Accident de vélo
Un accident de vélo est un événement fortuit entraînant des dommages corporels à une ou plusieurs personnes se déplaçant à bicyclette.
| Sommaire |
|
1.1 Accidents dans le cadre d'une pratique sportive |
Fréquence et typologie des accidents de vélo
La fréquence et la gravité des accidents de vélo sont dépendants de nombreux facteurs, et notamment du type de pratique (course cycliste, entraînement sportif sur route de campagne, déplacement utilitaire en ville, utilisation du vélo comme jouet par des enfants...). Ceci s'explique notamment par les conditions de circulation (partage ou non de la voie avec d'autres utilisateurs : automobiles, poids-lourds, rollers, piétons... ; type de voie utilisée, obstacles présents aux abords) et par les vitesses pratiquées.
Accidents dans le cadre d'une pratique sportive
Chaque année, plusieurs chutes émaillent les courses cyclistes, parfois même lors du tour de France.
L'autre pratique sportive du vélo dans laquelle des accidents peuvent survenir est le VTT : les traumatismes les plus courants sont généralement ceux des membres supérieurs et de la tête.
Accidents dans le cadre d'une pratique utilitaire
Il est cependant démontré que la fréquence des accidents de vélo tend à diminuer au sein de tous les accidents de la route (11,6 % en 1998 contre 8,2 % en 2000, résultats d'une étude Croate à partir de 253 accidents : Croat Med J. 2003 Oct;44(5):610-3).
On a pu constater un lien direct entre la fréquence des accidents impliquant un tiers et la proportion des déplacements urbains effectués à vélo : plus les cyclistes sont nombreux, moins les accidents sont nombreux et moins ils sont graves. Réciproquement, lorsque le nombre de cyclistes diminue, il appararaît un seuil en dessous duquel le risque d'accident avec un tiers (généralement motorisé) augmente significativement, ainsi que la gravité des blessures.
Ce double phénomène a pu être quantifié dans différents pays européens entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 2000 : après une période d'usage massif du vélo comme moyen de déplacement individuel, la voiture s'est imposée sous l'influence des politiques d'encouragement menées par différents gouvernements dans les années 1960 et 1970 (notamment en France). En parallèle, la dangerosité des déplacements à vélo a augmenté, avec le nombre de tués à vélo (rapporté au nombre de cyclistes). Depuis la fin des années 1980, la part modale de la bicyclette augmente de nouveau, et les statistiques semblent montrer une baisse du nombre de cyclistes tués (toujours rapporté au nombre de pratiquants).
Accidents dans le cadre d'une pratique ludique
On estime l'incidence, chez l'enfant, de tels accidents à 18,49 pour 100000 enfants, chaque année.
Chiffres sur l'accidentologie
Les associations de promotion du vélo comme mode de déplacement urbain déplorent que les chiffres officiels soient souvent fournis sans ventilation par type de pratique. Ils constatent en effet que l'agrégation des chiffres nuit à l'image du cyclisme urbain, réputé moins dangereux que les pratiques sportives, où la prise de risque peut être plus importante.
Les chiffres suivants sont donnés sans distinction d'origine des accidents :
- en France, on compte environ 250 décès et 8000 accidents par an.
- d'après une étude danoise, 81 % des accidents de vélo (dont les chutes en premier lieu) ont lieu sans tiers. Ces accidents sont le plus souvent responsables de lésions de la tête et des bras, et occasionnent plus de fractures et de plaies ouvertes que les autres accidents.
- dans le cas de cyclistes sous l'influence de toxiques, 95 % des accidents se passent sans tiers, et sont responsables de traumatismes crâniens dans 63 % des cas.
Facteurs de risque
Facteurs généraux
- consommation d'alcool (62,5% des accidentés de nuit avaient bu), de stupéfiants, de sédatifs
- sexe : 70 % des victimes sont de sexe masculin ;
- manque d'entraînement sportif ;
- fatigue ;
- terrain : pavés, humidité, boue (cf. Paris-Roubaix pour ces 3 facteurs), chute dans le peloton devant soi ;
- facteurs socio-économiques (voir l'étude Is there equalisation in socioeconomic differences in the risk of traffic injuries in childhood? A study of three cohorts of Swedish school children in Int J Adolesc Med Health. 2004 Jul-Sep;16(3):253-63.
- déficit sensoriel (cécité, surdité) ou moteur.
Lieu de résidence
L'accidentologie nous apprend que chez l'enfant, 21 % des accidents ont lieu en zone rurale, 18 % semi-rurale, 17 % semi-urbain, 44 % en zone urbaine. (Accid Anal Prev. 2004 Jul;36(4):649-54.)
