Commodore International

Commodore Business Machines Inc. fut avant tout l'entreprise familiale fondée par un immigré juif new-yorkais, rescapé d'Auschwitz, nommé Jack Tramielsky. Le dit « Jack Tramiel » avait acquis une boutique de machines à écrire dans le Bronx en 1952. D'abord réparateur, il fonda Commodore à Toronto en 1954, au moment de l'essor des machines à calculer électroniques, puis, avec l'apport d'un nouvel associé, Jay Gould, il s'orienta vers la micro-informatique dès les origines du phénomène, en rachetant plusieurs petites sociétés dont MOS Technology, son processeur 6502 développé par Chuck Peddle (issu de Motorola). Commodore devint ainsi une société maîtrisant toute la chaîne Produit, depuis la recherche et la fabrication jusqu'à la distribution.

Sommaire

Les origines de la micro-informatique familiale chez Commodore

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Pionnier en 1977, il lança d'abord une machine intégrée à usage professionnel, sous la dénomination de PET 2001. Ce Personal Electric Transactor ou jeu de mot (en anglais) cet « animal de compagnie » était conçu par Chuck Peddle comme un boîtier monobloc, incorporant clavier, écran de taille réduite et lecteur de cassettes le premier micro computer prêt à fonctionner dès son branchement au secteur (un concept qui rappelle (puissance en moins) le premier Mac ou l'iMac à une époque ou il était d'usage de monter sa machine en kit avant d'essayer de charger un programme).

Conçu autour du processeur MOS 6502 déjà choisi par Apple, il était doté d'un clavier mécanique, de 8 ko de RAM et d'un Basic Microsoft logé dans 8 de ses 14 ko de ROM. Ce dernier langage, quoique limité quant à ses fonctions, était sans conteste l'un des plus rapides à l'exécution de l'époque, faisant de cette machine dix fois moins onéreuse un concurrent potentiel pour l'IBM 5100.

Le problème était le type de clientèle visé qui demeura mal défini pour une machine qui ne pouvait se prétendre polyvalente. En effet, le PET ne disposait pas de capacités sonores et ne pouvait afficher simultanément majuscules et minuscules sans le recours à la complexe instruction Poke.

Il possédait cependant deux ouvertures vers l'extérieur : d'abord un port dit 'serie' entièrement programmable (depuis le Basic par 'Poke' ou en assembleur) à travers un chip ACIA 6522 qui va permettre d'abord de bidouiller puis de voir se développer toutes sortes de cartes d'interface et d'automatisations, ensuite un BUS standard IEEE-488 (quasi-identique au bus HP très repandu dans les laboratoires) qui va permettre de connecter les périphériques 'intelligents' en particulier les unités de Disques souples intégrant 2 processeurs MOS6502 de la Rom (contenant le système de gestion de fichiers) de la ram et permettant des capacités de stockage de 2 fois 170 ko, 340 ko puis 500 ko).

Ce fut le premier modèle d'une lignée de machines très fiables CBM 3000, 4000, 8000 (pour Commodore Business Machine)qui évolua vers un usage 'professionnel' (surpassant les ventes d'IBM en Allemagne jusque vers 1983-84). Ceci s'expliquant par la fiabilité des machines, la simplicité et souplesse de programmation et la rapidité des processeurs MOS6502 et les bonnes capacités des disques. Cette lignée s'évanouit avec les séries 500,600,700 qui virent le départ de Chuck Peddle pour créer Sirius qui devint Victor... ceci est une autre histoire.

Estimant l'avenir dans le marché domestique, J. Tramiel connut ses premiers succès auprès du grand public avec le Vic 20, commercialisé en 1981. Dépouillé de tout accessoire excepté un port cartouche de très mauvaise qualité, celui-ci fut immédiatement proposé à un prix défiant toute concurrence. En contrepartie, ses extensions étaient chères. Sa connectique et son design devaient constituer les bases de son successeur, le célèbre Commodore 64.

