Chronologie de Hyères
Chronologie de Hyères
| Sommaire |
Préhistoire
- 3000 avant notre ère, l'archipel est habité.
Antiquité
- Au IVe siècle avant notre ère, des marins grecs de Massalia installent sur les rives de la Méditerranée un comptoir commercial fortifié au lieu-dit L'Almanarre. Ce comptoir se nomera Olbia (« L'Heureuse » en grec). Leur présence s'est peu a peu étendue jusqu'à Giens. La justification de ce bastion fortifié est de sécuriser la navigation cotière vers l'Italie suite aux incursions des barbares Ligures. Vu la situation de L'Almanarre, on ne peut expliquer cette présence que par une « passe » dans le double tombolo de la Presqu'île de Giens. C'est une caserne de 165m de coté constituée d'un double mur avec des tours aux angles et sur le périmètre. Une porte s'ouvrait à l'est, vers le port aujourd'hui ensablé. l'intérieur est découpé en quatre par deux artères. chaque quartier est composé de dix ilots d'habitation séparés par des ruelles de 2,20 m de large. À ceci viennent s'ajouter deux sanctuaires à Aphrodite et Artémis. On pense qu'il y vivait entre 800 et 1000 habitants.
- Au IIe siècle avant notre ère, c'est au tour des Romains de s'établir sur la commune lorsqu'ils fondent Pomponiana, une station de galères à proximité d'Olbia la grecque.
Moyen Âge
- 578, destruction d'Olbia par Gontran Ier, roi des Francs.
- En 963, par une charte, Conrad, roi de Bourgogne et de Provence, concède Hyères et ses alentours à l'abbaye bénédictine de Montmajour.
- XIe siècle, les seigneurs de Fos construisent le château après l'expulsion des Sarrasins. La maison de Barcelone hérite du comté de Provence par mariage, cette succession est contestée par le comte de Toulouse. Des luttes armées opposent les Fos aux Espagnols, qui finissent par les soumettre. Le château sort en piteux état de ces affrontements.
- 1056, une charte cite, parmi les dons faits par Guy et Astrude de Fos à l'église Saint-Nicolas, près des Salins d'Hyères, « la dîme des lapins des îles ».
- Au XIIe siècle (1182 sur décret d'Alphonse Ier, comte de Provence) qu'est construite l'église romane de Saint-Paul en plein cœur de la ville fortifiée pour relayer la vieille église Saint-Pierre. Ces deux églises passent alors sous le contrôle du diocèse de Toulon.
- 1187, une guerre oppose deux membres de la maison de Fos, Guy et Amiel, co-seigneurs du château d'Hyères.
- 1192, le comte de Provence envoie des troupes pour attaquer par surprise le château. Prévenu, Amelin de Fos, quitte Marseille et force les soldats du comte de Provence à se réfugier dans le château. Ildefonse Ier accourt également mais se fait battre.
- C'est en 1198 que l'on fait pour la première fois mention de la présence de Templiers et de leur commandeur Jordan dans la cité.
- XIIIe siècle, la maison (dont la tour faisait partie) des Templiers, située en plein cœur de la ville fortifiée, participe activement a la stucturation de celle-ci. Leurs possessions incluent également un « cazal », domaine agricole entouré de terres particulièrement bien entretenues. ils disposaient de vignes, de terres labourables et d'oliveraies tout autour de la ville. Ces terres servaient à fournir tout ce dont pouvaient avoir besoin les troupes luttant en Espagne et en Terre Sainte. Leur pouvoir s'étendait jusqu'à Toulon où ils possèdaient des installations portuaires.
- 1217, Raymond-Geoffroy de Fos, privé de ressources, vend pour 18 000 sols royaux à la communauté de Marseille ses possessions à Hyères (un 1/12e) et la terre de Brégançon, ainsi que les salines des Iles d'Or, qui lui venaient de sa mère.
- 1230, les Franciscains s'installent en Provence. La famille de Fos creuse deux tombeaux devant l'église qui deviendra Saint-Louis.
- 1219, Amiel de Fos, frère de Raymond-Geoffroy, conteste la vente de 1217, puis renonce à faire valoir ses droits contre 5 000 sols royaux.
- 1221, un second compromis est signé à Six-Fours entre la ville de Marseille et celle de Hyères.
- 1223 : la vente de Hyères et Brégançon à Marseille est confirmée par le comte de Provence Raymond-Bérenger.
- 1240, frère Hugues de Dignes, prédicateur et clerc bien connu au dela de la Provence, et sa sœur, Sainte-Douceline, fondent a Hyères les Dames de Roubaud. Deux Franciscains Hyèrois fondent les frères de la pénitence du Christ, appelés « Sachets » à cause du manteau en toile de sac qu'ils portaient, suite à la prédication d'Hugues de Dignes : allez dans les bois et apprenez à vous nourrir de racines, car les tribulations approchent.
