Comité français de la Libération nationale

Le Comité Français de la Libération Nationale (CFLN) est l'organisme gouvernemental, par lequel s'est effectuée, en juin 1943, la fusion des deux autorités françaises rentrées en guerre, le Comité national français de Londres, dirigé par de Gaulle (voir France Libre), et le Commandement civil et militaire d'Alger, dirigé par Giraud (voir Régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43)). Ainsi furent unifié l'effort de guerre français, réalisé le rétablissement de la légalité républicaine, et préparée la Libération.

Sommaire

La constitution laborieuse du premier Comité français de la Libération nationale

La prise de contact avec Alger

L’isolement initial de de Gaulle

Le premier « bain de foule »

La première réunion de travail

Les conditions posées par de Gaulle

Le rejet par Giraud des conditions posées par de Gaulle

Le court-circuitage de Giraud

Le recours à la presse

Les premiers ralliements

La menace de putsch de Muselier

La menace

La parade

La formation du premier C.F.L.N

L’accord sur les principes

Gaulle propose le texte d'une ordonnance et d'une déclaration créant le nouvel organe de gouvernement. L'un et l'autre sont adoptés.

L’accord sur les personnes

La composition du premier C.F.L.N.

Sont membres du premier C.F.L.N. :

Le changement des chefs de territoire

- L’ambassadeur Puaux, qui, en 1940, avait pris position contre l'armistice, est nommé Résident Général au Maroc,
- Catroux devient Gouverneur Général de l'Algérie, a la place de Peyrouton,
- Jean Helleu, ambassadeur rallié à la France Libre, en août 1940, devient Délégué général au Levant,
- En Tunisie le Général vichyste Prioux, proposé par Giraud, est écarté, tandis que MAST est immédiatement accepté,
- Boisson attendra à son poste qu'on vienne le relever. Mais le 18 juin, ayant alors été déposer une gerbe au monument aux morts, il se fera huer, réprimera la manifestation, et, le 19 juin, démissionnera à son tour.

La marche vers l’unité interne du C.F.L.N.

L’unité initiale de pure forme

Les progrès des gaullistes dans l’opinion

L’élargissement du C.F.L.N.

Le 7 juin, sont désignés de nouveaux commissaires:

- René Pleven, aux Colonies;
- Henri Bonnet à l’Information;
- Diethelm à la Production et au Commerce;
- Adrien Tixier, au Travail et à la Prévoyance sociale.

- René Mayer, aux Communications et à la Marine Marchande;
- Maurice Couve de Murville, aux Finances;
- Abadie, à l’Education Nationale et Santé Publique.

Tous sont conscients de la nécessité de faire un pouvoir central qui gouverne effectivement, et de la nécessité de rompre avec Vichy. Comme ils n'ont pas participé aux heurts initiaux, leur désir de servir va primer autres considérations.

Les dysfonctionnements du C.F.L.N.

Le CFLN à deux têtes a souffert dès l’origine de divers dysfonctionnements, dont était sa paralysie du fait de la présence à sa tête de deux présidents en désaccord quasie permanents, et l’autre l’immixtion permanente des autorités américaines dans son fonctionnement interne, par l’intermédiaire de Giraud.

La paralysie interne initiale du C.F.L.N.

Les désaccords initiaux
Le retrait tactique de Charles de Gaulle
Le retour de Charles de Gaulle

L'immixtion étrangère dans les affaires intérieures du Comité

L’intervention étrangère ouverte

- Le 19 juin 43, les deux co-présidents viennent séparément, et de Gaulle formule des réserves sur cette immixtion dans les affaires intérieures françaises.

La réponse de de Gaulle

- que les armes données aux soldats français seront utilisées dans l'intérêt commun de l'alliance, et que, en 14-18, la France a fourni des armes aux Serbes, Russes, etc., sans s’attribuer en contrepartie un droit de regard sur leur organisation interne,
- que le maintien du statu quo retarde la fusion des forces françaises,
- et demande enfin au généralissime, devant Giraud qui ne dit rien: « Vous qui êtes militaire, croyez-vous que l'autorité d'un chef puisse subsister, si elle repose sur la faveur d’une puissance étrangère? ».
- De Gaulle conclut en disant qu'il transmettra la requête américaine au Comité, mais refuserait d'en faire partie, si l'ultimatum était accepté.

