Comté de Bourgogne
La Comté de Bourgogne est une région habitée dès le paléolithique, et occupé par la tribu gauloise des Séquanes.
Peu touché par les grandes migrations des peuples, elle fait partie du pays alaman au Ve siècle, puis de la Burgondie de 457-534. Elle appartient ensuite au royaume franc, puis au royaume de Bourgogne au VIe siècle. La christianisation est alors achevée grâce au développement du monachisme, surtout inspiré de saint Colomban.
Le royaume de Bourgogne est reconstitué en 888 lors de l'éclatement de l'Empire carolingien. Il est ruiné au XIe siècle par l'anarchie féodale. Cependant que le duché de Bourgogne va à une branche cadette des Capétiens, le comté passe dans l'orbite de l'empire germanique. La capitale est alors Dôle.
Le développement des routes commerciales à travers le Jura et l'exploitation des salines assurent la prospérité, et les villes préservent leur franchise en maintenant leur neutralité dans les conflits féodaux.
La famille comtale est une branche collatérale de la dynastie de Bourgogne, issue au Xe siècle d'un frère du roi Raoul, Hugues le Noir, et de son gendre Gilbert. Le premier comte, Otte-Guillaume (†1027), est le fils du duc de Lombardie Adalbert et de la comtesse de Dijon Gerberge.
L'emprise impériale se marque à la fin du XIe siècle, quand l'empereur Henri III attache la dignité d'archichancelier à l'archevêché de Besançon et confère à Besançon le rang de ville impériale. Guy de Bourgogne, frère de Renaud II devient ensuite le pape Calixte II et impose à l'empereur Henri V la paix de Worms.
Au XIIe siècle, la protection impériale permet le développement de Besançon. Mais en 1127, après l'assassinat du comte Guillaume III l'Enfant, son cousin Renaud III secoue le joug impérial. Il se dit alors franc comte.
L'empereur Frédéric Ier Barberousse rétablit son influence, fait prisonnier le fils du comte Guillaume IV et met la main sur le comté en épousant à la mort de Guillaume IV sa nièce et héritière, la fille de Renaud III, Béatrice. À la mort de Barberousse, c'est son fils cadet, Othon Ier, qui reçoit le comté de Bourgogne et prend le titre d'archicomte. Lui succède son gendre Othon II, duc de Méranie, puis les enfants de celui-ci et finalement sa fille Alix de Méranie, mariée à Hugues de Chalon, arrière petit-fils de Guillaume IV.
Les comtes doivent longtemps partager la réalité du pouvoir avec quelques grandes familles féodales, notamment avec cette famille de Chalon qui est issue du mariage du comte d'Auxonne Étienne III, petit-fils du comte de Bourgogne Guillaume IV, et de Béatrice de Thiern, héritière du comté de Châlon. L'autorité n'est reconstituée que par le mariage de leur petit fils Hugues de Chalon, avec Alix, fille et héritière d'Othon II. Cela n'empêche cependant pas un cadet, Jean de Chalon-Arlay, de prendre la tête des mouvements féodaux.
Othon IV, fils de Hugues et Alix, est le dernier des comtes féodaux de la Bourgogne comtale. Il d'épouse d'abord la fille du comte de Bar, puis la petite-nièce de saint Louis, la comtesse Mahaut d'Artois. Ce mariage fait passer la comté dans l'aire d'influence française. La fille d'Othon IV et de Mahaut, Jeanne, épouse Philippe de Poitiers, fils de Philippe le Bel. Elle deviendra reine de France après avoir été l'une des héroïnes de l'affaire des brus du roi.
Las des querelles avec ses barons et d'une nouvelle révolte menée contre l'influence française par Jean de Chalon-Arlay, Othon IV cède moyennant finance la comté de Bourgogne en dot à sa fille et désigne le roi de France comme administrateur de la dot en 1295. En épousant leur fille et héritière Jeanne, le duc Eudes IV reconstitue enfin l'unité de la Bourgogne.
Cette union n'est rompue qu'à la mort de Charles le Téméraire, lorsque Louis XI saisit la comté en 1477. Soucieux d'être libre pour son intervention en Italie, Charles VIII la cède finalement à Maximilien de Habsbourg en 1493.
Voir aussi
- Duché de Bourgogne
- Liste des ducs de Bourgogne
- Liste des comtes palatins de Bourgogne
- Royaume de Bourgogne
