Comices centuriates
Les Comices Centuriates (Comitia Centuriata) sont attribués par la tradition au roi Servius Tullius lors de la répartition du peuple romain en centuries. Dans la réalité, leur création n'est sans doute pas antérieure au Ve siècle avant notre ère. Cette répartition en centuries est à l'origine probablement militaire, mais elle devient rapidement politique. En 427 av. J.-C., si ce n'est plus tôt mais nous n'avons pas de preuves avérées, les comices centuriates donnent leur accord, ou non, aux déclarations de guerre (lex de bello indicendo) puis interviennent dans la prise de décision en ce qui concerne les traités de paix, la création de colonies.
Les comices centuriates dès la fin du Ve siècle av. J.-C. tiennent aussi un rôle d'assemblées électives et élisent les magistrats supérieurs (consuls, censeurs, préteurs).
Ces comices ne sont pas des assemblées démocratiques puisqu'ils reposent sur une division du peuple en 193 centuries, qui forment 5 comices basés sur la richesse. À l'origine, c'est la possession de la terre qui sert à définir le comice d'origine des citoyens. Ainsi le premier comice comprend tous ceux qui possédent plus de 5 hectares tandis que le dernier regroupe les propriétaires de moins de 0,5 hectare. À cela s'ajoute 18 centuries de chevaliers (compris dans le premier comice) et 5 centuries de prolétaires hors classe (les plus pauvres de fait). À l'intérieur de chaque centurie, les citoyens sont divisés en deux catégories, les juniores (hommes de moins de 46 ans) et les seniores (hommes âgés de 46 ans et plus). Il est simple de constater qu'avec 80 centuries plus les 18 de chevaliers le premier comice, représentant les propriétaires les plus riches, a automatiquement la majorité.
Vers 220 av. J.-C., sous la pression populaire, le système change et chaque comice reçoit un nombre identique de centuries et de voix (70 au total par comice). Seul le premier comice car un léger avantage en gardant les 18 centuries de chevalier. Il y a donc au total 373 centuries si l'on inclut les 5 de prolétaires hors-classe. Le premier comice perd donc la majorité, mais comme le vote se déroule par ordre des classes (des plus riches aux plus pauvres) et qu'il y est mis fin dès que la majorité est atteinte, les comices les plus pauvres ne votent pratiquement jamais.
Cela change avec l'adoption à la fin du IIe siècle av. J.-C. de la loi lex Sempronia de comitiis qui proclame que l'ordre de vote des centuries est désormais fixé par tirage au sort. C'est un réforme fondamentale, car le vote de la première centurie est censé être, aux yeux des romains fort superstitieux, inspiré par les dieux.
Sous l'empire, les divers comices (centuriates, tributes, curiates) perdent rapidement de leur importance et Tibère transfère leurs pouvoirs électoraux au sénat. Ã la fin du Ier siècle, ils se voient ôter leurs compétences législatives et ne tardent pas à disparaître.