- En 1244, Hugues de Dignes fait un prêche devant le pape et les cardinal|cardinaux à Lyon.
- En 1254, Saint Louis, roi de France, débarque à Hyères de retour de croisade. Il assiste a un prèche d'Hugues de Dignes.
- En 1257, les Fos doivent laisser la ville à Marseille et au comte de Provence, qui, une fois sous contrôle, entreprend de réamenager la cité et le château. C'est de cette époque que datent les plus vieux vestiges. Mort d'Hugues de Dignes (peut-être 1256?).
- En 1260, sous l'impulsion de Saint-Bonventure, les Franciscains crééent le couvent des Cordeliers.
- 1274, mort de Sainte Douceline, qui aura, avec son frère Hugues de Dignes, laissé une forte empreinte franciscaine sur la Provence.
- Fin du XIIe siècle, suite a la chute de Saint-Jean d'Acre (1291), l'ordre des Templiers périclite et la maison de Hyères est regroupée avec celle de Peirassol sous l'autorité de Raymond des Angles.
- 1308, arrestation de tous les Templiers de Provence. À Hyères, ils ne sont plus que quatre, commandeur compris. Les biens sont donnés à l'ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Jerusalem et affectés a la Commanderie Hospitalière de Beaulieu. La chapelle est donnée aux Pénitents Bleus.
- 1323, Charles II fait inspecter les remparts de la ville et du château et somme les habitant d'effectuer des réparations et de finir l'enceinte. Celle-ci sera composée de trois remparts, parsemée de tours carrées et crènelées dont certaines sont toujours debout.
- La première enceinte est restreinte, entourant le château. Elle comportait deux portes, l'une au sud, flanquée de deux tours, constitue l'entrée principale du château, l'autre à l'ouest, souvrait vers Toulon et la campagne. Cette deuxième porte était protégée par une tour ronde formant saillie, et abritant une citerne, un corps de garde et un poste d'observation.
- La deuxième enceinte part de la première et se dirige vers l'est jusqu'à la porte de Pierrefeu. De là elle descend au sud puis au sud-ouest jusqu'à la porte de Barue (basse-rue), suit l'esplanade de la Barbacane jusqu'à la porte de Saint-Paul (toujours debout). Puis remonte au nord pour rejoindre la première enceinte.
- La troisième enceinte part de la porte Cafabre, descend vers la rue de Limans qu'elle suit, puis tourne vers la porte du Fenouillet. Elle atteint ensuite la porte du Portalet où se trouvait le centre de collecte de l'impôt, suit la rue des Porches jusqu'à la porte de la Rade, remonte au couvent des Cordeliers (église Saint-Louis) pour se rendre à la Porte-Neuve. De là elle rejoint la deuxième enceinte au niveau du couvent de Saint-Bernard.
- 1347, la Peste noire, arrivée par Marseille, ravage la Provence et emporte plus du tiers de la population.
- 1348, la reine Jeanne autorise une « rue franche » en échange d'une garde nuit et jour.
- 1371, des accords entre les Franciscains et le diocèse réglementent la « concurrence » entre Saint-Louis et Saint-Paul.
- 1382, mort de la reine Jeanne, sa succession va engendrer la division de la Provence entre Louis d'Anjou et Charles de Duras. Aix-en-Provence ralie les communautés sous le controle de ce dernier. C'est l'Union d'Aix. Le château passe sous le contrôle de Spinola.
- 1387, Spinola change de camp et se ralie à la veuve de Charles d'Anjou, Marie de Blois. Il profite de sa situation pour piller toute la côte.
- Au XIVe siècle, la population quitte l'escarpement et le château pour s'installer dans la plaine côtière. Le château est reconstruit par les Ducs de Provence, pour qui les Salins étaient une richesse de première importance, et agrandi jusqu'au XVéme siècle.
- XVe siècle, la garde du château est assurée par Arnaud de villeneuve, de la famille des ducs de Trans. Le roi René engage la ville et son château contre 74 000 florins d'or à Louis de Beauveau afin de poursuivre sont rêve italien. L'évêque de Toulon (Jean d'Étienne), apprécie beaucoup Hyères et y installe une cour épiscopale, bénit le Saint-Chrème de Saint-Paul et y transfère ses ornements pontificaux, au grand damn de Toulon et du Saint-Siège.
- En 1427, l'évêque Nicolas Dragonnis s'installe à Hyères, les Toulonnais alertent Pierre de Beauveau. Celui-ci exerce son autorité comtale, et fait céder Nicolas Dragonnis.
