Clipperton
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L'île de Clipperton, aussi appelée l'île de la Passion, est un atoll français situé dans l'océan Pacifique, à 1280 km à l'ouest du Mexique. Les coordonnées de l'atoll sont 10°18'N, 109°13'W. Bien qu'ayant été sous la juridiction des Établissement français d'Océanie de 1936 puis de la Polynésie française jusqu'au 18 mars 1986, l'île relève aujourd'hui du domaine public maritime et est inscrite au tableau des propriétés domaniales de l'État. Elle est, à ce titre, sous l'autorité du Premier Ministre, autorité qu'il délègue au Haut-Commissaire de la République de Polynésie française, représentant de l'État, à qui il appartient d'accorder des autorisations aux particuliers désirant aborder l'atoll ou y obtenir des concessions d'exploitation.
De fait, cette possession française ne fait pas formellement partie des TOM.
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Géographie
Clipperton, de son vrai nom de baptême français, île de La Passion, est le plus petit territoire que possède la France aux confins du Pacifique. Il se situe à 690 milles nautiques (1280 kilomètres) de la première côte, celle du Mexique, et plus précisément d'Acapulco, et à 510 milles (945 km) de la première terre, celle de la petite île de Soccoro de l'archipel mexicain des Revillagigedo au nord, tandis que Nuku Hiva, aux îles Marquises, terre française la plus proche, est à 2170 milles (4018 km) au sud-ouest. L'archipel des Hawaii est à 4930 kilomètres.
Seul atoll corallien de cette partie du Pacifique, Clipperton a une forme sub-circulaire de 12 km de circonférence. La superficie des terres émergées est de 1,7 km² et le point culminant est un rocher volcanique de 29 m. Ouvert à l'origine par deux passes (au Se et au NE), le lagon (7,2km²) s'est fermé entre 1840 et 1858 probablement du fait de tempêtes. L'isolement des eaux du lagon de l'océan a entraîné la mort des coraux et une eutrophisation du milieu. L'évaporation des eaux du lagon est inférieure aux précipitations, l'eau y est donc douce en surface, salée et légèrement acide à partir de 6 m. il présente plusieurs fosses de plus de 20 m de profondeur et sa profondeur maximale connue est de 90 m au « Trou sans fond ». Les tentatives d'exploration de ce puits sous-marin (ancienne cheminée volcanique ?) par le commandant Cousteau ont été empêchées par une trop forte concentration d'hydrogène sulfuré.
Le sol est constitué de graviers et sables coralliens souvent cimentés guano, la végétation y est quasi inexistante, mais les crabes (quelques 12 millions de crabes orange de la famille des Gecarcinadae) et les oiseaux (quelques 110 000) sont nombreux, et les eaux voisines infestées de requins. La houle importante dans cette région rend tout débarquement périlleux.
Histoire
L'île fut découverte le Vendredi Saint 2 avril 1711 par les Français Martin de Chassairon et Michel du Bocage, commandants des frégates La Découverte et La Princesse qui en dressèrent la première carte. En souvenir de cette journée ils la baptisèrent île de La Passion.
Le nom de Clipperton lui vient du flibustier et naturaliste anglais, John Clipperton (ou Clippington) qui, pour certains, croisa au large, pour d'autres, débarqua sur l'île en 1704, après avoir fait sécession et quitté l'expédition de William Dampier. Bien qu'aucune trace écrite de son passage n'ait été retrouvée, l'histoire retint le nom de Clipperton sans que l'on sache vraiment pourquoi, sans doute à cause d'une de ces légendes de trésor.
