Commerce triangulaire
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- Le Commerce triangulaire est l'une des formes de la traite des noirs. La traite consistait à transporter des marchandises d'un point à un autre. Cela s'appliquait tout aussi bien au blé, au vin, qu'aux esclaves noirs qui n'étaient que des « outils vivants ».
- Le commerce triangulaire était une forme de traite, liée à l'exploitation du sol américain par les pays européens. Des navires partaient d'Europe avec divers articles de pacotille destinés au troc. Ils se rendaient dans les comptoirs côtiers d'Afrique où ils échangeaient leur marchandise contre des captifs. Les négriers transportaient ceux-ci dans les colonies d'Amérique pour qu'ils travaillent comme esclaves à l'exploitation des ressources du continent. Les négriers retournaient ensuite en l'Europe avec à bord les produits de cette exploitation.
- Les estimations relatives au nombre de noirs déportés sur le sol américain sont assez variables et pas toujours objectives. elles se situent entre entre 6 et 50 millions de personnes entre la fin du XVe et le milieu du XIXe siècle.
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l'esclavage au Brésil par Jean Baptiste Debret
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1.1 Capture des esclaves |
Principe
- Le commerce triangulaire, Comme son nom l'indique, intervenait en trois temps.
- les navires se rendaient aux comptoirs (postes ou forts installés le long des côtes de l' Afrique par les principales puissances maritimes européennes) pour y échanger des produits contre des noirs razziés et réduits en esclavage; il s'agissait parfois de produits de peu de valeur, de pacotilles (du tissu, des cotonnades de l'Inde, des alcools, du tabac, des armes à feu, de la poudre, des produits fabriqués...).
- les esclaves étaient transférés en Amérique où ils étaient échangés contre du sucre, du café, du cacao, de l'indigo et du tabac (du coton ultérieurement).
- les produits américains étaient enfin acheminés sur les ports des principales nations européennes. Et ainsi de suite.
- Ce système n'avait rien d'absolu. Par exemple les Portugais ont longtemps utilisé un trajet direct entre le Brésil et l'Angola; le tabac était chargé dans des bateaux au Brésil puis utilisé comme monnaie d'échange pour obtenir des esclaves. A la même époque, les colonies de l'océan Indien (comme la Réunion pour les Français) se ravitaillaient également en esclaves en utilisant d'autres circuits maritimes.
Capture des esclaves
En général le négrier ne prenait pas part directement à la capture des esclaves. Des mercenaires comme les lanciados, certains royaumes locaux ou parfois des noirs précédemment capturés et à qui on imposait de capturer quatre esclaves contre leur liberté, attaquaient des villages peu ou mal défendus.
vente des esclaves
Ils revendaient leur butin humain à des intermédiaires arabes dans le cas de la traite orientale vers l'Océan Indien, ou aux Occidentaux.
exterminations et pertes sur le sol africain
- Beaucoup de noirs mourraient lors des razzias menées sur le sol africain en raison de la violence des affrontements; dans certains cas, les enfants de moins de 7 ans des villages étaient systématiquement massacrés. De nombreux captifs mourraient également d'épuisement lors des transferts vers les côtes où s'opéraient les embarquements d'esclaves; parfois les prisonniers devaient parcourir 100 à 200 kilomètres pour rejoindre la côte dans des conditions très difficiles. On mourrait également dans les baracoons, sortes d'enclos, où les noirs étaient regroupés avant leur départ ou bien encore lors du transfert par chaloupe sur les bateaux en partance.
- On dispose de peu d'éléments en ce qui concerne le nombre de noirs qui sont morts dans ces conditions. Selon certains, la principale cause de mortalité aurait été le suicide. En effet les blancs étaient soupçonnés d'enthropophagie et beaucoup de captifs ressentaient une grande peur à l'idée d'être emmenés pour être mangés.
- Le nombre déjà important d'esclaves déportés d'un continent à l'autre ne prend pas en compte les morts sur le continent africain. Ceux qui étaient embarqués pour l'Amérique étaient souvent les plus « dociles ». Le bilan total de cet épisode de l'histoire est évalué par certains à plusieurs dizaines de millions de déportés. Le nombre des victimes collatérales de ce trafic n'est jamais pris en compte du fait qu'il est impossible d'en donner une estimation.