Époque moderne
- XVIe siècle, les armées imperiales deferlent par deux fois sur la ville. La première fois le château résiste avant de se rendre, la deuxième fois la ville est épargnée alors que les cités avoisinantes sont pillées.
- 1517, les Franciscains de Saint-Louis rejoignent les rangs des conventuels sous le patronage de saint Louis d'Anjou, fils du comte de Provence Charles II devenu cordelier puis évêque.
- 1524, Charles III, connétable de Bourbon, à la tête des armées de Charles Quint qui voulait récupérer le royaume d'Arles, attaque Toulon et Brégançon, se saisit des îles, et envahit la Provence. Hyères et Brégançon résistent un certain temps. Il est repoussé par le maréchal de La Palice.
- 1530, douze galères de la flotte de Kher ed Din, dit Barberousse, s'arrêtent aux îles d'Hyères et vont dévaster la côte de Hyères à Toulon.
- 1536, Barberousse, bey d'Alger, premier Capitan-Pacha de Soliman II, s'allie au roi de France et hiverne dans la rade.
- 1542, François Ier installe le siège de la sénéchaussée à Hyères, qui s'étend sur Toulon.
- 1564, Charles IX, entame un tour de France qui durera 2 ans. Il passe 5 jours à Hyères, avec sa mère, Catherine de Médicis, le duc d'Anjou et le roi de Navarre. Il déplore que les Mores, Turcs ou autres pirates de mer viennent prendre port et descente aux îles... où ils se tiennent et cachent... et viennent piller et ravir hommes, femmes et enfants, et qu'il n'y ait aucun port ni forteresse à Yères pour y résister. Il donne 2 000 livres pour construire un port à Hyères.
- 1572, l'église Saint-Paul est érigée en collégiale, son architecture se fige.
- 1580, Hyères subit une terrible épidémie de peste.
- 1586, le Jean-Louis Nogaret de La Valette, duc d'Epernon, remplace Henri d'Angoulême, assassiné, comme gouverneur de Provence.
- 1587, le duc d'Epernon fait son entrée à Hyères. Son frère aîné, Bernard Nogaret de La Valette, lui succède.
- 1588, la ville confirme son attachement au roi contre les visées du duc de Savoie. Le baron de Menouillon, en revanche, qui avait la garde du château, se range du côté de ce dernier. M. de La Valette renonce à faire le siège du château.
- 1589, la garnison, assiégée, finit par capituler. Andrietto Doria arrive en rade d'Hyères peu après avec 2 000 hommes sur 20 galères, puis continue sur Toulon.
- 1589,
- Le 29 mai, Barthélémy Boutiny, ligueur, interrompt l'office en entrant dans Saint-Louis avec des hommes en armes. Il incite la population à la révolte... en vain.
- Le 1er novembre, Charles IX, roi de France, s'arrête à Hyères dans sa tournée du Royaume. il guérit des tuberculeux en les touchant.
- 1593, le duc d'Epernon succède à son frère La Valette et arrive à Hyères.
- Fin du XVIe siècle, les guerres de religion :
- Le château joue un role primordial lors des combats entre Catholiques et Protestants, mais aussi entre le pouvoir royal et le duc de Savoie. La ville restera fidèle au roi, mais le château changera souvent de main, la garde est pour le roi, mais se ralie à la Ligue en 1588, en 1589 les troupes royales reprennent le château après un long siège. En 1593, Le duc d'Épernon, gouverneur de Provence donne la garde du château à Sigmans, Ligueur convaincu. Les troupes royales, commandées par le père de Sigmans n'arrivent pas à reprendre le château. Henri IV, excédé, nomme Charles de Guise gouverneur, et, le 6 février 1596, les troupes prennent position dans la ville. Les Ligueurs qui s'y trouvaient se retranchent dans le couvent Saint-Bernard et organisent la résistance. Le château tient bon, et c'est seulement en décembre que la garnison se rend après négociations. Après ces dix années de guerre la ville est en piteux état et il est envisagé de la reconstruire ailleurs. Henri IV est pour, et ordonne la destruction du château, mais meurt peu de temps après.
- XVIIe siècle, construction du couvent de Sainte-Claire.
- 1620, la décision d'Henri IV est maintenue par Louis XIII et le château est en grande partie démantelé.
- 1649, la viguerie de Hyères comprend 12 communes, dont Bormes.
- 1659, 14 vaisseaux anglais mouillent à Hyères et à Marseille, pour récupérer 600 000 livres qui leur avaient été prises par les Marseillais.
- 1660, Louis XIV pendant son séjour à Toulon, vient passer une journée à Hyères.
- 1664, les Hyèrois ayant résisté contre l'augmentation des droits sur le sel, la sénéchaussée est à nouveau transférée à Toulon.
