Clonage

Le mot clonage désigne l'action d'isoler un objet, un être, et de le multiplier à l'identique.

Ainsi, en biologie, le mot clonage désigne plusieurs choses :

Le vecteur le plus communément utilisé étant une molécule d'ADN appelée plasmide.

Par extension, le terme de clonage est utilisé dans des domaines non biologiques, pour désigner pour toute reproduction à l'identique.

Sommaire

Clonage naturel

Dans la nature, le clonage n'est rien de plus qu'un mode de reproduction parmi tous ceux à la disposition des êtres vivants. C'est même le plus répandu puisqu'il concerne toutes les cellules procaryotes (division), presque tous les eucaryotes unicellulaires (mitose) à l'exception de ceux qui pratiquent la reproduction sexuée (méïose), mais également de nombreux végétaux et animaux pluricellulaires. Ainsi, certains animaux coupés en deux peuvent donner deux individus génétiquement identiques comme c'est le cas chez les hydres. De plus, les cellules des organismes complexes se reproduisent généralement par clonage.

Le clonage est scientifiquement l'obtention d'un être vivant génétiquement identique à parent qui lui donne naissance. Il s'oppose donc à la reproduction sexuée qui nécessite deux parents. Il ne faut toutefois pas confondre le clonage avec certaines formes de reproduction assexuées telles que la parthénogenèse ou nous avons génération de gamètes, donc méiose. Les enfants ne sont pas identiques à leurs parents.

On assimile souvent la naissance de vrais jumeaux chez les animaux supérieurs et chez l'homme à une forme de clonage naturel. Ce n'est toutefois pas le cas. Les deux enfants sont certes identiques entre eux (techniquement les enfants forment un clone) mais pas à leurs parents et découlent bien d'une reproduction sexuée.

Clonage artificiel

Clonage végétal

La technique de reproduction par clonage connue sous le nom de « bouturage » est largement utilisée en horticulture (y compris par les jardiniers amateurs) et associée à d'autres techniques plus professionnelles comme la culture in vitro de méristèmes.

Clonage animal

Dans le domaine animal, un pas est franchi au XXe siècle grâce au clonage à partir de noyaux de cellules différenciées réimplantés dans des ovocytes préalablement énucléés. Cette technique au taux de réussite encore faible et qui n'a abouti que chez quelques espèces en est à son balbutiements. Des problèmes de vieillissement accéléré semblent pouvoir être reliés à l'état des télomères.

L'année même où J.B.S. Haldane invente le mot clone, l'embryologiste chinois Tong Dizhou, est le premier à cloner un animal (une carpe) en 1963, 33 ans avant la brebis Dolly. Il publia ses recherches dans une revue scientifique chinoise qui ne semble pas avoir été traduite à l'époque. [1]

Cette technique a permis de cloner les espèces suivantes :

Un second pas est franchi avant le nouveau millénaire par le clonage de seconde génération (obtention d'organisme clonés à partir d'autres organismes clonés) sur des souris, puis un taureau.

Clonage humains

Quelques chercheurs travaillent actuellement sur le clonage humain reproductif. Sans nier l'exploit technologique que constituerait une telle réalisation, la tendance internationale semble pencher vers l'interdiction, pour l'instant, des recherches sur le domaine. Ceci étant, un sondage CNN montre un intérêt toujours grandissant du public pour la technique. Arnold Schwarzenegger, gouverneur de la Californie a milité en faveur du clonage humain (article). Les opposants au clonage semblent d'autant plus pressés d'arriver à un consensus international. Les États-Unis, avec plus de cinquante autres pays, ont signé un appel à une interdiction totale du clonage humain. Un autre texte interdisant seulement le clonage reproductif a été rédigé par la Belgique et soutenu par plus de vingt pays, dont la Russie, le Japon, la Grande-Bretagne, la Corée du Sud et le Danemark. La recherche en faveur du clonage humain reproductif exprime une quête encore fantasmatique, de l'homme, pour son immortalité.

Fin 2002, Le mouvement raëlien, par l'intermédiaire de Clonaid, a affirmé avoir réalisé le clonage d'êtres humains mais aucune preuve scientifique de leur existence ne fut apportée.

Il est admis scientifiquement que l'identité de l'être ne se résume pas à son génotype, ce qui signifie qu'il est impossible de produire deux êtres identiques simplement en dupliquant un génome. En outre, le cas des vrais jumeaux nous informe déjà sur ce que pourrait être la réalité d'un clonage « reproductif » humain : cette réalité n'est précisément pas effrayante (encore que de nombreuses cultures se méfient des jumeaux, incarnation d'une imitation dangereuse) et serait une sorte d'invitation à la science.

Mais tout ceci pose des questions éthiques, philosophiques, et religieuses importantes en ce début de XXIe siècle conduisant à de nombreux débats.

Cette nouvelle forme de génération présente par exemple des difficultés juridiques concernant le statut légal du clone. Notamment lorsque l'on parle de clonage « thérapeutique », qui implique que le clone soit mis au service d'autrui par sa destruction partielle, voire totale. De ce point de vue, certaines questions éthiques posées peuvent rejoindre celles de l’IVG.

En mai 2005, des chercheurs de Corée du Sud et du Royaume-Uni ont annoncés les premiers clonages d’embrions humains à des fins de recherches thérapeutiques.

Clonage et législation

À l'ONU

Le 8 mars 2005, l'assemblée générale des Nations Unies a décidé d'interdire le clonage, même à des fins thérapeutiques. La "Déclaration des Nations Unies sur le clonage des êtres humains", non contraignante, a été adoptée avec 84 voix pour, 34 voix contre et 37 abstentions. Parmi les pays qui se sont opposés à cette déclaration se trouvent la France, le Royaume-Uni, la Norvège, l'Inde, le Japon, le Canada et la Chine.

Voir le texte de la déclaration

En France

La législation française sur le clonage compte parmi les plus sévères : ainsi, l'article 16-4 du Code civil proscrit tout clonage, à but eugénique, reproductif ou thérapeutique :

Nul ne peut porter atteinte à l'intégrité de l'espèce humaine.

En Corée du Sud

En février 2004, la Corée du Sud est le premier pays au monde à cloner un embryon humain pour la recherche scientfique.

En Grande-Bretagne

En août 2004, l'Autorité sur la fertilisation et l'embryologie humaine (HFEA) a autorisé le professeur Miodrag Stojkovic, de l'université de Newcastle en Angleterre à cloner des embryons humains à des fins de recherche thérapeutiques sur les cellules-souches. Une autre autorisation a été accordée en 2005 au professeur Ian Wilmut du Roslin Institute d’Edimbourg. En mai 2005, les équipes des professeurs Alison Murdoch et Miodrag Stojkovic, basées à Newcastle ont annoncé avoir cloné un embryon humain.

Liens internes

Liens externes

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See also: Clonage, 1963, 1996, 2001, 2002, 2003