Intéressée par le phosphate de l'île, la France en prit possession le 17 novembre 1858. Cependant, le Mexique plus proche la revendiqua et l'occupa dès 1897, puis la négligea en raison des troubles intérieurs. En 1914, le gouvernement du Mexique oublia la garnison de soldats avec femmes et enfants qui moururent du scorbut et de naufrages exceptés trois femmes et huit enfants qui furent retrouvés en 1917. C'est l'histoire des célèbres « Oubliés de Clipperton ». Après le conflit de souveraineté entre la France et le Mexique, la souveraineté française fut reconnue en 1931, suite à l'arbitrage de la Cour internationale et du roi Victor-Emmanuel III d'Italie. En 1944, les États-Unis occupèrent l'île d'autorité. Ils ouvrirent une passe dans la couronne (qu'ils refermèrent en partant) et nivelèrent une piste d'aviation toujours praticable. Suite à la protestation en janvier 1945 du ministre français des affaires étrangères Georges Bidault, les États-Unis rétrocédèrent le territoire à la France le 21 mars 1945. De 1966 à 1969 se succédèrent par période de quatre mois les « Missions Bougainville » de la Marine française qui réalisèrent des études très détaillées notamment de l'hydrobiologie du lagon et de la faune.
Depuis l'adoption en 1982, de la convention internationale sur le droit de la mer, l'îlot confère à la France le droit de contrôler et d'exploiter, tout autour, une zone maritime de 435 612 km². L'Académie des sciences d'outremer, dès 1981, a recommandé la mise en place sur l'atoll d'une base de pêche, avec réouverture du lagon et construction d'une piste aérienne. En 1986, un arrêté contresigné par quatre ministres « classe » Clipperton dans le « domaine public de l'état ».
Régulièrement, au moins une fois par an, un bâtiment de la Marine nationale française visite l'île pour remplacer la plaque commémorative et le drapeau national.
Une expédition mexicano-française, la mission SURPACLIP, s'y rendit en novembre 1997 et fit un premier état des lieux, dix-sept ans après la dernière mission scientifique française (celle de l'équipe Cousteau). Ce fut la première fois que les Mexicains y retournèrent officiellement depuis le drame des années 1914-1917. En 2001, la mission française Passion 2001, dirigée par C. Jost du CNRS, appuyée par la Marine nationale, réalisa toute une série d'études sur le milieu terrestre, implanta pour l'IRD la première borne géodésique, fit l'inventaire de la flore et de la faune et une nouvelle cartographie, etc.
De décembre 2004 à mars 2005, l'explorateur Jean-Louis Étienne et une équipe de scientifiques ont inventorié les animaux vivant sur l'île. Ils ont essayé d'éradiquer les rats. Leur objectif est de créer une base de données afin d'étudier par la suite l'évolution de la biosphère à partir des transformations de ce lieu clos et peu visité.
Vie naturelle
Malgré des ressources limitées, quelques espèces comprenant de nombreux individus vivent sur l'île, notamment des crabes et des oiseaux. Suite à un naufrage, des rats sont apparus dans cet écosystème.
Ressources
Le phosphate a été exploité de 1898 et 1917. Les ressources de guano sont également épuisées.
Aujourd'hui inhabité, l'îlot n'abrite même plus de station météorologique. Son intérêt actuel réside dans la zone économique exclusive de 435 612 km² qui l'entoure, permettant à la France d'être membre de la Commission des pêches américaines et de pouvoir pêcher le thon. La mission océanographique mexicano-française SURPACLIP a aussi découvert en 1997 la présence de nodules polymétalliques riches en nickel et en cuivre.
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Liens externes
- Clipperton - L'île de La Passion Site CNRS PRODIG C. Jost
- Présentation du ministère français de l'Outre-Mer
- Site de l'expédition de Jean-Louis Étienne (2004-2005)
- Pour tout savoir des visiteurs de l'atoll de Clipperton
Voir aussi
- Livres :
- Juet H., 2004, « Clipperton, l'île Passion ». Editions Thélès, Paris, 258p.
- Jean-Hugues Lime, Le Roi de Clipperton, roman, Le Cherche-Midi éditeur, 2002 ; ISBN 2862749478 pour la 1re édition.
- André Rossfelder, Tropique du crabe - Clipperton, l'île tragique, roman, éd. Albin Michel, 1976 ; ISBN 2226002847.
- Laura Restrepo, La isla de la pasíon, roman ; ISBN 9684063172 ; en espagnol (pas de traduction française disponible)
- Films :
