Classification scientifique des espèces

Sommaire

De la diversité des classifications

classification classique
Règne: Animal
Règne: Plante
Règne: Champignon
Règne: Protiste
Règne: Bactérie
Règne: Archéobactérie

Liée à une culture, à un état donné d'avancement des connaissances, toute classification doit obligatoirement évoluer et donc varier avec l'évolution des sociétés elles-mêmes.

Et si la société traditionnelle évolue peu, ou très lentement, c'est l'inverse pour les sociétés dites scientifiques'. Logiquement, naissent de ce fait, une variété de classifications.

La classification populaire

Première en date, c'est elle qui primitivement (et vernaculairement) a permis de distinguer les genres et les espèces. Elle conserve encore, de nos jours, son importance. Fondée sur des critères simples : l'apparence, les mœurs supposées, les cris, etc. elle ne s'embarrasse guère de données scientifiques. Devant l'inconnu, elle procède par extension et/ou assimilition : par exemple, la souris → la chauve-souris → le kiwi (couvert de poils, le kiwi est pour les chinois assimilable à une souris végétale…).

Culturellement son étude comparée est des plus savoureuses (cf. par exemple les différents noms communs du coquelicot).

Elle distingue de même, par exemple les hiboux des chouettes, les crapauds des grenouilles, les rats des souris ... toute espèces apparentées qui sont dans l'esprit d'un certain nombre, censées être maris et femmes. Ainsi le hibou serait le mâle de la chouette, le crapaud celui de la grenouille, etc.

Certes, le côté naïf et spontané de ces croyances peut prêter à sourire (Lorentz) ou même agacer mais il serait vain, et même nuisible, d'en rire, surtout au nom de la Science (la connaissance). Car dans l'imaginaire populaire ces appellations ont une forte signification. Et comme a si bien su le dire Fleming : Pour que le plus grand nombre s'intéresse à la science, la science doit d'abord s'intéresser au plus grand nombre.

La classification scientifique

Continuellement enrichie depuis sa création princeps, la classification scientifique des espèces, actuellement obsolète mais encore très souvent utilisée est issue de celle de Linné. Elle divise le monde vivant en cinq règnes. Elle reste une classification importante car elle imprègne encore de nombreux écrits, souvent récents, ou même les manuels scolaires.

En biologie, la classification scientifique traditionnelle est telle que cinq règnes divisent le monde vivant :

La Classification phylogénétique

Toutefois, en parallèle à ce système de classification basé sur des caractères morphologiques observables (phénotype) se développe aujourd'hui une classification phylogénétique basée sur les caractères génétiques (génotype). Celle-ci est plus difficile à établir, car des comparaisons de code génétique devenant exponentiellement coûteuses avec le nombre d'espèces considérées lui sont nécessaires. En revanche, cette nouvelle classification permet de mieux visualiser les embranchements du vivant tels que constitués par différenciations progressives au cours du temps.

L'une et l'autre des classifications ont leurs limites, et leur usage conjoint n'est donc pas absurde dans la mesure de leur complémentarité. Par exemple on ne peut pas faire de classification phylogénétique sans avoir au préalable rattaché morphologiquement un organisme à un groupe (taxon) de référence. On sait par ailleurs que des « espèces » peuvent a priori être parfaitement identiques morphologiquement et s'avérer incapables de se reproduire entre elles, ces différences sont souvent révélées par la génétique. Au bout du compte on a donc deux « arbres » phylétiques qu'il faut comparer pour être (en partie) sûr de la classification.

L'unité de base de la classification scientifique des êtres vivants ou taxinomie est l'espèce, taxon le moins sujet à discussion, les autres nœuds de la classification, famille, classe, embranchement, etc., pouvant varier en fonction des progrès des connaissances phylogénétiques.

Le classement traditionnel des espèces est basé sur des caractères morphologiques. Dans de nombreux cas, les critères sont basés sur la présence d'un caractère, s'opposant à son absence, considérée comme primitive1 (par exemple vertébrés et invertébrés).

Mais les taxons définis par l'absence d'un caractère se sont révélés, à l'usage, très fragiles.

Le classement repose sur une hiérarchie fixe de catégories de taxon, la hiérarchie suivante :

(vivant) → règneembranchementclasseordrefamillegenreespèce

À tire d'exemple, pour l'espère humaine (homo sapiens sapiens) :

(vivant) → règne animal → embranchement des vertébrés → classe des mammifères → ordre des primates → famille des hominidés → genre des homo → espèce homo sapiens sapiens

Ce principe a été abandonné avec la classification phylogénétique. La classification en deux groupes (végétal / animal) a évolué pour aboutir à la constitution des cinq règnes du vivant.

D'après la classification en 5 règnes, au cours de l'évolution cellulaire des organismes s'est produite une coupure fondamentale qui distingue le groupe des eucaryotes et celui des procaryotes.

Les procaryotes sont unicellulaires, et leur matériel génétique n'est pas enfermé dans un noyau. Ils possèdent des enzymes localisés dans la paroi cellulaire et se multiplient par scissiparité. Ils constituent le premier règne.

Tous les autres organismes sont appelés des eucaryotes. Leur matériel génétique est enfermé dans un noyau ; ils possèdent des organites cellulaires, la multiplication cellulaire a lieu par mitose et ils présentent souvent une reproduction de type sexuée.

Les eucaryotes peuvent être unicellulaires ou pluricellulaires. Les eucaryotes unicellulaires sont appelés des protistes et constituent le deuxième règne.

Enfin, les eucaryotes pluricellulaires sont divisés en 3 règnes, les champignons, les métaphytes (végétaux chlorophylliens) et les métazoaires (animaux pluricellulaires).

Notes
1. en général les humains sont du côté présent, et pas du côté primitif !

La classification biologique

Discipline nouvelle, uniquement fondée sur des critères de laboratoire (allant aussi loin que la résonance magnétique ou la biologie moléculaire) : caractères de l'ADN, des mitochondries, ... encore balbutiante, elle émerge peu à peu avec le développement des techniques de laboratoire.

Dynamisée par l'expansion des techniques, nul doute qu'elle ne soit promise à un bel avenir. Déjà, elle nous a donné quelques surprises en rapprochant des espèces que l'on pensait très éloignées, mais qui en fait, s'avèrent très proches biologiquement. Serait-ce la classification de l'Avenir ?

Convention de nommage

La langue utilisée par les scientifiques pour nommer les espèces est le latin. Une espèce est désignée par un nom de genre commençant par une majuscule suivi d'un qualificatif d'espèce en minuscule et enfin de l'initiale ou du nom du scientifique qui a décrit l'espèce en premier.

Cependant, dans la pratique (recherches, publications, communications…), de plus en plus l'anglais, se positionne en parallèle avec le latin et tente même parfois de le supplanter...

Voir aussi

See also: Classification scientifique des espèces, Acide désoxyribonucléique, Anglais, Animal, Archéobactérie, Bactérie, Biologie, Biologie moléculaire