Cinéma québécois

Sommaire

Les origines

Montréal est la métropole économique du Canada à l'invention du cinéma. Le 27 juin 1896, six mois seulement après la naissance officielle du cinématographe des Frères Lumière, Louis Minier et Louis Pupier (en) [1] présentent quelques unes des premières bandes filmés dans cette ville. La première projection en Amérique du cinématographe Lumière a donc lieu à Montréal. Elle sera le début d'une tournée de 10 ans à travers le Québec pour ses opérateurs.

Projectionniste dès 1902 Monsieur Ouimet [2] ouvrira son premier cinéma commercial permamnent en 1906 sur la rue Sainte-Catherine, le Ouimetoscope. C'est le début de l'exploitation organisée du cinéma au Québec.

Office national du film du Canada. (ONF)

Le cinéma Québécois a été surtout florissant au niveau artistique dans les années 60-70. À l'époque les réalisateurs œuvrant à l'ONF jouissent après d'âpres luttes d'une grande liberté de création ainsi que des moyens techniques novateurs et performants (Michel Brault, Norman McLaren, Pierre Perrault).

Réussites techniques et artistiques

On y invente par exemple un des premiers appareils de prise de son portable, dont le support est un ruban magnétique perforé (le « SprocketapeMD »). On y invente aussi et perfectionne le cinéma direct, non pas seulement techniquement et mais éthiquement et esthétiquement.

Outre sa contribution à l'animation, c'est probablement la contribution la plus importante du cinéma québécois au cinéma mondial. Cette façon nouvelle de sortir la caméra des studios amène une société qui n'a jamais vu son image à porter un premier regard, une première oreille sur elle même.

Le cinéma miroir

Malheureusement le résultat est une grande incompréhension entre le cinéma québécois et son public. Car outre une courte parenthèse dans les années 40, les salles de cinéma au Québec sont depuis toujours occupées par le cinéma de fiction de la France et des États-Unis d'Amérique. Et la télévision québécoise propose une vision policée, bien pensante, de la société. Le choc pour le public est donc très grand.

Pendant cette période les cinéastes de grand talent sont pour une large part boudés, au profit d'un cinéma étranger populiste, moins dérangeant pour le public.

L’Entre deux

1967. À l’occasion de son centenaire confédératif, le Canada se veut moderne. Il change sa politique culturelle, qui on l’a compris avec l’ONF, a un impact prépondérant sur la cinématographie Québécoise.

Politique culturelle

Le climat social très politisé avait mené des tensions dans l’agence. C'est ainsi que se crée la section francaise de l'ONF. On voit même des cas de censure à L'ONF. On parle de liberté. Des entrepreneurs demandent la mise en place d’un secteur privé dans le domaine du cinéma. Un secteur « privé » qui est, il faut le dire, encore et toujours aujourd’hui, financé à 90% par l’État.

L'époque Ni-ni

Le cinéma québécois entame avec cette création de la SDICC (qui deviendra Téléfilm) une traversée du désert de près de 35 ans qui mènera au mirage actuel. Trois décennies de cinéma ni hollywoodien, ni québécois, ni d’auteur, ni de commerce : la rentabilité commerciale étant exclue pour des raisons démographiques, le cinéma d’auteur étant lui, craint. Et pendant ce temps, l'ONF perd des plumes, voyant son financement coupé, années après année.

Il y a bien quelques exceptions, à l'ONF comme au privé. Denys Arcand jusqu'en 80, André Forcier... D'autres cinéastes encore, aux oeuvres éparpillées dans ce contexte peu propice à la création. Mais leurs oeuvres feront figures d'exception.

Le paradoxe commercial d'aujourd'hui

Depuis ce jour, le cinéma québécois tente de sédure son public grâce à des budgets plus grand et une copie toujours plus raffinées de la manière américaine. Il perd toute spécificiité dans son obcession à joindre complaisamment son public. Si on réussit en 2005 à faire 20% du box office national, c'est en adaptant les recettes du matraquage médiatique et en évacuant totalement la question artistique. Par sa nature et sa façon de se vendre le cinéma québécois est en passe de devenir un autre cinéma américain financé par l'État sous le couvert de l'identité culturelle.

La technique aujourd'hui

Montréal demeure grâce à l'héritage de l'ONF un lieu de créativité technique dans le domaine des images en mouvement. De nombreuses entreprises de multimédias y sont établies. Mais cette créativité ne sert plus les cinéastes et créateurs Québécois.

On y démarre, par exemple, le IMAX. Grâce au soutient de l'ONF on invente la technologie d'imagerie 3D derrière les succès de Softimage [3] puis de Discreet Logic [4]. Ces deux compagnies font des logiciels d'une grande complexité qui permettent de réaliser les effets spéciaux des films américains tel que Jurassic Park.

Ironiquement, le cinéma québécois n'y a pas accès, car ils sont trop chers.

Bibliographie

Livres

Revues

Liens Internes

Liens Externes



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See also: Cinéma québécois, André Forcier, Anglais, Années 1940