- ou se soumettre aux décisions du C.F.L.N.;
- ou cesser d'en être membre et quitter son commandement.

- les Vichystes pavoisent (Chambe à Oran)
- Roosevelt invite Giraud aux Etats Unis sans passer par le Comité, comme pour confirmer les propositions d'Eisenhower.

Le fonctionnement harmonieux du C.F.L.N. en l'absence de Giraud

Le comportement de Giraud aux Etats-Unis

- La coloration technique de la mission de Giraud en affaiblit l’impact
- Giraud qui va jusqu'à faire relire ses discours par des représentants américains
- Une faveur croissante est manifestée à de Gaulle par l'opinion d'outre-Atlantique.

La Prise en mains du Comité par de Gaulle, en l’absence de Giraud

- Le 7 juillet: Le colonel des F.F.L. Billotte est nommé au Secrétariat du Comité Militaire.
- Le 14 juillet 1943, une grande manifestation se tient au Forum. C’est alors que de Gaulle demande à Murphy : « Ce sont là les 10% de Gaullistes que vous aviez comptés ? ».
- Au début d’août: de Gaulle visite le Maroc et son Sultan.
- Mais il ne se rend pas en A.O.F., où Boisson s'est éliminé de lui-même.

Le renforcement de l’influence du Comité

L’amiral Robert se retire finalement, et les Antilles rentrent dans la guerre.

La prise par de Gaulle de la direction politique du Comité

Le retour de Giraud

Le transfert à de Gaulle du pouvoir gouvernemental

De Gaulle devient président chargé de l'action gouvernementale, tandis que Giraud est le président chargé du Commandement en chef et de la direction des opérations militaires

Donc de Gaulle voit reconnue sa suprématie dans toutes les affaires non militaires et en politique générale. - D’où la fin de la stagnation administrative et de l’autonomie quasi-féodale des territoires, et la disparition de la faculté, pour les administrations issues de Vichy, de paralyser les mesures libérales
- Le 26 août, le C.F.L.N. est reconnu par les alliés, avec certaines restrictions par les Etats-Unis, mais de façon plus large par l’Union Soviétique.

L’affaire de Corse

L'unification de la présidence et la subordination du militaire au civil

La subordination du militaire au civil

L’alignement du Comité sur l’Assemblée consultative

Les principes de recomposition

1° La représentation et la collaboration de personnalités de l'Assemblée Consultative,
2° L'unité et la cohésion du Comité,
3° La subordination du pouvoir militaire au pouvoir civil.

La recomposition du Comité

1° des représentants de la Résistance,
2° des représentants des partis politiques,
3° des techniciens.

La mise au pas des services spéciaux

Le service spécial gaulliste
Le service spécial « giraudiste »
La tentative d’unification des services

- Le Bureau de Renseignements et d’Action de Londres (BRAL), commandé par le colonel Pelabon,
- Le Bureau de Renseignements et d’Action d’Alger (BRAL), commandé par le colonel Passy.

De guerre lasse, le Comité supprima alors le commandement en chef, par un décret du 4 avril 1944, et nomma Giraud Inspecteur général de l’armée, ce qu’il refusa.

L’œuvre du CFLN

Cette œuvre fût en grande partie par le Comité, qui disposait des pouvoirs législatif et exécutifs, avec l’aide active de l’Assemblée consultative.

Rétablissement de la légalité républicaine

Réformes importantes

Transformation du CFLN en Gouvernement provisoire de la République française (G.P.R.F.)

Le 3 juin 1944, le C.F.L.N. se proclama, à la demande de l’Assemblée consultative, « Gouvernement provisoire de la République française » (G.P.R.F). Le nouveau gouvernement provisoire ne fût reconnu comme tel par les grandes puissances (à la suite de l’accueil chaleureux réservé à de Gauille par les populations de la France libérée).

Sources et bibliographie

Témoignages

Ouvrages scientifiques

See also: Comité français de la Libération nationale, Assemblée consultative, France Libre, Gouvernement provisoire de la République française, Putsch du 8 novembre 1942, Régime de Vichy, Régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43)