif errant, autre incarnation du mythe de la longévité perpétuelle, mythe qui disparut incidemment au XVIIe siècle. Mais Casanova soupçonna le Comte de prestidigitation et d'imposture.
Goethe aurait été un de ses disciples. Napoléon III, initié Carbonari (« maçonnerie » du bois) s'intéressa au Comte de Saint-Germain et chargea la police de rassembler aux Tuileries tous les indices possibles le concernant. Hélas, ce dossier aurait brûlé lors de l'incendie qui ravagea ce Palais parisien en 1871, ce qui fait qu'il ne reste presque plus aucune trace de l'identité réelle ou prétendue de Saint-Germain.
Diverses hypothèses circulent sur ses ascendants : Juif portugais ou bâtard de sang royal apparenté aux Habsbourgs (hypothèse de Chacornac), ou aristocrate hongrois de la famille des Rakoczy.
