Clonaid

Clonaid se décrit comme une « société de clonage humain ». Elle est ouvertement associée avec le mouvement raëlien, qui voit dans le clonage reproductif la première étape scientifique annoncée depuis 30 ans, et qui préfigure le chemin vers l'immortalité scientifique de l'homme.

La plupart des scientifiques, constatant les risques importants de malformations et de décès foetals dans le clonage animal, ont condamné Clonaid pour leur expérimentation prématurée sur l'homme.

Sommaire

Les annonces de succès du clonage humain

Le 27 décembre 2002, Dr. Brigitte Boisselier, disciple de Raël (guide évèque) et chef de la direction de Clonaid (présidente et fondatrice), a annoncé à la presse du monde entier que Clonaid avait cloné avec succès un être humain. Boisselier a indiqué que la mère avait accouché par césarienne, quelque part en dehors des États-Unis d'Amérique, et que la mère et la petite fille, nommée Ève (en référence à la première femme dans la religion chrétienne), étaient toutes les deux en bonne santé. Dr. Boisselier n'a présenté ni la mère ni l'enfant, ni aucun échantillon d'ADN qui aurait pu confirmer ses declarations, bien qu'elle ait expliqué la procédure utilisée. Il est apparu plus tard que l'annonce avait été faite avant même de vérifier génétiquement que le nouveau-né était bien un clone : Dr. Boisselier s'est simplement basée sur ce qu'elle croyait, sans annoncer de preuve formelle.

Le 2 janvier 2003, Dr. Boisselier a affirmé devant la télévision française que les parents américains du clone supposé hésitaient à fournir la preuve par l'ADN que leur bébé était vraiment un clone. Les parents ont prétendu avoir peur que l'état de Floride essaie de leur retirer leur bébé.

Le 4 janvier 2003, Boisselier a annoncé la naissance d'un autre bébé cloné, appartenant à un couple lesbien hollandais. Clonaid affirma également qu'il y aurait quatre autres nouveaux bébés clonés en février 2003.

Le scepticisme à propos de ces déclarations

Plusieurs scientifiques qui ont été interviewés apres l'annonce ont avoué avoir un certain scepticisme concernant l'authenticité et l'éthique des procédures de Clonaid. Au sein de ces sceptiques, on trouve notamment Lord Robert Winston, chef de l'équipe de recherche de fertilisation In Vitro, à l'hôpital de Hammersmith de Londres, et Tanja Dominko, du projet de clonage de singe du centre régional de primates de l'Oregon.

Les scientifiques ayant une expérience dans le clonage animal ont déclaré que le clonage avait un taux faible de réussite par implantation, et que beaucoup de fœtus clonés étaient mal formés ou ne survivaient pas après leur naissance. Ils se sont d'ailleurs étonnés que Clonaid n'ait pas semblé être affecté par ces problèmes; soit Clonaid a été extrêmement chanceux en découvrant une méthode révolutionnaire de clonage, ce qu'ils prétendent, soit la compagnie fait de fausses déclarations. De toute façon, il semble troublant que Clonaid n'ait pas plus présenté la preuve de leur succès. Certains ont aussi estimé assez troublant que la compagnie ait commencé par le clonage humain, au lieu de travailler d'abord avec des animaux (la compagnie n'a aucun enregistrement de la réussite du clonage sur un animal). Beaucoup semblent encore trouver que la crédibilité de la compagnie est réduite, à cause de ses affiliations au mouvement de Raël.

Dans un article publié le 23 avril 2003, The Boston Globe a révélé que la compagnie n'avait aucune adresse, aucun conseil d'administration, et seulement deux employés. Néanmoins, la compagnie continue à investir $200 000 dans ses services de « clonage », ce qui pourrait laisser supposer que l'organisation ne serait qu'une entreprise de blanchiment d'argent pour les Raëliens. Les Raëliens nient le lien direct avec Clonaid, mais admettent soutenir ses actions [1].

L'absence de preuve

Jusqu'ici, aucune preuve vérifiable n'a été présentée par Clonaid, en dépit des déclarations qu'ils ont faites dans les jours suivants leur annonce initiale. Ils prétendent que les parents du premier enfant cloné ont reconsidéré la question au sujet de soumettre leur enfant à des examens scientifiques.

Cette absence de preuve est plutot étonnante, puisque des examens en laboratoire sont exécutés sur la plupart des enfants nouveau-nés, et la plupart des projets de clonage réalisent les examens poussés sur les animaux nouveaux-nés clonés, afin de vérifier s'ils sont de vraies copies. Ceci a mené aux affirmations que les déclarations de Clonaid pouvaient être un canular élaboré.

Le 10 janvier 2003, un jugement d'une cour de Justice des États-Unis d'Amérique ordonna à Clonaid de révéler l'identité du bébé cloné, et le lieu dans lequel il vit.

La suite des événements

Après les dernières annonces de succès du clonage humain faites par la société en début d'année 2003 (principalement sur la conception de quatre « nouveaux » clones — voir le premier chapitre), il n'y a eu aucun suite médiatique.

Le 9 octobre 2003, Le journal de Montréal a édité un article accusant Clonaid et l'organisation raëlienne d'entretenir un pur canular dans ses déclarations concernant le clonage d'un bébé humain.

Annexes

Liens internes

Liens externes

See also: Clonaid, 10 janvier, 2002, 2003, 23 avril, 27 décembre, 2 janvier, 4 janvier, 9 octobre, ADN