Transport vers l'Amérique
- Certains ne survivaient pas aux conditions dans lesquelles s'effectuaient la traversée de l'Atlantique, confinés dans l’entrepont dans un espace réduit et dans une grande promiscuité. Il était fréquent que les esclaves voyagent à fond de cale, entassés par centaines dans des conditions peu imaginables.
- Les premiers bateaux portugais qui effectuèrent la traversée eurent une perte en vies humaines à peine croyable; elle était de l'ordre de 80%. Par la suite elle passa à 20%.
Revente
Les esclaves étaient systématiquement soumis à une quarantaine avant d'être débarqués. Il fallait pendant ce temps veiller à leur redonner apparence convenable en les débarquant à terre et en leur fournissant des fruits et légumes frais. Ils étaient alors prêts pour partir travailler dans une plantation. Un annonce était transmise aux planteurs locaux et les plus belles pièces étaient vendues aux premiers arrivés ou, selon les coutumes locales, vendues aux enchères. A la fin de la vente, qui pouvait s'écouler sur plusieurs semaines, le résidu était cédé en lots à bas prix.
Histoire de la traite
On considère généralement que le début de la traite atlantique date de 1441, quand des navigateurs Portugais enlèvent les premiers africains pour en faire des esclaves dans leur pays.
Emergence du marché
Après la découverte des Amériques, les Espagnols ne tardèrent pas à manquer de bras. La main d'œuvre amérindienne est décimée par les massacres, la cruauté banalisée et par le travail dans les mines auquel ils ne survivaient pas. De plus, la bulle papale de Nicolas V commanda aux puissances européennes de combattre, déposséder, exproprier et soumettre les peuples d'Afrique noire, par tous les moyens possibles, au nom de l'Eglise et de la supériorité blanche sur les sarrasins.
Le Portugal se chargea alors de la capture et du transport des noirs qui étaient ensuite exploitées dans les colonies espagnoles. Les navigateurs anglais, français et hollandais ne tardèrent pas se joindre au trafic, d'abord frauduleusement; puis dès le XVIIe siècle siècle avec l'assentiment des souverains européens.
Mise en place des filières nègrières
Si au tout début de la traite, les négriers portugais effectuèrent eux-mêmes des razzias parmi les populations côtières, ils se reposèrent rapidement sur des systèmes visant à faire participer certains membres des populations locales, que l'on appelle depuis le siècle des lumières et son racisme latent, ethnies.
De tous temps les négriers se réfugient ainsi derrière le fait que ces esclaves étaient fournis par d'autres peuples africains. Pourtant, il fallut presque toujours forcer la main des royaumes africains pour mettre en place les filières de la traite des noirs.
On peut par exemple citer le chantage exercés sur le roi Affonso Ier (Nzinga a Mvemba) par des mercenaires portugais qui le forcèrent à prendre part au commerce des esclaves en le menaçant d'exécuter une grande partie des enfants de la capitale - Mbanza Kongo - qu'ils avaient pris en otages. D'autres méthodes consistaient à enfermer des personnes dans un engrenage infernal, par exemple, à faire prisonniers des chefs de guerre et à leur proposer, en échange de leur liberté, de capturer quatre personnes en vue de les asservir (cf. Cada Mosto 1453). Un auteur (Madame Crété) affirme : « Pour se défendre ou reconquérir leur liberté, les peuples assujettis ou en voie de l'être, devaient acquérir des fusils et de la poudre. L'Afrique de l'Ouest fut entraînée dans une course aux armements qui aboutit à un accroissement du trafic des esclaves. Les Africains étaient pris dans un engrenage infernal : pour obtenir des fusils, il fallait des esclaves ; pour se procurer des esclaves, il fallait des fusils. Au XVIIIe siècle, les guerres tribales mirent la région à feu et à sang »).
Institutionnalisation
En France, le recours à l'esclavage pour l'exploitation des terres nouvellement découvertes n'est pas, comme beaucoup le pensent, une décision de Louis XIV puisque, dès 1626, une autorisation était accordée pour déporter les premiers esclaves dans une colonie française. En 1642, la traite était autorisée par Louis XIII.