Consommation d'alcool
Une étude suédoise portant sur 200 chutes à vélo a observé que la conduite d'un vélo après consommation d'alcool est responsable d'accidents plus souvent nocturnes, le week-end, sans tiers, avec plus de traumatismes crânio-faciaux. Les cyclistes consommateurs d'alcool portent aussi moins souvent de casque.
Conséquences d'un accident de vélo
Décès
109 personnes ont trouvées la mort à vélo en 2001 en France. La principale cause de décès (66 %) dans ce contexte est le traumatisme crânien sévère lié à l'impact. La littérature rapporte le cas d'un enfant traîné sur 45 kilomètres après choc avec un camion (Fatal truck-bicycle accident involving dragging for 45 km., in Int J Legal Med. 2003 Aug;117(4):226-8. Epub 2003 May 13.). La mort fut rapportée après autopsie au choc initial, et le conducteur routier ne fut pas poursuivi.
Traumatismes de la face et de la mandibule
Les accidents de vélo représentent la première cause de traumatisme maxillofacial chez l'enfant (26 % des cas), suivi de près par les chutes (25%). Les adolescents seraient les plus exposés. (Paediatric maxillofacial fractures: their aetiological characters and fracture patterns. in Journal of Craniomaxillofaciel Surgury. 2002 Aug;30(4):237-41.)
Traumatismes crâniens
Ces traumatismes sont les plus préoccupants : ils sont fréquents et peuvent être mortels. Ainsi, les chutes à vélo sont les premières responsables de traumatisme crânien sévère de l'enfant. Cette situation explique la mobilisation des pouvoirs publics dans de nombreux pays en faveur du port du casque.
Traumatismes des membres
- membre supérieur : en dehors des traumatismes bénins, on retrouve :
- fracture de la palette humérale
- rupture de la coiffe des rotateurs
- fracture de la clavicule
- fractures du poignet, le plus souvent du scaphoïde
- membre inférieur : les fractures sont moins fréquentes ; ce sont surtout les fractures de jambe, les traumatismes de la cheville (entorses au premier chef).
Traumatisme vasculaire sévère
voir Am Surg. 2004 May;70(5):443-7 : Pediatric blunt trauma resulting in major arterial injuries)
Traumatismes abdominaux
- les chutes à vélo sont les premières responsables de traumatisme du foie chez l'enfant (in Liver injury in children: causes, patterns and outcomes.)
- il en est de même pour les traumatismes du pancréas (environ à hauteur de 60% des cas), lié dans la quasi-totalité des cas à la présence d'une barre de guidon. Le principal risque est le développement de pseudo-kystes du pancréas à terme.
Autres conséquences
- Traumatismes du pénis : 6 % des traumatismes du pénis ont été rapportés à une chute de vélo, selon une étude rétrospective égyptienne (Paediatric penile trauma., in BJU Int. 2002 Jul;90(1):92-6).
- Traumatismes du périnée chez la fille : 3e cause derrière les accidents de voiture et les agressions sexuelles, ils vont souvent nécessiter un geste chirurgical (en particulier avant 10 ans).
- La littérature rapporte au moins un cas d'hématome de la vulve chez une femme de 29 ans ayant entraîné une anémie aiguë sévère et nécessité un drainage chirurgical, par choc brutal contre la selle au cours de la chute
- L'impuissance (par lésions nerveuses et/ou vasculaires) est relativement fréquente et bien étudiée chez les cyclistes, par action chronique de la selle sur les structures pelviennes. Des cas existent cependant de lésions traumatiques aiguës des fonctions érectiles.
- écchymoses, éraflures. Le sportif peut en général remonter sur sa bicyclette et finir l'étape. Peu de données dans la littérature.
Prévention et protection
- Maintenir le contact avec le leader et le directeur d'équipe
- Entretiens des routes
- Campagnes d'éducation visant à prévenir la boisson au guidon d'un vélo.
- Port d'un casque homologué et rôle du législateur : plusieurs études ont prouvé l'efficacité sur la réduction de la morbi-mortalité du casque. On ajoutera que la proportion d'enfants casqués augmente significativement dans les pays ayant pris des mesures législatives allant dans ce sens. Au sein des pays étudiés, l'effet législatif fut plus important auprès des enfants résidant dans des zones économiquement moins favorisées. (in Influence of socioeconomic status on the effectiveness of bicycle helmet legislation for children: a prospective observational study, Pediatrics. 2003 Sep;112(3 Pt 1):e192-6.)