- 1665, Hyères subit une nouvelle épidémie de peste.
- 1673, la Commanderie Hospitalière de Beaulieu céde la maison des Templiers à la ville grâce à un bail amphitéotique de 210 livres par an.
- 1674, un siège de justice est installé à Hyères, de compétence limitée.
- 1709, le 7 janvier, il neige pendant trente-six heures. Le froid provoque des dégâts dans le bétail et les cultures, notamment les oliviers.
- 1714, la communauté de Hyères demande à nouveau la construction d'un port, à l'embouchure du canal du Ceinturon. Un procureur, la marquis d'Ampus, et un architecte, Laurent Vallon, dressent un plan et un devis. On prévoit un môle de 100 mètres, à l'est, une jetée de 60 mètres, à l'ouest, délimitant un bassin carré de 160 mètres de côté. L'assemblée des communautés de Provence dégage 20 000 livres.
- 1752, le marquis de Pauliny, ministre de Louis XV, reprend le projet de construction d'un port au Ceinturon. Le devis estimé par le sieur Barthélémy Barralier, maître au port de Toulon, est de 166800 livres, et on prévoit 3 ans pour la construction.
- 1758, un contrat entre la ville et un religieux franciscain, Pierre-Antoine Boyer, prévoit la continuation du port et du canal. Il reste sans suite.
- 1765, les Pénitents Bleus donnent la chapelle des Templiers à la ville qui la transforme en halles.
- 1769, démolition de la voute de la chapelle des Templiers afin de construire un niveau intermédiaire avec un escalier. La salle basse abrite des boutiques, tandis que la salle haute sert de grenier. Un troisième niveau sera créé pour une salle de réunion du conseil municipal qui y siègera jusqu'en 1913.
- 1780, la toiture et les murs de la collégiale Saint-Paul posent la question de la destruction de celle-ci. En 1784, on envisage de transfèrer la paroisse à l'église des Cordeliers. La riche population de la haute ville, ainsi que l'évêque, insiste pour conserver la paroisse à Saint-Paul, et obtient gain de cause. L'église est réparée.
- 1785, le projet de port en rade d'Hyères est repris par les sieurs Rose, Lorraine et Meissonnier.
- 1786, le projet de port d'Hyères est adopté par le Conseil général des familles d'Hyères.
Époque contemporaine
- Révolution française, l'église Saint-Paul devient successivement paroisse constitutionnelle puis temple décadaire. Le couvent de Sainte-Claire est vendu.
- 1791, les plans et devis du port d'Hyères sont établis, mais resteront sans suite.
- XIXe siècle, l'histoire se répète, le titre de paroisse est a nouveau contesté en raison de l'état de l'église Saint-Paul, cette fois-ci la paroisse est transferée à Saint-Louis.
- 1820, les habitants demandent de reprendre les travaux du port du Ceinturon. Le projet est réétudié, ainsi que l'assèchement des marais.
- 1820, un hiver exceptionnellement rigoureux détruit tous les oliviers et orangers de Hyères.
- 1849, le couvent de Sainte-Claire est détruit et remplacé par une batisse néo-romane par Olivier Voutier appelée Castel Sainte-Claire.
- 12 avril 1867, le sieur Agard loue, pour le propriétaire des Salins, un terrain pour y créer un débarcadère.
- 1872, la Marine, par l'intermédiare de l'amiral Pothuau, transforme la jetée des Salins en port.
- 1876, construction de la gare reliant Hyères à Toulon.
- 1892, la Reine Victoria séjourne a Hyères, elle va ètre à l'origine de la « déferlante » anglaise du début du XXe siècle.
- 1910, construction du casino comprennant une salle de spectacle de 900 places. À peu près à la même époque est construit le Golf-Hotel, avec un golf 18 trous et quatre courts de tennis.
- 1914, un raz-de-marée détruit de nombreuses installation côtières.
- 1920, nouveau raz-de-marée.
- 1924, l'architecte Robert Mallet-Stevens commence la construction pour le vicomte de Noailles d'une villa sur les hauteurs de la ville.
- 1930, fin de la construction de la Villa de Noailles. C'est un vaste laboratoire des dernières tendances moderne de l'architecture. La villa fait 1800 m², comprend une quarantaine de chambre, un terrain de squash, une piscine couverte et un gymnase. De nombreuses sommités du milieu artistique fréquentent le lieu (tels que Bunuel, Cocteau ou Giacometti
- 1955, aquisition du Castel Sainte-Claire par la ville.
- 1970, mort de la vicomtesse Marie-Laure de Noailles.
- 1973, la mairie acquiert la Villa de Noailles pour en faire un centre culturel de rencontre (arts de la mode, architecture, décoration, design, arts plastiques, photographie...)
