Chevalier romain

Les chevaliers sont une classe de citoyens de la Rome antique appartenant à l’ordre équestre (latin eques - cavalier, pluriel equites), du temps de la République et du début de l'Empire.

Sommaire

La République romaine

Au début du IIIe siècle av. J.-C., Rome est régie par une constitution aristocratique modérée: une assemblée, les comices centuriates, où seuls les plus riches votent réellement, décide de la guerre, vote des lois et élit les magistrats supérieurs (consuls, préteurs et, tous les cinq ans, censeurs). De son côté, l'assemblée de la plèbe choisit ses édiles et ses tribuns et vote les plébiscites. Seuls les citoyens participant aux comices centuriates peuvent accéder aux magistratures et, parmi eux, certains reçoivent un cheval de l'Etat pour servir comme cavaliers (ou chevaliers) dans l'armée civique (equites equo publico - cavaliers dont la monture est fournie par le public).

Le rôle des chevaliers change en - 133 quand Caius Gracchus reprend le projet de son frère, Tiberius Gracchus (tribun de la plèbe), de redistribuer les terre agricole. Il confie alors les tribunaux aux chevaliers, lesquels ne participaient pas jusqu'alors à la vie politique.

L'Empire romain

Sous le règne d'Auguste, la classe des chevaliers devient une noblesse de fonctionnaires (commandement de la garde des prétoriens, préfets, fonctionnaires divers). Ils sont officiers dans l'armée, peuvent commander en chef les unités auxiliaires (le gouvernement de l'Egypte est dévolu à l'un d'entre eux), administrer les biens, immenses, du prince ou assurer l'intendance des armées. Des centaines d'entre eux sont appelés à siéger, comme jurés, dans les tribunaux publics de Rome et exercent certaines charges administratives dans la capitale: les préfectures des vigiles (police nocturne, chargée également de la lutte contre les incendies), de l'annone et, surtout, du prétoire, c'est-à-dire de la garde personnelle d'Auguste. Il trouvera dans l'un d'eux, Mécène, un bon diplomate pour administrer les territoires de l'Orient.

En 6, un chevalier est nommé préfet des vigiles. À la tête de sept cohortes de vigiles, sa tâche est de coordonner la lutte contre les incendies dans la ville de Rome en plus de la police des rues durant la nuit. Les membres de ces cohortes sont des soldats recrutés parmi les affranchis. Mais le chef de la police demeure un sénateur.

C'est aussi dans l'ordre des chevaliers que l'on recrute, entre 8 et 14, le Præfectus annonæ (préfet de l'Annone), un préfet impérial permanent qui a comme mission de s'assurer de l'approvisionnement en grain de Rome.

Les Julio-Claudiens

Sous les Julio-Claudiens, les empereurs poursuivent le programme d' Auguste, sans véritable conquête. Ils annexent des royaumes alliés ou clients: la Commagène, la Maurétanie, le Bassin de Londres, la Thrace et la Judée. De nouvelles provinces apparaissent, notamment dans le massif alpin et en Maurétanie, et sont confiés aux chevaliers les pouvoirs nécessaires pour rendre la justice.

C'est pendant le règne de Claude (41-54) que de nouvelles carrières s'ouvrirent aux chevaliers. On leur confia des provinces, tandis que, par ailleurs, il réprimait durement les complots de l'aristocratie sénatoriale.

Les Antonins

Sous le règne d'Hadrien (117-138) les chevaliers prennent la place des affranchis lors de la réforme la Chancellerie. Les chevaliers sont considérés comme des nobles dont la richesse s'enracine précisément dans les provinces.

Pendant le règne de Commode (161-192), les chevaliers donnèrent leur appui politique à l'empereur détesté par le sénat (l'ordre équestre est alors de plus en plus prépondérant et c’est en son sein que sont recrutés les chefs militaires et les hauts fonctionnaires).Le chevalier Perennis gouverna au nom de l'empereur de 182 à 185. Jaloux, les sénateurs l'accusèrent de prétendre au trône et il succomba aux mains de l'armée de Bretagne et du chambellan M. Aurelius Cleander.

See also: Chevalier romain, Antonins, Auguste, Censeur, Claude, Client, Cohorte, Comices centuriates, Commode, Consul