Communisme (mouvement historique et politique)

Le mot communisme (mouvement politique) désigne à la base des types de mouvements politique qui militent pour une société sans classe sociale, sans salariat, sans frontière, sans Etat, qui soit égalitaire et libre. Aujourd'hui, et depuis plus d'un siècle, des mouvements divers et contradictoires se revendiquent de cette etiquette.

Le communisme a été une des idéologies/pratiques majeures répandue au cours du XXe siècle, à la fois dans les luttes ouvrières ou que dans l'inspiration revendiquée de régimes politiques.

Sommaire

Théorie : la société communiste

Voir Communisme (théorie économique)

Une société communiste peut être définie comme une société dans laquelle il n'y a plus de relations économiques, les produits n'étant plus fabriqués pour être des marchandises, mais pour satisfaire les besoins.

Si des anthropologues pensent que certaines sociétés primitives peuvent être considérées comme des « sociétés de type communiste », bien qu'aucune société connue ne soit privée de hiérarchie, il n'a jamais existé de sociétés fonctionnant de manière communiste dans l'histoire humaine, mais il est courant de citer certaines expériences de socialisme comme :

Dans le monde actuel, le communisme reste donc essentiellement un projet de société.

Le projet de société communiste repose sur la propriété collective des moyens de production, c'est-à-dire des usines, des terres agricoles cultivées ou d'élevage, des moyens de transport, etc., pour assurer à tous la disposition de biens « à chacun selon ses besoins ». La distribution est considérée comme une branche de la production et est donc aussi collectivisée.

Dans une société communiste, les échanges reposent sur la Gratuité : il n'y a ni commerce, ni argent, ni tout autre rapport marchand, cela étant à la fois impossible et inutile (chacun ayant tous ses besoins couvert par le mode de production communiste, il n'y a plus d'échange à proprement parler). La propriété privée est, sinon abolie, du moins très limitée, de sorte que la notion de don disparait aussi .

Le communisme admet que tous ne sont pas aussi productifs pour tout, et qu'il doit attendre une production « de chacun selon ses capacités », mais il considère que généralement chacun peut à son gré se livrer à l'occupation de son choix, qu'on peut abolir la division sociale du travail sans mettre en péril la production et donc la disponibilité des biens (sa vision est proche à cet égard de la société post-industrielle évoquée par Hermann Kahn), et supprimer toute force coercitive, comme la police ou l'armée, et plus généralement fonctionner sans État. Il admet que certaines tâches et fonctions sont plus désagréables ou agréables que d'autres, et compte sur la démocratie directe pour juguler les conflits, notamment ceux relatifs à la production.

La théorie communiste évoque aussi le principe du matérialisme historique, mais également (du moins pour les anarchistes communistes) le principe d'entr'aide.

Confusions : autour du terme Communisme

Beaucoup de confusions existent autour du terme Communisme. Il est assez souvent confondu avec le mouvement Marxiste, qui n'en est qu'un des composantes, voire avec le stalinisme qui a produit quelques sociétés dictatoriales à gestion Étatique du capitalisme (concentration du capital). Il est aussi confondu avec Collectivisme politique et/ou économique.

Quelques années après la répression de la commune de paris de 1871, et jusqu'en 1917, les marxistes étaient désignés comme « collectivistes » et les anarchistes comme « communistes », du fait que le premier courant utilisait l'État comme outil de transition, au contraire du second qui utilisait des moyens libres et autonomes pour atteindre le but recherché.

Concrètement, une société communiste est définie comme une société sans classes et sans État, Les réalisations pratiquées par les républiques dites soviétiques ne réalisèrent aucunement l'abolition des classes sociales (puisqu'il y avait les administrateurs et les administrés) ni encore moins l'abolition de l'État.

Histoire

Le communisme platonicien

L'une des premières descriptions de société communiste se trouve dans La République de Platon.

Ce que l'on a appelé le communisme platonicien suppose sinon la suppression du moins la limitation drastique de la famille avec l’éducation collective des enfants ainsi que la soumission de toute propriété privée à la propriété de la Cité. L’erreur de Platon , d’après Aristote, est de vouloir unifier à l’excès la cité en supprimant tout ce qui sépare les individus pour aboutir à une union de fusion, comme celle que souhaitent les amants dans le discours d’Aristophane.( 1262 b) C’est méconnaître que l’amitié se fonde sur une irréductible altérité.

Les chrétiens et le communisme

Une approche consiste à regarder les premiers chrétiens comme un groupe ayant pratiqué le communisme, du fait d'avoir mis en commun les biens possédés.

« Tous les croyants sont unis et ils mettent en commun tout ce qu’ils ont. Ils vendent leurs propriétés et leurs objets de valeur, ils partagent l’argent entre tous, et chacun reçoit ce qui lui est nécessaire. Chaque jour, d’un seul cœur, ils se réunissent fidèlement dans le temple. Ils partagent le pain dans leurs maisons, ils mangent leur nourriture avec joie et avec un cœur simple »

(Actes des Apôtres 2, 43-46)

« et chacun reçoit ce qui lui est nécessaire » est très important. En effet, selon Karl Marx la société communiste sera une société qui passera « de chacun selon ses capacités » à « chacun selon ses besoins ». Les deux formules sont proches.

