Childéric Ier
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Childéric Ier (vers 436 - 481, Tournai), roi des Francs Saliens en 457. Certainement le fils de Mérovée, il épousa Basine de Thuringe et eut pour fils Clovis.
Ce prince, enlevé dès l'enfance par un détachement de l'armée des Huns, et délivré comme par miracle par un brave Franc nommé Viomade, ne fut pas plutôt sur le trône, qu'une conspiration générale l'en fit descendre. Il y remonta glorieusement, rappellé par les vœux et les regrets de toute la nation franque. C'était l'homme le mieux fait de son royaume; il avait de l'esprit, du courage; mais il était un « coureur de femmes » et il s'abandonnait trop facilement à l'amour. Les seigneurs Francs, sensibles aux outrages faits à leurs femmes, se liguèrent pour le détrôner. Contraint de céder à leur fureur, il se retira en Germanie, où il fit voir que rarement l'adversité corrige les vices du cœur, en séduisent Basine, épouse du roi de Thuringe, son hôte et son ami.
Après sa fuite, les Francs choisirent pour lui succéder Gilles, un commandant gallo-romain des troupes de Gaule. Viomade, resté secrètement fidèle de Childéric, profita du crédit qu'il avait sur l'esprit du nouveau roi, pour l'engager dans des actes qui ne pouvaient que le rendre odieux aux Francs. Les exactions du nouveau Monarque firent regretter le prince en exil, qui fut finalement rappelé. Viomade lui ayant renvoyé, selon qu'ils en étaient convenus, la moitié d'une pièce d'or, qu'ils avaient rompue, lorsqu'ils s'étaient séparés ; Childéric revint et livra une bataille qu'il gagna, ce qui lui permit de remonter sur le trône, d'où il avait été chassé à cause de ses galanteries.
La Reine de Thuringe, telle une nouvelle Hélène, quitta son mari, pour suivre ce nouveau « Pâris » : « Si je connaissais un plus grand héros ou un plus galant hommme que vous, j'irais le chercher jusqu'aux extrêmités de la Terre». Basine était belle et avait de l'esprit. Childéric l'épousa au grand scandale des gens de bien, qui réclamèrent en vain le respect des droits sacrés du mariage et des lois inviolables de l'amitié. C'est de ce mariage que naquit le grand Clovis.
La fin de son règne fut marquée par plusieurs exploits glorieux. La haine des Romains et le désir de regagner l'estime de ses sujets, réveillèrent le courage de Childéric. Il lutta d'abord contre les Wisigoths qui, depuis le sud de la Gaule, menacaient Orléans, puis en 468, il défit près d'Orléans l'armée d'Odoacre, le roi des Saxons, qui occupait la Loire et menaçait Angers. Il prit cette dernière qu'il pilla, tuant de ses mains le Comte Paul, gouverneur romain de Soisson.
En 476, cinq années avant sa mort, le dernier empereur romain d'Occident est déposé par le chef des mercenaires saxons Odoacre qui envoie à l'empereur romain d'Orient, à Constantinople, les insignes du pouvoir impérial qu'il estime caduc. Les Germains s'étaient, depuis longtemps déjà, taillés des royaumes à leur mesure dans l'espace de l'empire romain d'Occident. La chute définitive du pouvoir impérial à Rome ne fut finalement que la constatation d'une réalité politique.
Finalement, Childéric se joignit aux Saxons pour exterminer les Germains qui s'étaient jetés sur une partie de l'Italie. La conquête de la Germanie fut la dernière action mémorable de ce prince. Il mourut quelque temps après, en 481, dans la vingt-quatrième année de son règne, et fut enterré en un lieu à l'intérieur de la ville de Tournai. L'étude du mobilier funéraire de sa tombe, découverte au XVIIIe siècle, a permis de montrer sa volonté de paraître romain.
