Cités obscures

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La série des Cités obscures

Il existe un Guide des Cités (1996), des mêmes auteurs.

Le volume Voyages en Utopie (2000) présente les travaux (en projet ou réalisés) menés par ces deux auteurs, parallèlement à la série des Cités obscures : expositions, spectacles, scénographies...

Présentation

« Nous ignorons le monde des Cités obscures, mais ce monde ne nous ignore pas. » (Lewis Fry Richardson, savant anglais cité dans le Guide des Cités.)

Une anti-Terre

Le monde (ou continent, selon ses auteurs) des Cités obscures forme un ensemble disparate de cités réparties sur une anti-Terre invisible depuis notre Terre parce que située exactement en face d'elle dans l'axe du Soleil. Ce postulat posé, il faut cependant savoir que les voyages sont possibles entre les deux mondes, au moyen de « portes » permettant le passage de l'un à l'autre ou — plus poétiquement — grâce à l'évasion artistique. Il n'est pas rare que des Terriens et des habitants des Cités obscures se soient en effet rencontrés. Parmi les voyageurs les plus célèbres, on peut citer Jules Verne, personnage récurrent dans la série.

Le monde obscur apparaît souvent comme un reflet déformé du nôtre, bien que les savants du Continent obcur, qui contrairement à nous n'ignorent pas l'existence d'un autre monde, préfèrent penser l'inverse.

La cité comme modèle politique

Comme son nom l'indique, ce monde est principalement constitué de cités : le modèle urbanistique est donc prépondérant et il n'existe que peu de vie dans les campagnes. Les cités n'étant pas très nombreuses, c'est donc un monde relativement vide. Chaque cité possède sa propre autonomie, à la manière des cités grecques de l'Antiquité : les états ou pays sont inconnus, et chaque ville dispose d'un territoire dont les limites sont souvent remises en question lors des nombreuses guerres qui parsèment l'histoire de ce monde. La Tour est à cet égard un exemple frappant de la densité des territoires. Constituée d'une tour unique mais gigantesque, c'est à la fois un bâtiment, une ville et un État.

La cité comme modèle esthétique

Chaque cité, de plus, semble être régie par un courant esthétique précis et unique, comme l'Art Nouveau pour la ville de Xhystos ou une forme proche de l'Art Déco ou du Bauhaus pour Urbicande. En sorte, hormis pour quelques villes, chacune offre une uniformité architecturale notable, laquelle déteint sur l'organisation politique et les conceptions intellectuelles de ses habitants.

L'obscurité comme modèle ontologique

Le terme d'obscur doit ici être compris comme synonyme de crypté, énigmatique voire ésotérique. C'est en effet l'absence d'une raison éclairante qui semble prédominer comme modèle ontologique dans ce monde.

En l'absence d'un sytème de datation commun aux cités, par exemple, il n'est pas possible de proposer une chronologie précise du monde des Cités. D'autre part, fait révélateur, c'est la cryptozoologie qui a été promue au rang de discipline majeure des sciences zoologiques. Enfin, les cités vivent souvent coupées des autres, sans qu'il soit aisé de voyager entre elles. La circulation des idées et des technologies y est fort rare — ou alors n'a aucun impact notable — et l'obscurantisme semble s'imposer de fait aux cités plus en retard que les autres : les disparités économiques, politiques et intellectuelles sont en effet très importantes et l'entraide, sauf en cas d'alliance politique, n'est pas pratiquée. Pourtant, le voyage en tant que fin (pas forcément en tant que moyen) est très prisé. Ce paradoxe n'est qu'un des nombreux autres qui animent le Continent Obscur.

En sorte, le mythe et l'histoire se confondant constamment, les forces en jeu dans les cités semblant régies par des lois inconnues ou trop secrètes pour être divulguées, les guerres ou les grandes actions humaines ne trouvant pas forcément d'explication rationnelle, c'est un monde où l'énigme et le mystère font force de loi universelle, où l'explication logique n'est pas appréciée en tant que telle.

Quelques lieux :

Quelques personnages :

Articles connexes

Liens externes

See also: Cités obscures, 1983, 1985, 1987, 1988, 1990, 1992