Un autre extrait :

« Personne ne dit : « Cela, c’est à moi ! », mais ils mettent tout en commun. [...] Parmi eux, personne ne manque de rien. En effet, tous ceux qui ont des champs ou des maisons les vendent, ils apportent l’argent de ce qu’ils ont vendu et ils le donnent aux apôtres. Ensuite, on distribue l’argent, et chacun reçoit ce qui lui est nécessaire. Il y a ainsi un certain Joseph, un lévite né à Chypre. Les apôtres l’appellent Barnabas, ce qui veut dire « l’homme qui encourage ». Il a un champ, il le vend, il apporte l’argent et le donne aux apôtres »

(Actes des Apôtres 4, 32-37)

L'anticommunisme de l'église catholique

La plus haute hiérarchie de l'Eglise catholique romaine s'est toujours farouchement opposé au communisme, mais rarement au fascisme italien (son serviteur).
En mars 1937, aprés avoir collaboré durant 4 années avec le nazisme (dont durant la guerre civile espagnole), Quelques jours après la condamnation du nazisme dans l'encyclique Mit brennender Sorge, l'Eglise catholique, par la voix du pape Pie XI, condamna sans appel le communisme, qualifié d'intrinsèquement pervers" (encyclique Divini Redemptoris, 19 mars 1937).

Le mouvement communiste

Le mouvement politique anti-capitaliste naît dans les années 1840. Porté par une classe ouvrière démographiquement croissante et pauvre, il se développe plus tard au sein de l'AIT, dont il est l'un des principaux courants. Au lendemain de la défaite de la Commune de Paris en 1871, c'est la scission entre marxistes et anarchistes autour de la question de la méthode pour éliminer la propriété individuelle caractéristique du capitalisme : les marxistes estiment nécessaire une période de transition avec collectivisation des propriétés, sous le contrôle d'État « socialiste » devant dépérir progressivement ; alors que les anarchistes prônent une abolition directe de la propriété, tout en organisant la fédération économique des moyens de production et de consommation. Le mouvement communiste est donc composé de deux branches politiques principales : anarchistes et marxistes.

Anarchistes et marxistes

Anarchistes

Les anarchistes, après l'insurrection de la commune de Paris (1871) où ils sont nombreux à lutter, s'investissent pour une partie dans l'anarcho-syndicalisme, et une autre dans l'anarcho-communisme, mais aussi l'anarcho-individualisme. Ils sont au premier plan de la création de la CGT en France et de celle des Industrial Workers of the World dans les années 1910 et 1920 aux États-Unis. Ils participent à la révolution russe, notamment à Cronstadt, ou en Ukraine dont ils sont porteurs d'un mouvement révolutionnaire et d'expropriation des terres des grands propriétaires, puis d'autonomie des communes. Ils jouent un rôle de premier plan avec la puissante CNT en Espagne et plus particulièrement en Catalogne lors de la révolution espagnole de 1936, où la collectivisation permit l'expérimentation du communisme dans plusieurs collectivités. :Dans le premier cas ils sont écrasés par l'armée dirigée par Trotsky, dans le deuxième cas par les staliniens ou les républicains qui participent à la contre-révolution. Par la suite, l'anarchisme en tant que mouvement organisé perd de sa force, à cause de l'illusion propagé par les différents partis ou militants marxistes/léninistes et malgré la réalité que les anarchistes russes, exilés, ont rapportés de la Russie, mais le mouvement anarchiste semble reprendre à la fin du XXe siècle, d'une part par la désillusion manifeste avec l'apparition de la réalité de l'URSS après l'écroulement du « mur », du mythe socialiste russe (par l'ouverture des archives), et tout récemment l'évolution de la politique de la Chine « marxiste », du capitalisme d'État, vers un capitalisme privé.
  • La branche Anarchiste communiste regroupe également divers groupement plus ou moins complémentaires : les kropotkinistes, les malatestiens, les archinovistes (plus collectivistes que communistes), les reclusiens, communistes de conseil, communalisme libertaire, etc.

Marxistes

Les marxistes participent à la fondation et au développement de l'AIT, puis des partis nationaux sociaux-démocrates qu'ils regroupent en 1889 au sein de la IIe Internationale. :Cette dernière explose au début de la Première guerre mondiale en 1914. Seule une minorité défend le principe de l'internationalisme et s'oppose à la guerre et maintient des liens internationaux au cours des conférences de Kiental et Zimmerwald en Suisse. C'est en partie pour des causes liées à la guerre qu'éclate la Révolution russe en 1917, qui aboutit, après un processus de révolution permanente long de huit mois, à la prise du pouvoir par les Soviets (conseils) d'ouvriers et de soldats, puis à leur destruction par les bolcheviks qui se rendent majoritaires en octobre (calendrier russe) par l'extermination de leurs concurrents mencheviks et des SR de gauche.

politique

Citations

« Le Communisme - qu’il faut se garder de confondre avec ’le Parti Communiste’ - est une doctrine sociale qui, basée sur l’abolition de la propriété individuelle et sur la mise en commun de tous les moyens de production et de tous les produits, tend à substituer au régime capitaliste actuel une forme de société égalitaire et fraternelle. Il y a deux sortes de communisme : le communisme autoritaire qui nécessite le maintien de l’État et des Institutions qui en procèdent et le communisme libertaire qui en implique la disparition ».
Sébastien Faure, art. « Communisme », Encyclopédie anarchiste, vol. 1.

Voir aussi

Termes les plus souvent associés à communisme :

Marxistes

Libertaires

Idées et pratiques opposées

Philosophie

Littérature

Liens internes

Mouvements politiques, Parti politique, Idées politiques, Parti Communiste Français .

Liens externes

See also: Communisme (mouvement historique et politique), 1871, 1889, 1910, 1914, 1917, 1920, 1936, 1984 (roman)