Chleuasme (figure de style)
Voisinage et homonymie
Le chleuasme se distingue du chiasme.
Par ailleurs, le mot chleuasme (médecine) , ou chloasma (du grec chloadzo, je germe, je suis vert...), est le nom technique du masque de grossesse.
Il y a aussi l'hyperchleuasme.
Signification
Il s'agit d'un procédé rhétorique consistant à en rajouter sur soi-même pour mieux se dédouaner. Par exemple, commencer un discours sur un sujet délicat, dont on est connu comme étant spécialiste peu contesté, en disant : je n'y connais pas grand'chose et je ne peux guère que contribuer à poser le problème. En se dépréciant, le locuteur espère attirer sur lui au moins la confiance, au mieux la sympathie active de celui qui l'écoute.
Ce mot imprononçable n'est que la francisation par translittération d'un substantif grec, chleuasmos, ironie, plaisanterie, raillerie ( selon le Bailly -le lexique d'Anatole...- ), et se trouve utilisé par Démosthène et quelques autres rhèteurs grecs.
En cherchant bien, on peut retrouver cité comme synonyme le mot prospoïèse, lui aussi issu du grec ancien et ayant théoriquement et littéralement le sens en faire de trop.
En français courant, chleuasme pourrait s'exprimer par feinte = je vous ai bien eus !
Comme l'aurait dit Mirabeau, à qui l'on prête beaucoup de propos célèbres, « les hommes sont comme les lapins, ils s'attrapent par les oreilles ».
Exemple
C'est à l'aide de la figure rhétorique du chleuasme ou « ironie tournée vers soi » qu'on cherchera, pour finir, à discerner ce qui constitue l'impossible de l'aveu. Le chleuasme existe sous deux formes antagonistes : il peut s'agir de dévaluer sa personne, ou de rabaisser des louanges prononcées à son endroit, pour faire se récrier l'allocutaire.
D'après Catherine Boré dans son analyse de L'Âge d'homme de Michel Leiris (Rhétorique de l'aveu : atténuation, négation, ironie).