En 1685, Louis XIV, roi de France, promulgue le « Code noir », réglementant le traitement des esclaves et des marrons dans les Antilles françaises. C'est le premier texte de ce type depuis les conciles chrétiens du VIe siècle siècle. La version européenne veut que Louis XIV ait été défavorable à l'esclavage, mais il n'avait pas la capacité d'en interdire la pratique hors du terroir métropolitain. Faute de pouvoir l'interdire, il aurait encadré la pratique, afin de limiter les abus. En fait, le code noir prive totalement les esclaves du droit à choisir leur religion, à parler ler langue, et donne au maitre tout pouvoir sur l'esclave en lui fournissant l'appareil juridique lui permettant de le maltraiter sous certaines conditions et le remplacer sous d'autres conditions. Les châtiments infligés aux esclaves récalcitrants sont sévères, mais ils ont en phase avec la banalité de pareils traitement sur des gens qui ne sont plus considérés comme des humains.
L’esclave noir devenait un bien « meuble », c’est-à-dire une marchandise qui pouvait être assurée, vendue, transportée, remplacée, détruite et donnée à la discrétion du maître.
Développement
Au siècle des Lumières, la demande de produits américains en Europe occidentale devint très forte: ce fut le cas par exemple pour le sucre; sa consommation qui était quasiment nulle au XVIe siècle siècle était passée à 4 kilogrammes par personne et par an à la fin du XVIIIe siècle siècle. Ces besoins nouveaux ont nécessité la création de nouvelles plantations et l'apport d'une main d'œuvre importante qui n'existait pas sur place.
Fin de la traite
L'abolition officielle de la traite date de 1807 pour les États-Unis et l'Angleterre et du Congrès de Vienne de 1815 pour les autres puissances européennes. Celle-ci se poursuivra cependant de façon clandestine et il faudra attendre l'abolition de l'esclavage pour que ce trafic cesse réellement.
En France, la traite illégale se poursuivit avec l'assentiment tacite des autorités pendant de nombreuses années. Elle était présentée comme un moyen de résister aux Anglais soupçonnés de vouloir affaiblir l'économie nationale. Il fallût attendre les années 1820 pour que la marine royale lutte efficacement contre les trafiquants.
Aspects économiques
L’Angleterre arrive largement en tête des nations négrières avec 41,3 % des expéditions. Suivent le Portugal (29,3%), la France (19,2 %), les Pays-Bas (5,7%), les Amériques (3,2%) et le Danemark (1,2%). L'Espagne, grande consommatrices d'esclaves ne pris pas part à la traite, conformément au contrat dit de l’Asiento.
Ce trafic était très fructueux: les différences entre prix d'achat et prix de vente ont pu atteindre 80 000%. D'après Seymour Drescher et Roger Anstey les bénéfices réels des négriers britanniques, une fois déduits l'amortissement du navire, la solde de l'équipage et les décès se situaient autour de 10% du capital investi. Dans des villes portuaires comme Nantes, le principal port négrier français, mais aussi Bordeaux, la Rochelle, Londres, Lisbonne ou Copenhague, la vente de Bois d'ébène a permis la constitution d'une grande bourgeoisie très fortunée.
Au début de la traite, les négriers et les colons esclavagistes étaient deux milieux totalement différents. Mais progressivement, suite aux nombreux incidents de paiements des colons, les négociants furent contraint de s'associer à la gestion des domaines voire d'exproprier leur débiteurs . À la fin du XVIIIe siècle siècle, la plupart des compagnies négrières étaient également impliquées dans l'exploitation coloniale. En France, de 1784 à la Révolution, l'Etat subventionna les négriers en donnant une prime pour chaque esclave transporté.
Voir aussi
Bibliographie
- Le commerce colonial triangulaire au XVIIIe siècle et XIXe siècle Editeur PUF, collection « Que sais je ? »
- La traite des noirs Editeur PUF, collection « Que sais je ? »
Œuvre de fiction
- François Bourgeon, Les Passagers du vent (une série de bande dessinée très bien documentée qui suit le trajet d'un navire négrier dans les tomes 3, 4 et 5)
Articles connexes
Liens externes
- http://ww3.ac-creteil.fr/hgc/spip/imprimersans.php3?id_article=284
- http://www.sangonet.com/Histoire.html
- http://www.grioo.com/info2531.html