Le Commodore 64 : la machine des heures de gloire

Ce dernier fut mis en vente en 1982 : ses caractéristiques techniques, exceptionnelles à l'époque pour un tel prix, et sa polyvalence lui assurèrent une pérennité hors du commun. Il devint le micro-ordinateur 8 bits le plus vendu, s'imposant dans le monde face aux grandes offensives des TexasTI-99 et MSX Japonais, et fut le fer de lance de la marque, qui lui permit de s'imposer en Europe, notamment en Allemagne où Commodore demeura leader jusqu'au début des années quatre-vingt-dix.

Basé sur un processeur MOS 6510, compatible avec le 6502, il permit aux nombreux développeurs de doter cette machine d'une logithèque remarquable : il n'était pas rare de dire que cette machine possédait des centaines de milliers de logiciels. Ses capacités sonores, surtout, étaient les meilleures de sa génération avec un processeur dédié, le SID, capable d'émettre 3 voix sur 5 octaves. Son affichage en 160×200 points et 16 couleurs et 320x200 en 2 couleurs était secondé par une remarquable gestion des sprites, qui permit aux différents jeux de surpasser par leur animation leur version sur d'autres machines plus récentes.

Le SX64 est l'un des premiers « portables », et de plus en couleur !

Commodore en lança également une version (trans)portable, dénommée SX 64 (integrant disquette 5"1/4 et ecran couleur!) qui devait concurrencer Apple sur le marché professionnel. En raison de son prix élevé et de l'absence relative de logiciels professionnels compétitifs, le SX 64 connut un succès mitigé.

Le Commodore 64 ou C64 disposait quant à lui de nombreux périphériques, parmi lesquels il faut citer son lecteur de disquettes 5"1/4, le 1541, lent et encombrant mais relativement bon marché qui connut une forte diffusion. Il n'était pas compatible avec le VIC 20.

Tramiel quitte Commodore pour Atari

Après avoir été l'initiateur de ce qui va être l'Amiga, Jack Tramiel quitte avec sa famille Commodore en 1984. Il rachète Atari à la Warner et lance la série Atari ST pour concurrencer l'Amiga 1000 commercialisé par Commodore en 1985 comme machine haut de gamme (et multimédias !).

Commodore 128

Commodore sortit une version améliorée du C64 (et quasiment compatible), relooké comme un Amiga et dotée de 128 ko de RAM, (extension memoire jusqu'à + 512K, cartouche avec Z80 &CPM, possibilité de deux écrans...) : le Commodore 128 ainsi qu'une version semi-portable le Commodore 128/P avec lecteur disquette 5"1/4 integré, poignée et clavier cliquable sur le dessous. Néanmoins, le C128 ne parvint pas à s'imposer. Les développeurs de jeux sortirent moins d'une dizaine de produits dédiés et quelques logiciels professionnels (VizaWrite/Calc, Superbase) convertis depuis les versions CBM ne purent vivre bien que parfois plus performants que leurs concurrents PC (en particulier en terme d'économie de mémoire) mais par manque de crédibilité. Dans le même temps le Commodore 64 entamait son déclin et partait pour une seconde vie en occasion vers les pays de l'Est.

La relance des 8 bits

En 1994, 9 ans après avoir abandonné les 8 bits en Occident, Commodore tenta de relancer cette gamme dans les pays de l'Est en préparant un prototype nommé C65 ou C64 DX qui devait incorporer un lecteur de disquettes. Cette machine ne vit jamais le jour.

La fin d'une époque

Toujours la même année, dans l'incapacité de renégocier les échéances de ses prêts, Commodore International annonça qu'il fermait ses portes. La liquidation de l'entreprise dura des mois entiers du fait de la présence de Commodore dans de très nombreux pays. Le 20 avril 1995, un an plus tard, Commodore fut vendu à la société allemande ESCOM pour une somme de 10 à 12.5 millions de dollars. À l'été 1996, ESCOM elle aussi devait cesser ses activités, et ainsi mettre un terme à l'aventure Commodore.

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Wikimedia Commons possède des documents multimédia sur les ordinateurs Commodore.

Liens externes

See also: Commodore International, 1977, 1981, 1982, 1984, 1994, Amiga, Amiga 1000